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Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 9 mars 2026
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
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Malgré les polémiques, les dérapages, les excès... Jean-Luc Mélenchon n'y a jamais autant cru. Depuis le printemps, le fondateur de La France insoumise se lance de nouveau dans la course à l'Élysée. "Jean-Luc est lancé sur l'autoroute, en ligne droite, à pleine vitesse", observe l'un de ses amis, qui l'a prévenu : "Ton seul problème, ce sera toi-même : ne pas t'énerver et la fatigue."
C'est que l'homme de 75 ans a lancé sa quatrième aventure présidentielle tambour battant. 20 Heures de TF1, tracts et affiches par milliers, meeting à Saint-Denis devant quelque 20.000 sympathisants conquis…
"Ce type de train de l'histoire ne passe pas deux fois. Vous savez que pour une fois, les étoiles sont alignées. Que pour une fois, sans contestation possible, la première force politique de la gauche et du changement, la voici. La primaire est finie.", lançait ainsi l'ex-député de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône lors de son rassemblement dyonisien.
Un lancement de campagne réussi : hors micro, du RN au gouvernement, on admire la machine insoumise qui s'est mise en marche derrière son patriarche.
Il y a cinq ans pourtant, après avoir loupé le second tour pour 400.000 voix, Jean-Luc Mélenchon lançait un "Faites mieux". On croyait alors le voir passer la main. "En retrait mais pas en retraite", a depuis précisé le leader insoumis.
Après 2022, il fera en sorte qu'aucun autre prétendant n'émerge. Ceux qui auraient pu lui faire de l'ombre, les voix dissonantes, ont été purgés, écartés, pour ne laisser autour de l'ancien sénateur socialiste qu'une meute soudée.
Un escadron qui serre les rangs, même dans les tempêtes : les propos jugés antisémites, l'affaire Quentin Deranque, l'affaire Barbara Butch… Combien de fois a-t-on entendu "Mélenchon, c'est cuit" ? Les mea culpa sont rares, les excuses encore moins. Mais Jean-Luc Mélenchon est toujours là.
Mais, comme il y a cinq ans, une fois la campagne lancée, Jean-Luc Mélenchon s'adoucit. "Il la joue force tranquille", observe ainsi un ténor socialiste. "Le mec hyper sectaire redevient papy gentil", résume un autre. Un changement d'image pour tenter de réunir "la Nouvelle France".
Chez les écologistes et les communistes, plusieurs élus se préparent à le rejoindre. Pourtant, "parfois, il dit des choses, ça me sort par les yeux", concède l'un de ces futurs ralliés. "C'est une sorte de trou noir qui attire à lui", analyse un ami.
Une base solide, le pari d'un vote utile comme en 2022… Déjà, dans certains scénarios des sondeurs, Jean-Luc Mélenchon se qualifierait pour le second tour. Mais ensuite ? Alors qu'il apparaît désormais plus dangereux que Marine Le Pen aux yeux d'une majorité de Français, comment l'emporter pour finalement accéder à son rêve présidentiel ?
"C'est le pire candidat de second tour", analyse en chœur le reste de la gauche. Jean-Luc Mélenchon, qui a prophétisé l'affrontement avec l'extrême droite dans une formule — "À la fin, ce sera eux contre nous" — mise, en coulisses, sur "la magie du second tour".
Persuadé qu'en dépit de ses outrances et d'un "tous sauf Mélenchon" qui s'est installé chez beaucoup d'électeurs, il incarnera le front républicain face au RN. Parce que, finalement, "la République, c'est lui".
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