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Sébastien Lecornu le 11 juin 2026
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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La présidentielle 2027 pourrait-elle faire l'objet de tentatives de déstabilisation venues de l'étranger ? Lors d'une conférence de presse consacrée à la protection du débat démocratique contre les ingérences étrangères ce jeudi 11 juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué jeudi des "perspectives de menaces lourdes" d'ingérences étrangères sur l'élection présidentielle de 2027, estimant que "l'ensemble de la classe politique" peut être concernée.
La risque d'ingérence "a été significatif sur les municipales, sans effet majeur", ce qui "laisse à entrevoir les perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle", a-t-il affirmé. Les prochains scrutins, dont les élections locales en Nouvelle-Calédonie, font l'objet d'une "vulnérabilité particulière au vu de la situation dans le Pacifique" et une "grande mobilisation de l'État" sera mise en place.
Nous avons protégé six scrutins électoraux et référendaires. Aucun d'autre eux n'a été épargné"
Marc-Antoine Brillant, chef du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères
Aux côtés du Premier ministre, Marc-Antoine Brillant, chef du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (Viginum), a fait le bilan depuis 2021, soit la date de création du service. "Nous avons protégé six scrutins électoraux et référendaires. Aucun d'autre eux n'a été épargné par des manœuvres de déstabilisation qui sont réalisées au moyen d'ingérences numériques étrangères", a-t-il détaillé. Au cœur de ces tentatives d'ingérences étrangères, "l'altération de l'information des citoyens pour jeter le doute sur la procédure électorale et donc sur la confiance que les citoyens lui accorde".
Lors des élections municipales de mars 2026, "quatre ingérences numériques numériques étrangères" ont été détectées par Viginum. "Deux d'entre elles ont été menées par des modes opératoires pro-russes". Pour la troisième, "un faisceau d'indices concordants désignent des entreprises localisées au Vietnam".
Pour la quatrième, ciblant particulièrement La France insoumise, les services sont remontés jusqu'à "une supposée entreprise israélienne", mais les investigations de Viginum "n'ont pas permis d'identifier les commanditaires". Sébastien Lecornu a lui évoqué la possibilité d'une "forme de mercenariat numérique" et a confirmé que le gouvernement avait demandé "des explications" aux autorités israéliennes mais aussi "de l'aide" car cette ingérence pourrait venir, selon lui, d'un groupe privé opérant depuis ce pays.
Pour lutter contre ces ingérences, le chef du gouvernement a affirmé qu'il allait faire "des propositions" à toutes les formations politiques et aux présidents de groupes parlementaires pour "tester le degré de compromis ou de consensus possible". Il a évoqué comme pistes la possibilité de créer "de nouveaux référés", c'est-à-dire des actions en urgence auprès de la justice, en période électorale ou encore le "durcissement des peines" jugées pas assez dissuasives pour l'heure. Un projet de loi contre les ingérences étrangères, annoncé par Emmanuel Macron en avril, "pourrait être injecté dans l'agenda parlementaire de l'automne."
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