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Congrès de Versailles : Emmanuel Macron prononce un discours aux tonalités sociales

Le président de la République s'est adressé une heure et demie durant aux parlementaires, ce lundi 9 juillet, fixant le cap pour l'an II et s'attelant à déconstruire son image de "président des riches".

Emmanuel Macron prononce un discours devant le Parlement réuni en congrès à Versailles, lundi 9 juillet 2018
Emmanuel Macron prononce un discours devant le Parlement réuni en congrès à Versailles, lundi 9 juillet 2018 Crédit : Ludovic MARIN / AFP
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Clémence Bauduin
Journaliste

Un rendez-vous "annuel, humble mais résolu". C'est ainsi que le chef de l'État Emmanuel Macron a présenté lundi 9 juillet le discours d'une heure et demie qu'il s'apprêtait à prononcer devant le Congrès. Défendant les "chantiers d'une ampleur jamais vue" engagés depuis un an, le président français a également affiché sa volonté de donner une tonalité plus sociale aux réformes à venir pour tenir compte des critiques sur le "président des riches".

"Je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout", a-t-il ajouté en préambule, face aux quelque 900 députés et sénateurs assemblés sous les ors de l'hémicycle du château de Versailles. Cette rare autocritique intervient dans un contexte délicat pour l'exécutif, confronté à des sondages défavorables, 14 mois après la victoire d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

"Je n'ai rien oublié des peurs, des colères accumulées pendant des années qui ont conduit notre pays à ce choix (...) Elles n'ont pas disparu en une année", a reconnu Emmanuel Macron. Dans son discours, le chef de l'État s'est d'abord attaché à défendre "les engagements tenus" de la première année. Car "ce que nous avons dit, nous l'avons fait". 

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"Conjuguer progrès économique et progrès social"

Emmanuel Macron a surtout cherché à combattre l'image de "président des riches" dont l'affublent ses opposants, de droite comme de gauche. "Je n'aime ni les castes, ni les rentes, ni les privilèges", a-t-il dit, en assumant la logique de la "voie française", qui vise à "conjuguer en même temps le progrès économique et le progrès social". 

"Si l'on veut partager le gâteau, la première condition est qu'il y ait un gâteau. Et ce sont les entreprises rassemblant actionnaires, dirigeants et travailleurs, ce sont les producteurs, qui font ce gâteau, et personne d'autre", a-t-il martelé.

Jusqu'à présent, cette politique peine à convaincre car seuls 29% des Français l'estiment "juste", selon un récent sondage. "Depuis un an, les Français sont passés de l'espoir au doute car le président n'est pas au rendez-vous de ses promesses", a commenté Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR, après le discours. 

Un "nouveau contrat social"

Pour la deuxième année, Emmanuel Macron a fixé une double priorité : mieux "protéger" les plus vulnérables tout en réduisant les dépenses de l'État. Il a ainsi promis "des choix forts et courageux" pour engager la baisse des dépenses publiques, qui seront annoncés "dans les prochaines semaines" par le Premier ministre Édouard Philippe. "Il ne saurait y avoir de baisse de la fiscalité ou de développement de l'investissement sans un ralentissement de la hausse continue de nos dépenses", selon lui.

Le président a surtout consacré une large place au social. La "priorité de l'année qui vient" sera de "construire l'État providence du XXIe siècle" pour qu'il devienne "émancipateur, universel, efficace" et "responsabilisant". Il sera basé sur "un nouveau contrat social" dont Emmanuel Macron discutera le 17 juillet avec les syndicats et le patronat, invités à l'Élysée. Seront ainsi abordées les réformes de l'assurance chômage, de l'apprentissage, des retraites mais aussi de la dépendance. 

La frontière véritable qui traverse l'Europe est celle aujourd'hui qui sépare les progressistes des nationalistes.

Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en congrès à Versailles, lundi 9 juillet 2018
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Initialement prévu pour ce mois-ci, le Plan pauvreté sera présenté "en septembre" et mis en oeuvre "en 2019", s'est engagé le président, en promettant "un accompagnement réel vers l'activité" pour les personnes "les plus fragiles". Souvent applaudi par les députés LREM, Emmanuel Macron a provoqué une rare bronca sur les rangs de l'opposition lorsqu'il a qualifié de "rumeur malsaine" la suppression des pensions de réversion. "Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui", a-t-il assuré. "Et demain?", se sont récriés des députés.

Emmanuel Macron a consacré peu de temps aux dossiers de l'islam, des migrations et de l'Europe. "La frontière véritable qui traverse l'Europe est celle aujourd'hui qui sépare les progressistes des nationalistes (..) Ce sera difficile mais le combat est clairement posé" et sera "au coeur des enjeux de l'élection européenne de 2019", a-t-il estimé.

#MacronMonarc

Avant le discours, le chef de l'État avait déjeuné avec les responsables des groupes parlementaires ayant accepté son invitation, sans LR, PS, PCF et LFI. La totalité des députés LFI et une poignée de LR ont ensuite boycotté le discours, à la différence des communistes, qui s'étaient rassemblés à la mi-journée devant la salle du Jeu de Paume, haut lieu de la Révolution française, pour "prêter" serment contre la "monarchie présidentielle".

Durant l'allocution, les ténors des Insoumis ont été très actifs sur Twitter, avec le hashtag #MacronMonarc, pour dénoncer un discours jugé "saoulant" par Jean-Luc Mélenchon. "Que de banalités pour masquer une politique injuste", a dénoncé Alexis Corbière. Boris Vallaud, porte-parole du parti socialiste, a critiqué une "mise en scène narcissique" qui "masque la banalité du fond et l'absence de vraies propositions".

Emmanuel Macron a "multiplié les formules incantatoires" pour Nicolas Bay, eurodéputé Rassemblement national (ex-FN), et "enfoncé les portes ouvertes" pour Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. Tenant compte de la polémique suscitée par le discours, le président a annoncé que le gouvernement proposerait d'amender la Constitution pour que le chef de l'État puisse écouter les parlementaires et leur répondre lors des Congrès.

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2018-07-09 19:40:00
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