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Détournements de fonds, lanceuse d'alerte... Ce que l'on sait de l'enquête qui vise Édouard Philippe à un an de la présidentielle

Le maire du Havre va répondre aux questions d'un juge d'instruction dans le cadre d'une enquête pour détournement de fonds publics dans sa ville. Il nie les faits qui lui sont reprochés.

Édouard Philippe au Havre, le 11 décembre 2025

Crédit : LOU BENOIST / AFP

Édouard Philippe visé par une enquête pour soupçons de détournement de fonds publics au Havre à un an de la présidentielle

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Sophie Neumayer & AFP - édité par Marine Langlois

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Une annonce qui fait parler à un an de l'élection présidentielle. Édouard Philippe va devoir s'exprimer pour des faits présumés de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion (malversation d'un fonctionnaire) au Havre, ville dont il est maire, a annoncé le Parquet national financier (PNF) mardi 19 mai. 

Édouard Philippe a-t-il favorisé l'une de ses adjointes à la mairie du Havre pour que l'association qu'elle présidait emporte un contrat à plus de deux millions d'euros ? C'est la question à laquelle un juge d'instruction doit maintenant répondre. L'édile a fait savoir de son côté qu'il répondra de manière très sereine.

Une lanceuse d'alerte dénonce en 2023

Les soupçons portent sur une convention pour l'animation de la Cité numérique du Havre signée en juillet 2020, notamment par Édouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech. LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG). L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du PNF, qui avait alors ouvert une enquête. Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023. "C'est le maire et son adjointe qui", en tant que présidente de l'association, allaient "avoir la main sur des sommes considérables" pour "des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville", soulignait-elle.

Une perquisition a bien été menée en 2024 mais la lanceuse d'alerte, qui dit avoir été écartée et harcelée a décidé d'aller plus loin. Elle a déposé une plainte avec constitution de partie civile en juin 2025 afin de pousser la justice à ouvrir cette information judiciaire. La plainte visait également Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, et Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine du Havre Seine Métropole. 

"Ça peut être crédible"

Édouard Philippe conteste formellement les faits. Contacté mardi par l'AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n'a pas souhaité faire de commentaire mais son entourage a indiqué qu'il a pris acte de l'ouverture de cette information judiciaire et qu'il "répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l'a toujours fait de façon très sereine".

Au Havre, il est difficile de trouver des habitants qui acceptent de parler à RTL, et quand c'est le cas, les sentiments sont partagés. "Ça peut être crédible", indique un habitant. Une autre est plus sceptique : "Comme ça, je dirais comme par hasard. Comme par hasard, ça arrive toujours au moment où on sait qu'il y a des projets pour la présidentielle. J'attends de voir mais je trouve que le timing est, comme par hasard, assez étrange."

Pour d'autres, cette affaire rappelle celle de François Fillon. "On a des précédents dans ce pays, un an avant une présidentielle, l'affaire Fillon. Là maintenant, est-ce qu'on va parler d'une affaire Philippe ? Il n'y a pas de fumée sans feu, mais maintenant, vous savez, quand on veut trouver, on trouve. Et que la justice fasse son travail, si tentée, qu'elle puisse le faire en toute impartialité et probité", termine un autre habitant. 

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