4 min de lecture Congrès PS de Poitiers

Congrès du Parti socialiste : ce qu'il faut retenir des 3 jours à Poitiers

Perturbés par la tribune assassine d'Arnaud Montebourg, les socialistes ont trouvé l'unité dans l'affrontement d'un adversaire commun : Nicolas Sarkozy.

Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis au congrès de Poitiers
Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis au congrès de Poitiers Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP
Romain Renner
Romain Renner
et AFP

Le congrès socialiste de Poitiers s'est terminé dimanche 7 juin, après trois jours d'une réunion qui ne marquera pas l'histoire du parti. Si aucun psychodrame n'est à déplorer cette année, quelques événements contrariants sont quand même venus assombrir l'horizon du parti dirigé par Jean-Christophe Cambadélis. Martine Aubry, les frondeurs, Arnaud Montebourg et l'absence d'enthousiasme des militants sont à noter dans la catégorie des événements négatifs. A contrario, les socialistes se sont accordés et ont parlé d'une seule voix lorsqu'il s'est agi d'attaquer... Nicolas Sarkozy.

Les responsables socialistes sont visiblement adeptes de l'adage qui veut que l'on est plus unis face à un adversaire commun. Ainsi Manuel Valls décide-t-il d'adresser plusieurs attaques directes à Nicolas Sarkozy, qu'il accuse d'être "un problème pour la France par ses pratiques dans l'opposition". Il ajoute : "Faire de la politique (...), ce n'est pas régler ses comptes personnels (...) Les Républicains sont la synthèse entre les fausses promesses de 2007 et le discours halluciné de Grenoble (sur la délinquance et l'immigration, en 2010, ndlr). En guise de renouveau, un grand retour en arrière !"

Les Républicains sont la synthèse entre les fausses promesses de 2007 et le discours halluciné de Grenoble

Manuel Valls
Partager la citation

"Monsieur Sarkozy invente (...) la République 'Canada Dry' : cela ressemble à la République, mais cela n'est pas la République", complète Jean-Christophe Cambadélis. Le premier secrétaire du PS s'en prend également aux autres grands noms des Républicains : "Et qu'on ne nous dise pas qu'Alain Juppé, Francois Fillon, Bruno Le Maire, c'est autre chose ! Ils sont la caution morale de cette droite sans rivages à droite ! Faut-il leur rappeler que la devise de la République est 'Liberté, Egalité, Fraternité'? Et ce n'est pas 'Fouquet's, Rolex, Karcher.'"

La tribune d'Arnaud Montebourg

À lire aussi
Alain Duhamel Arnaud Montebourg
Alain Duhamel : "Arnaud Montebourg vient de marquer, d'un pied résolu, un but contre son camp"

Les absents ont peut-être toujours tort mais ils sont ceux dont on parle le plus. Pas encore opposant mais pas franchement sympathisant, Arnaud Montebourg a publié dans le JDD une tribune dans laquelle il s'en prend violemment à la politique du gouvernement. Pis, l'ancien ministre du Redressement productif accuse le pouvoir en place d'être "une fabrique à suffrages pour le Front national".

Le gouvernement est une fabrique à suffrages pour le Front national

Arnaud Montebourg
Partager la citation

Manuel Valls réplique et se gausse de "ceux qui commentent, ceux qui font des tribunes exagérées, qui n'ont aucun sens avec la réalité, ceux qui, au fond, n'ont pu accepter de gouverner". Car lui "assume la responsabilité (de gouverner) et je laisse l'irresponsabilité aux autres. Il faut avoir du courage pour gouverner, oui, absolument. Car gouverner, c'est difficile, gouverner, c'est faire des choix, gouverner, c'est se confronter à la réalité du pays".

Martine Aubry et les frondeurs sèchent la photo de famille

A l'issue du discours de Jean-Christophe Cambadélis, ce dernier, Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault, des responsables de la "motion Cambadélis", mais aussi de deux des motions concurrentes se sont réunis pour chanter la Marseillaise et, poser rose à la main.
A l'issue du discours de Jean-Christophe Cambadélis, ce dernier, Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault, des responsables de la "motion Cambadélis", mais aussi de deux des motions concurrentes se sont réunis pour chanter la Marseillaise et, poser rose à la main. Crédit : JEAN PIERRE MULLER / AFP

Jean-Christophe Cambadélis, les responsables de sa motion ainsi que ceux des motions concurrentes montent sur l'estrade après le discours du premier secrétaire pour poser ensemble et chanter La Marseillaise, une rose à la main. L'image de l'unité aurait été parfaite si elle ne souffrait pas de l'absence de Martine Aubry et des frondeurs, qui ne font pas le déplacement afin de marquer leur différence vis-à-vis de la politique gouvernementale. 

"Il y a toujours des socialistes pour demander des inflexions dans la politique gouvernementale. On a choisi symboliquement de ne pas être sur la photo. Le message c'est que les frondeurs ne baissent pas la garde", explique le frondeur Laurent Baumel. Si l'absence des frondeurs s'explique facilement, celle de Martine Aubry, signataire de la motion Cambadélis, apparaît plus étonnante. "Je suis contente de voir qu'on est tous réunis pour faire en sorte que François Hollande réussisse la fin du quinquennat et que la France aille mieux", déclare-t-elle toutefois lors de son discours.

Il y a toujours des socialistes pour demander des inflexions dans la politique gouvernementale

Laurent Baumel, frondeur
Partager la citation

Manuel Valls file à Berlin

Manuel Valls n'échappe pas à la polémique lorsqu'il quitte le congrès pour se rendre à Berlin afin d'assister à la finale de la Ligue des champions. Un voyage qu'il effectue avec les moyens de l'État, provoquant l'étonnement voire la désapprobation d'une partie de l'opinion. "Je suis premier ministre. Je me déplace avec les moyens que vous connaissez. N'essayez pas de créer de faux débats", se défend-il. "On a tort de juger ça illégitime", ajoute Michel Sapin, ce matin sur RTL.

Je suis premier ministre. Je me déplace avec les moyens que vous connaissez

Manuel Valls à propos de son voyage à Berlin
Partager la citation
La rédaction vous recommande
Lire la suite
Congrès PS de Poitiers Parti socialiste Manuel Valls
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7778642406
Congrès du Parti socialiste : ce qu'il faut retenir des 3 jours à Poitiers
Congrès du Parti socialiste : ce qu'il faut retenir des 3 jours à Poitiers
Perturbés par la tribune assassine d'Arnaud Montebourg, les socialistes ont trouvé l'unité dans l'affrontement d'un adversaire commun : Nicolas Sarkozy.
https://www.rtl.fr/actu/politique/congres-du-parti-socialiste-ce-qu-il-faut-retenir-des-3-jours-a-poitiers-7778642406
2015-06-08 11:31:14
https://cdn-media.rtl.fr/cache/DpVe0ER3jgHfudur3VN45Q/330v220-2/online/image/2015/0608/7778643155_manuel-valls-et-jean-christophe-cambadelis-au-congres-de-poitiers.jpg