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Vos culottes menstruelles et cups remboursées en pharmacie : pourquoi elles sont si difficiles à trouver

Depuis le 1er octobre, il est possible de prétendre à un remboursement total ou partiel par l'Assurance-maladie de certaines culottes et cups menstruelles. Ces produits réutilisables doivent être achetés en pharmacie. Mais les officines ne sont pas toutes encore prêtes.

Des culottes menstruelles vendues en pharmacie en France (image d'illustration).

Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP

Marie-Lys de Fremond & AFP

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Une petite révolution dans la lutte contre la précarité menstruelle. Depuis le 1er octobre, des millions de Françaises peuvent obtenir le remboursement de certaines culottes et cups menstruelles réutilisables achetées en pharmacie.

Mais voilà, toutes les pharmacies ne sont pas encore prêtes pour répondre à la demande, selon une enquête de RMC.  Afin de pallier les inégalités, le gouvernement permet désormais aux femmes jeunes ou aux revenus modestes de prétendre à un remboursement total ou partiel par l'Assurance Maladie de certaines culottes et cups menstruelles. La réforme concerne les produits référencés par le ministère de la Santé. 

Culottes ou cups menstruelles non reçues ou limitées à une seule marque, mauvaises informations sur le nombre d'achats par an... Tout n'est pas encore au point. Certaines officines devraient notamment recevoir leurs produits entre le 1er et le 18 octobre.

"Je ne vais pas en vendre", a commenté un pharmacien de Pantin (Seine-Saint-Denis), interrogé par l'AFP sur le dispositif. "Je n'ai pas la place, ce n'est pas mon métier", a-t-il poursuivi, tout en précisant qu'il offrait régulièrement des protections à des femmes dans le besoin.

"On n'est pas au point"

"On n'est pas au point, personne ne l'est", soutient à l'AFP Fabrice Camaioni, pharmacien dans une petite commune rurale des Ardennes et président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). "Aujourd'hui, je ne sais pas comment je vais facturer ces produits à l'assurance maladie", poursuit-il, dénonçant un manque d'informations sur les modalités concrètes d'application de la mesure.

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"Il y a encore beaucoup de questions en suspens", estime de son côté Maud Leblon, directrice générale de Règles Élémentaires.
Tout en saluant l'entrée en vigueur de la mesure, l'association, qui lutte contre la précarité menstruelle, déplore le manque de préparation autour du lancement.

Pour se procurer des protections dès les premières semaines, il vaut mieux s'assurer que sa pharmacie est déjà fournie, ou bien se diriger vers une autre boutique. 

Avoir ses règles coûte 10 à 15 euros par mois selon les données de la CAF, en comptant le coût des serviettes, tampons et antidouleurs. Des frais qui demeurent trop élevés pour une partie de la population concernée.
Plusieurs critères sont pris en compte pour choisir les marques éligibles au remboursement : certification Oeko-Tex, trois couches, matière coton bio, capacité absorbante supérieure à 12 ml pour les culottes et de 20 à 30 ml pour les coupes. Elles sont également soumises à des prix limites de vente : 19 euros pour une culotte et 15,80 euros pour une coupe.

Des conditions qui ne font pas l'unanimité

Cette offre concerne 6,7 millions de femmes. Elle est réservée aux personnes assurées de moins de 26 ans ainsi qu'aux bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, dans la limite de deux protections par année glissante. Le remboursement par l'Assurance Maladie s'effectue à hauteur de 60% pour les moins de 26 ans (avec possibilité de couvrir le reste des dépenses par la mutuelle) et 100% pour les membres de la CSS. 

Il ne sera pas possible de frauder, puisque le service Amelipro permettra aux pharmaciens de savoir si plus de deux achats de protection menstruelle ont été effectués dans l'année. Interrogée par La Dépêche, une jeune femme de 25 ans relève qu'une cup (coupe) se remplace tous les cinq ans, et qu'elle ne sera donc plus éligible lorsque son prochain achat sera nécessaire. 

Le dispositif est loin de faire l'unanimité : en causes, le cahier des charges jugé trop laxiste, ainsi que la limite de deux protections par an. Par exemple, les culottes menstruelles doivent résister à 52 lavages, ce qui équivaut à seulement 8 mois d'utilisation. Les fabricants français considèrent également qu'un prix limité à 19 euros favorise les marques de fast-fashion, dans un marché où les produits coûtent entre 20 et 40 euros. 


"J'espère me tromper mais je ne pense pas que le succès sera au rendez-vous parce que la qualité ne sera pas au rendez-vous", estime Cyril Colombani qui compare le dispositif au remboursement des préservatifs. "J'en avais commandé et il m'a fallu deux ans pour écouler le stock", se souvient-il. "Ceux qui les ont essayés préfèrent payer plus cher pour un produit plus fin, mieux lubrifié, plus agréable", explique-t-il.

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