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"Il est en campagne présidentielle" : Gérald Darmanin fait durer le suspense et ne tranche pas entre Édouard Philippe ou Gabriel Attal

Gérald Darmanin a renvoyé dos à dos Édouard Philippe et Gabriel Attal, reprochant à son camp un manque d'idées et de convictions pour l'élection présidentielle.

Gérald Darmanin, le 20 avril 2026

Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / POOL / AFP

Marie-Pierre Haddad

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"Beaucoup de candidats et pas beaucoup d'idées". À un an de l'élection présidentielle de 2027, Gérald Darmanin s'est dit "inquiet" à mesure que se rapproche le scrutin. Sur France inter mercredi 13 mai, le ministre de la Justice a mis en garde contre l'hypothèse d'un second tour opposant Marine Le Pen ou Jordan Bardella à Jean-Luc Mélenchon.

"Je pense qu'il faut, comme on dit dans le Nord et à Tourcoing, être bouché à l'émeri pour ne pas le voir", a-t-il expliqué. Il dénonce ainsi "l'incapacité" de son camp à "avoir des idées". Le garde des Sceaux a ainsi renvoyé dos à dos Gabriel Attal et Édouard Philippe. "Pour l'instant, je ne trouve (mes idées) nulle part", a-t-il regretté. 

L'occasion pour Gérald Darmanin de se porter candidat ? Interrogé sur ses ambitions présidentielles, l'ancien maire de Tourcoing a répondu : "Inch’Allah", ce qui signifie en arabe "si Dieu le veut". "On verra bien, on verra bien. L’élection présidentielle est sans doute la plus importante que nous allons vivre depuis au moins 30 ou 40 ans", a-t-il poursuivi. Être candidat, un de plus pour 2027 ou se rallier à un autre ? Telle est la question pour l'ancien ministre de l'Intérieur. 

"On a besoin de gens comme lui", reconnaît un ancien ministre macroniste

Un élu Les Républicains, qui a bien connu Gérald Darmanin quand il y était encarté, n'a guère d'hésitation sur le fait de savoir si le ministre de la Justice souhaite être candidat. "Tout le monde y pense. De Berger à Lecornu et de Darmanin à Ruffin", estime-t-il auprès de RTL.fr.

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La macronie tente de faire de Gérald Darmanin un allié. Aussi bien du côté d'Édouard Philippe, candidat Horizons déclaré à l'élection présidentielle que dans le camp de Gabriel Attal, dont la candidature ne fait plus de doute. "Il fait partie des gens qui ont la vista", reconnaît un ancien ministre macroniste à RTL.fr. 

"Je regrette que l'on n'arrive pas à l’arrimer à Renaissance, explique-t-il. Je pense que c’est parce qu’il y a trop de chefs. Mais il est très fort. On a besoin de gens comme lui."

Édouard Philippe tente un ralliement

Édouard Philippe a aussi tenté de convaincre celui qui a été porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne pour la présidence de l'UMP en 2014, de devenir son directeur de campagne, comme le rapporte Le Figaro. Mais sans succès. "Gérald est de la famille, mais il n’est pas encore chez nous. Il va essayer de monnayer", indique un maire Horizons à Libération

"Il a beaucoup à apporter, ce côté punchy, sa complémentarité avec Édouard. Il est un atout, c’est une bête de campagne. Il parle aux gens, il est apprécié... D’autant plus quand il annoncera qu’il ne sera pas candidat", ajoute quant à lui un proche du maire du Havre. 

La présidentielle, "j'y songe", dit Darmanin

 Si Gérald Darmanin n'a pas encore choisi son camp, c'est aussi parce qu'il réfléchit à son propre avenir. En janvier 2026, le ministre de la Justice déclarait sur LCI à propos de l'élection présidentielle : "J'y songe". "Je me sens capable mais je ne suis pas narcissique", ajoutait-il.

"Si vous posez la question de savoir si j'étais candidat, si j'étais narcissique je vous dirais oui - les sondages ne sont pas mauvais, sans même être candidat je suis présidentiable - mais comme je suis patriote et responsable, je dis d'abord l'unité", défendait-il. 

"Le sujet n'est pas de savoir ce dont j'ai envie. La question c'est de savoir comment fait-on pour avoir un projet, pour avoir un seul candidat, une dynamique, après que nous ayons gouverné dix ans", estimait Gérald Darmanin. 

"Celui qui a le plus les faveurs d'Emmanuel Macron"

Au Rassemblement national, on observe aussi l'avancée de Gérald Darmanin. "Il n'est pas encore dans la rétine des Français et pas encore vu comme un candidat possible", selon un proche de Marine Le Pen. Cependant, "comme c’est celui qui est le plus éloigné d'Emmanuel Macron, c’est celui qui a le plus ses faveurs. Il lui doit moins", estime-t-il à RTL.fr. Un avantage "qui agace les droitards", s'amuse-t-il. 

En attendant, le ministre trace sa route discrètement en se concentrant sur son périmètre ministériel. C'est pourquoi sa sortie sur une réforme du travail le 1er-Mai a étonné. En effet, dans un long message posté sur X, Gérald Darmanin a érigé cette date comme une ligne rouge, tandis que Gabriel Attal plaidait pour un élargissement du travail. "Un Noël des ouvriers et des employés", écrivait-il. 

Une sortie qui ne fait absolument aucun doute dans l'esprit de ce proche de Jean-Luc Mélenchon : "Il est en campagne présidentielle."

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