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Édouard Philippe visé par une enquête pour soupçons de détournement de fonds publics au Havre à un an de la présidentielle

Le Parquet national financier a annoncé ce mardi 19 mai l'ouverture d'une enquête visant le maire du Havre. L'ancien Premier ministre est soupçonné de détournement de fonds. Il a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés.

L'ancien Premier ministre Édouard Philippe, maire du Havre (Seine-Maritime), lors d'un meeting de campagne pour les élections municipales le 11 mars 2026.

Crédit : LOU BENOIST / AFP

AFP - édité par Justine Audollent

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Une enquête sur l'un des favoris à la présidentielle à un an du scrutin. Un juge d'instruction va enquêter sur Édouard Philippe pour des faits présumés de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion (malversation d'un fonctionnaire) au Havre, ville dont il est maire, a indiqué ce mardi 19 mai le Parquet national financier (PNF), sollicité par l'AFP. 

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du PNF, qui avait ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile. Les faits sont contestés depuis le début par l'ancien Premier ministre et actuel maire Horizons du Havre

Contacté mardi par l'AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n'a pas souhaité faire de commentaire mais son entourage a indiqué qu'il a pris acte de l'ouverture de cette information judiciaire et qu'il "répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l'a toujours fait de façon très sereine".

Un conflit d'intérêt "évident"

La plainte visait également Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, et Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine du Havre Seine Métropole. 

À écouter aussi

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre signée en juillet 2020, notamment par Édouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech. 

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG). L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets. 

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023. "C'est le maire et son adjointe qui", en tant que présidente de l'association, allaient "avoir la main sur des sommes considérables" pour "des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville", soulignait-elle.

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