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Pourquoi cette DJ est-elle ciblée et dépose-t-elle plainte contre LFI ? 4 questions pour tout comprendre à l'affaire Barbara Butch

La DJ Barbara Butch va déposer plainte, ce jeudi 23 juillet, à l'encontre notamment de La France insoumise pour provocation à la haine et à la violence, cinq jours après l'interruption de son concert à Grenoble par des militants propalestiniens et insoumis.

Barbara Butch

Crédit : Joel Saget / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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"Je suis toujours en état de choc". La DJ Barbara Butch va déposer plainte, ce jeudi 23 juillet, à l'encontre de La France insoumise pour provocation à la haine et à la violence, a annoncé son avocate Me Audrey Msellati. 

Une décision qui intervient cinq jours après l'interruption de son concert à Grenoble par des militants propalestiniens et insoumis.

Plusieurs plaintes vont être déposées "ce jour", à Grenoble et Paris, et viser "notamment le mouvement de La France Insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média d'extrême droite Omerta et l'essayiste Alain Soral", a précisé Me Audrey Msellati. 

L'avocate de la DJ a évoqué "des faits susceptibles de constituer, notamment, les délits de provocation publique à la haine et à la violence, violences aggravées, entrave à la liberté de création artistique, cyberharcèlement aggravé, diffamation et injure publiques aggravées". 

1. Que s'est-il passé lors du concert de Barbara Butch ?

Samedi 18 juillet au soir, la mairie a pris la décision de suspendre le concert de Barbara Butch, au bout d'une vingtaine de minutes. Un moyen "de garantir la sécurité du public, des équipes et de l'ensemble des personnes présentes", a indiqué la mairie. Barbara Butch a quant à elle quitté la scène sur la musique Imagine de John Lennon.

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Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des personnes agitant des drapeaux de la Palestine, brandissant des doigts d'honneur et faisant retentir des sifflets alors que l'artiste est sur scène. 

Dans Libération trois jours après l'interruption de son concert, Barbara Butch racontait qu'avant d’arriver sur scène, elle était "déjà sous pression, angoissée". "Depuis plusieurs dates, je me faisais prendre à partie. Je savais que Grenoble allait être le climax car c’est là que le harcèlement et les appels à la déprogrammation ont commencé", expliquait-elle. 

"Avant même de commencer le set, j’étais en larmes. À mon arrivée sur scène, j’ai vu cette foule hyper en colère contre moi. J’ai vécu des périodes de cyberharcèlement dont tout le monde a été témoin, mais là, ça sortait des réseaux sociaux et j’ai vu la haine dans les yeux, en face. Je ne souhaite ça à personne, pas même à mon pire ennemi", a-t-elle ajouté.

2. Pourquoi est-elle ciblée ?

Figure des nuits parisiennes LGBT+, avec un univers musical électro-disco joyeux, Barbara Butch avait déjà été ciblée par un cyberharcèlement mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme, après sa participation à la cérémonie d'ouverture des JO-2024. 

La section iséroise des Insoumis lui reprochait sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l'ambassadeur de France en Israël. Autre reproche : avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à "lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme", contestée et retirée depuis. Très critiqué, ses opposants y voyaient un risque pour la liberté d'expression et un possible amalgame dangereux entre les Français juifs et Israël.

"On est extrêmement fiers d'avoir participé à cette manifestation pacifique", a déclaré à l'AFP Allan Brunon, élu insoumis à la mairie de Grenoble, qui était lui-même présent, rappelant qu'il avait plusieurs fois demandé la déprogrammation de ce concert auprès de la Ville. 

Selon lui, "il n'y a pas eu de projectiles qui ont été jetés" samedi soir. "La France insoumise n'a jamais appelé à la violence contre Mme Butch", a-t-il affirmé.

3. Que répond la France insoumise ?

La France insoumise est la cible de critiques de la part du reste de la classe politique. Le mouvement a indiqué ne pas avoir relayé l'action au niveau national. Cependant, un tract qualifiant Barbara Butch de "soutien aux génocidaires", avait été distribué par des militants insoumis isérois.

La cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a reconnu sur BFMTV que le tract distribué par des militants insoumis était "mauvais" et a condamné insultes et jets de projectiles. Mais "il n'y a pas d'antisémitisme dans nos rangs", a-t-elle insisté.

Sur Franceinfo, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a fait preuve d'un certain embarras : "Elle a décidé de prendre une position politique et je peux comprendre que cette position politique puisse générer une protestation" mais "à partir du moment où cette protestation est pacifique".  

4. Une enquête a-t-elle été ouverte ?

Le parquet de Grenoble a ouvert mardi une enquête pour "délit d'entrave concertée aux libertés", après l'interruption samedi soir d'un concert de la DJ, exfiltrée de la scène lors d'une action de militants propalestiniens et de LFI. 

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a condamné ces violences "avec la plus grande fermeté". "L'antisémitisme, les intimidations et les pressions n'ont pas leur place dans notre République. Empêcher une artiste de se produire est une atteinte inacceptable à la liberté d'expression", a-t-il réagi sur X.

Autre réaction : la ministre de la Culture Catherine Pégard a rencontré le 22 juillet la DJ Barbara Butch lui affirmant, selon son entourage, sa volonté de protéger son "intégrité". 

La vague de soutien ne s'est pas cantonnée à la sphère politique. Une tribune dans Libération signée par 300 personnalités a aussi dénoncé "l'agression" de Barbara Butch. Parmi les signataires, Alain Chabat, Vincent Elbaz, Géraldine Nakache et les frères Dardenne.

"La défense des droits du peuple palestinien est un combat urgent, légitime et nécessaire. Mais elle ne saurait justifier la diffusion d'accusations infondées visant une personne en raison de son identité ou de supposées appartenances, ou même de ses opinions", a écrit Jonas Pardo, auteur de cette tribune et directeur de l'association Boussole antiraciste. 

L'artiste "est visée à travers des imaginaires antisémites et LGBTphobes dont l'histoire est ancienne", affirme la tribune. "Désigner à la vindicte des individus issus d'une minorité sous prétexte de s'opposer à leur opinion, réelle ou supposée, n'a rien à voir avec l'exercice du débat démocratique".

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