- 17m43s
5 min de lecture
Julián Quiñones (Mexique) et les Anglais Harry Kane et Jude Bellingham lors de la Coupe du monde 2026.
Crédit : AFP
Je m'abonne à la newsletter « Sport »
Mettre RTL en favori sur Google
"C'est peut-être l'une des plus belles affiches qui peut nous être proposée, défier le Mexique dans l'Azteca". Thomas Tuchel, le sélectionneur de l'Angleterre, ne s'y trompe pas : sur le papier, ce huitième de finale de Coupe du monde entre les deux nations, prévu dimanche 5 juillet (lundi à 2h à Paris) à Mexico, coche toutes les cases d'un match légendaire en puissance.
Si le Portugal-Espagne et le Brésil-Norvège valent également le détour, ce Mexique-Angleterre est le vrai choc de ce tour-ci. D'un côté ? L'un des hôtes du tournoi, devenu au fil des rencontres un outsider de plus en plus crédible. De l'autre ? L'un des cadors de ce Mondial pas tout à fait encore assuré dans le jeu, malgré des stars au rendez-vous entre Jude Bellingham et Harry Kane depuis le succès inaugural depuis la Croatie (4-2).
Si les Three Lions partent favoris de prime abord, voici trois raisons de nuancer l'analyse, sachant que la Fifa a un temps souhaité avancer le coup d'envoi pour jouer à midi, au lieu de 18h, sur place en raison d'un risque d'orages.
Depuis trois semaines, le public mexicain a démontré qu'il était capable de porter El Tri. "Ce qui fait la différence, c’est indéniablement l'avantage d’évoluer à domicile. C’est notre 12e homme. On est conscients que tout un pays est derrière nous et cela motive énormément", a reconnu le sélectionneur Javier Aguirre, après la qualification face à l'Équateur en seizièmes de finale (2-0), célébrée dans une folle allégresse à l'Azteca.
"Quand tu rentres sur ce terrain, c'est dingue, tu ne vois pas les gens tout en haut. Tu as l'impression que ce sont des fourmis, tellement c'est abrupt. Un mur à 360 degrés", racontait le mois dernier le Français Sébastien Salles-Lamonge, qui joue dans le championnat mexicain à l'Atlético de San Luis, à RTL.fr. De quoi intimider n'importe quelle équipe qui s'y déplace. En 89 rencontres, le Mexique n'a d'ailleurs perdu que deux fois dans son enceinte fétiche.
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses images des joueurs chantant et enlaçant certains des 80.000 supporters présents ont fleuri après le dernier match. Preuve d'une forme de communion. D'ailleurs, les aficionados du Mexique donnent tout, y compris les nuits précédant les matchs devant l'hôtel des adversaires de leurs ouailles, en venant mettre l'ambiance pour les empêcher de dormir. "Nous nous y attendons. Mais que pouvons-nous faire ?", a répondu Tuchel, questionné sur les scènes qu'ont subies les Équatoriens avant la sélection anglaise.
En plus de la ferveur populaire, l'Angleterre va devoir composer avec les plus de 2.200 mètres d'altitude du stade, qui font une partie de son mythe. Quand les Mexicains ont disputé trois de leurs quatre matchs à ces hauteurs et ne devraient donc pas trop subir ces effets (peu d'oxygène, difficultés à reprendre le souffle et multiplier les courses à haute intensité), les partenaires de Declan Rice ont eux posés leurs valises sur place qu'à deux jours du rendez-vous, en provenance de Kansas City.
"Beaucoup d'obstacles nous attendent, sans même parler de l'altitude qui sera évidemment un gros désavantage parce qu'il est impossible de s'y adapter en quatre jours", a noté Tuchel. "La recommandation est soit d'arriver 10 jours avant - ce qui était trop tôt - soit à la dernière minute, ce qui n'est pas autorisé", a-t-il ajouté, à propos de l'obligation par la Fifa d'arriver au plus tard la veille des matches pour respecter les obligations médiatiques d'usage.
"En montagne, l'aspect convectif du transport de l'oxygène réduit les capacités d'endurance des joueurs de l'ordre de 5 à 6% par chaque tranche de 1.000m d'altitude", soulignait en juin Grégoire Millet, professeur de physiologie de l'exercice et de physiologie environnementale à l'université de Lausanne, à RTL.fr. Autrement dit, les aptitudes des Anglais pourraient être minorées entre 10 et 15% dans la capitale mexicaine.
Mais au-delà des considérations extra-sportives, le Mexique a également des arguments à faire valoir, avec notamment son ailier Julian Quinones (Al-Qadsiah). Avec trois réalisations et une passe décisive du meilleur buteur d'Arabie saoudite devant Cristiano Ronaldo cette saison, la sélection a décroché quatre succès depuis le début de la compétition, avec à chaque fois un clean sheet à la clé.
Certes, les adversaires étaient largement à sa portée, surtout dans les conditions susmentionnées, mais elle est la seule des 48 engagées à afficher un tel bilan. Mieux, les Mexicains ont fait tomber plusieurs barrières mentales, remportant pour la première fois un match d'ouverture après sept échecs, face à l'Afrique du Sud (2-0). Puis après ses victoires contre la Corée du Sud (1-0) et la Tchéquie (3-0), elle a de nouveau fait régner sa loi dans un duel éliminatoire au Mondial, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 40 ans, déjà à l'Azteca. En cas de bon résultat ce dimanche, les Mexicains égaleraient les quarts de finale de 1970 et 1986 atteints aussi à domicile, comme un clin d'oeil du destin.
Ils peuvent y croire, d'autant que l'Angleterre se présente sans garanties derrière, en raison d'une pénurie de latéraux. De plus, elle s'est souvent cassée les dents contre des équipes bien regroupées ce mois-ci, que ce soit le Ghana (0-0), le Panama (0-2) ou la République démocratique du Congo en seizièmes (1-2). Lors de cette dernière sortie, l'Angleterre est toutefois parvenue à gagner après avoir concédé l'ouverture du score pour la première fois depuis son titre en 1966. De quoi y voir un excellent présage ?
"C'est un très bon signe. Merci de me l'avoir dit : cela montre simplement le niveau de détermination et de concentration. Cela s'inscrit parfaitement dans mon récit selon lequel je n'ai pas ressenti de poids sur les épaules des joueurs", a commenté Tuchel. "D'autres défis viendront, mais nous sommes prêts. Le Mexique, c'est peut-être une situation idéale pour nous prouver que nous sommes prêts à trouver des solutions dans la difficulté."
Reste que les Anglais ont des comptes à régler avec l'Azteca : c'est ici qu'ils avaient subi la foudre de Diego Maradona, avec le but du siècle et la main de Dieu, lors du quart de finale de 1986 remporté par l'Argentine.
Suivez toute l'actualité de la Coupe du monde sur RTL et RTL Sport et les meilleurs matchs sur M6 et M6+.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte