5 min de lecture Jean-Marie Le Pen

VIDÉO - Fournée, chambres à gaz, Sida : les sorties les plus polémiques de Jean-Marie Le Pen

ÉCLAIRAGE - Le président d'honneur du Front national est un spécialiste des petites phrases qui provoquent de grandes polémiques. Et le temps ne semble pas avoir de prise sur sa verve et sa capacité à créer le scandale.

Jean-Marie Le Pen
Jean-Marie Le Pen Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Une nouvelle polémique pour Jean-Marie Le Pen. L'eurodéputé FN a semé le trouble jusque dans les rangs du Front national en évoquant la nécessité de faire "une fournée" avec Patrick Bruel, Yannick Noah et Guy Bedos. Des propos qui déstabilisent sa famille politique, Louis Aliot et Gilbert Collard désavouant publiquement le président d'honneur du FN.

Le fondateur du parti désormais dirigé par sa fille, Marine, ne faillit donc pas à sa réputation de personnalité sulfureuse, adepte des déclarations qui choquent l'opinion. Il y a quelques semaines, Jean-Marie Le Pen refaisait déjà la une en affirmant que "Monseigneur Ebola peut régler (le problème de l'immigration) en trois mois". Une phrase prononcée au cours d'une discussion en marge d'un discours à Marseille, mardi 20 mai.

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VIDÉO - Ebola, chambres à gaz, Sida : les sorties les plus polémiques de Jean-Marie Le Pen Crédit Image : GUILLAUME SOUVANT / AFP | Crédit Média : RTL.fr | Date :

La Deuxième Guerre mondiale

La plus célèbre des positions prises par Jean-Marie Le Pen date de septembre 1987. Interrogé dans le cadre du Grand Jury RTL, le finaliste de la présidentielle 2002 nie l'importance des chambres à gaz dans l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. "Je suis passionné par l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale (...). Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé (...). Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale".

Des propos qui vaudront à Jean-Marie Le Pen une condamnation d'un franc à verser à dix parties civiles, dont la LICRA et le MRAP. Campant sur ses positions, il qualifiera ses propos "d'évidence", 22 ans plus tard. Jamais avare de commentaires sur la guerre, Jean-Marie Le Pen distillera un avis très personnel sur l'Occupation, en 2005 dans la revue Rivarol : "En France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".

Le Pen et les juifs

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Le Grand Jury constituera en réalité l'apogée d'une série de déclarations auxquelles la communauté juive goûtera peu.

Jean-Marie Le Pen sera en effet condamné en 1971 pour apologie de crime de guerre pour avoir écrit : "La montée vers le pouvoir d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu'il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée".

Quinze ans plus tard, il sera condamné pour "antisémitisme insidieux" pour s'en être pris à des journalistes juifs ou d'origine juive : "Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu'il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays".

Commentant en 2010 le régime de Vichy, il affirmera que "les juifs français ont bénéficié, somme toute, d'une indulgence que leur a valu l'action du gouvernement français".

Le Pen et les musulmans

Les musulmans et "l'islamisation" de la société française font également partie des thèmes de prédilection du fondateur du FN. Le journal russe Pravda accueillera, en novembre 2012, son analyse de la situation : "La population commence à ressentir et à craindre cette islamisation (...), elle les touche dans leur vie quotidienne : femmes voilées dans la rue, manque de respect des libertés des femmes, interdiction du porc dans les cantines scolaires, construction de mosquées avec minaret".

Et de rappeler l'affaire Mohamed Merah en évoquant un "cortège d’extrémistes qui, comme à Toulouse, a coûté la vie à sept personnes dont trois enfants abattus par un terroriste agissant au nom de l’islam". Dans une interview accordée au Monde en 2003, Jean-Marie Le Pen dépeint également le futur de la France si elle ne met pas fin à son "islamisation".

"Le jour où ils seront 20 millions, il faudra descendre des trottoirs et baisser les yeux", estime-t-il alors. Des propos qu'il réitérera en 2009 dans un entretien à Réfléchir & Agir. "J'ai été condamné à trois mois de prison et vingt mille euros d'amende (...) alors que dans mes auditoires, combien de fois m'a-t-on dit : 'C'est déjà comme ça Monsieur Le Pen !'"

Roms et "inégalité des races"

Les Roms auront également droit à leur tacle, adressé au cours de l'université d'été du Front national, en septembre 2012. "Les Roms volent naturellement, comme les oiseaux", déclare-t-il au cours d'un discours. Une banderille "humoristique" qui vaudra à son auteur une condamnation à 5.000 euros d'amende.

Mais il arrive également à Jean-Marie Le Pen d'attaquer sans viser une cible en particulier. En gros et en détail : Le Pen au quotidien, publié en 1998, relatera la vision du monde du leader d'extrême droite : "Oui, il y a inégalité des races, comme il y a inégalité des civilisations, je persiste et signe (...). Sans inégalité, la France ne serait pas la France".

L'homosexualité

Le président d'honneur du FN ne s'exprime pas souvent sur des questions de mœurs mais frappe fort lorsqu'on le lance sur le sujet. Ainsi affirme-t-il que "l'homosexualité n'est pas un délit mais (...) une anomalie biologique et sociale" dans L'heure de vérité (France 2), en 1984. 

"Dans le Marais de Paris, on peut chasser le chapon sans date d'ouverture ou de fermeture", plaisante-t-il même en 2007, lors du congrès de la Fédération nationale de la chasse.

Dans Le Pen, une affaire française, les journalistes Pierre Péan et Philippe Cohen évoqueront pourtant la relation qui aurait lié l'ex-président du FN à André Labarrère, ancien maire de Pau décédé. Une affaire que n'a jamais vraiment commentée Jean-Marie Le Pen.

Le Sida

Les sidéens (qu'il appelle "sidaïques", ndlr) sont également des cibles. "Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l'équilibre de la Nation (...). Le sidaïque (...), il faut bien le dire, est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C'est une espèce de lépreux, si vous voulez", affirme-t-il dès 1987.

Dix ans plus tard, Jean-Marie Le Pen récidive en fustigeant ceux qui le traitent de raciste. "Que faut-il que je fasse pour ne pas être raciste ? Épouser une noire ? Avec le Sida si possible ?"

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2014-05-21 15:43:00
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