1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Décès de Charles Pasqua : pourquoi l'ancien ministre divise le Front national
2 min de lecture

Décès de Charles Pasqua : pourquoi l'ancien ministre divise le Front national

DÉCRYPTAGE - L'ancien ministre de l'Intérieur, proche du général de Gaulle, n'a pas reçu que des hommages de la part des membres du Front national.

Charles Pasqua
Charles Pasqua
Marie-Pierre Haddad

Le décès de Charles Pasqua a fait réagir la classe politique. Son ancien camarade, Jacques Chirac a souhaité lui rendre hommage en évoquant sa "grande tristesse" ainsi que la perte d'un "compagnon" et d'un "ami". Nicolas Sarkozy a raconté que l'ancien ministre de l'Intérieur l'a aidé à faire ses premiers pas en politique.

Au Front national aussi, les réactions se sont multipliées. Certains ont rendu hommage à l'ancien sénateur des Hauts-de-Seine et d'autres ont rappelé les côtés sombres de sa politique. L'ancien président d'honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen a déclaré, sur BFMTV, que Charles Pasqua était "un patriote, un combattant national eurosceptique". "Nous n'étions pas du même camp mais nous avions de l'estime l'un pour l'autre", a-t-il ajouté. Florian Philippot, vice-président du parti, a partagé un message sur Twitter dans lequel il parle d'un "grand patriote". Sentiment partagé par le député du Gard, Gilbert Collard, qui explique qu'il avait "l'amour intransigeant de la France".

Des valeurs communes entre Charles Pasqua et le Front national ?

Cependant, au sein du Front national, les avis sont partagés. Marion Maréchal-Le Pen a tweeté un sobre "Il faut terroriser les terroristes #CharlesPasqua". Le maire de Béziers soutenu par le parti lors de la campagne des municipales, Robert Ménard, a posté : "Né gaulliste, il est mort chiraquien. Comme une métaphore de la politique française". Le député européen, Louis Aliot, estime quant à lui que l'ancien ministre était "une des figures du gaullisme barbouzard" et le représentant "truculent et bruyant de l'impuissance politique à la française".

Alain Duhamel rappelait que Charles Pasqua était devenu résistant aux côtés du général de Gaulle. Sur l'échiquier politique, il se situait "plutôt de la droite de la droite, que du centre de la droite". En mars dernier, il avait accordé une interview à Matthieu Delahousse sur France 2. À la question, "Marine Le Pen peut-elle devenir présidente de la République ?", Charles Pasqua a répondu : "Tout est possible dans la vie mais je ne le crois pas. Je ne crois pas qu'elle ait l'envergure et la stature nécessaires et d'autre part, elle n'a pas les gens auprès d'elle qu'il faudrait pour ça". Il reconnaît avoir eu "un certain nombre de valeurs qui étaient communes" avec le Front national mais qu'il ne pouvait pas "accepter, de près ni de loin, l'attitude qui consiste à ne pas prendre position contre l'antisémitisme et le fascisme".

Un proche du général de Gaulle qui divise le Front national

À lire aussi

Pourquoi Charles Pasqua divise tant le Front national ? C'est avant tout pour sa relation avec le général de Gaulle. "Le parti a été fondé en 1972 par des partisans de l'Algérie française qui étaient contre le général de Gaulle", explique Alain Duhamel. Certains membres de l'OAS (Organisation de l'armée secrète), une organisation clandestine française qui a défendu la présence française en Algérie, étaient au Front national, comme le député Pierre Sergent.

"Le parti est divisé en deux traditions. D'un côté, ceux qui étaient contre le général de Gaulle et qui estiment que Charles Pasqua était sa petite main. De l'autre, le Front national est aussi composé de souverainistes, qui sont issus du gaullisme, d'où les hommages à Charles Pasqua", conclut l'éditorialiste.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/