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Carburant : "Emmanuel Macron est obligé de compenser son manque d’empathie", estime Alba Ventura

ÉDITO - "Emmanuel Macron explique, droit dans ses bottes, qu’il préfère la taxation du carburant plutôt que la taxation du travail", selon Alba Ventura.

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Carburant : "Emmanuel Macron est obligé de compenser son manque d'empathie", estime Alba Ventura Crédit Image : AFP / JACQUES WITT | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura et Marie-Pierre Haddad

Le casse-tête du carburant continue d'empoisonner le gouvernement. Après avoir dit qu'il assumait les taxes, Emmanuel Macron se dit prêt, maintenant, à des mesures d'accompagnement. Il cède ? Non il ne cède pas. Pas sur le fond. Sur le fond, il "assume", il répète qu’il s’est engagé dans la lutte contre la pollution, sur la transition énergétique, et cette transition passe par la réduction, voire la fin du diesel. Il explique, droit dans ses bottes, qu’il préfère la taxation du carburant plutôt que la taxation du travail.

Il n’a pas tort d’ailleurs, il y a un besoin pressant de répondre à l’urgence climatique. Donc sur le fond, il va continuer à augmenter les taxes sur les carburants pour encourager à rouler plus propre. Là où il cède, c’est qu’il est obligé de compenser son manque d’empathie.

Parce que cette transition, elle est peut-être facile pour une partie de la population, mais elle est une galère pour beaucoup d’autres. C’est cette équation - entre ceux qui peuvent faire des efforts et ceux qu’on doit aider, encourager - que le président a du mal à faire.

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Emmanuel Macron a du mal à entendre

Quand Emmanuel Macron entend des mécontentements, quand les Français râlent, son premier réflexe, c’est de dire qu’il faut arrêter de se plaindre, que lui, agit de manière juste, qu’il est là pour redresser le pays. Il a du mal à entendre dans un premier temps que certains n’arrivent simplement pas à boucler leurs fins de mois, que la voiture est la seule chose qu’ils possèdent.

Ce n’est que lorsque l’affaire s’envenime, que les pétitions grossissent, que les appels au blocage se multiplient, que Leclerc, Carrefour, Intermarché et Casino annoncent qu’ils vont vendre les carburants à prix coûtant, qu’il consent à trouver des compensations. Mais on le sait, l’essence, c’est un casse-tête permanent. 

L’État a toujours prélevé beaucoup de taxes et quand le prix de l’essence augmente le montant des taxes est plus visible. Au bout d’un moment, on cherche le bon filon (sans faire de mauvais jeu de mots).

Un ras-le-bol qui n'est pas une nouveauté

Emmanuel Macron n'est donc pas le premier à faire face au ras-le-bol fiscal sur l'essence ? C’est toujours la même histoire, c’est toujours le concours Lépine des solutions. Vous vous souvenez de 2012, c’était l’un des principaux thèmes de la campagne présidentielle : le prix de l’essence avait battu des records. On avait même trouvé une station dans Paris qui vendait le litre de sans plomb à 2 euros et chacun y était allé de son couplet.

François Hollande voulait bloquer les prix pendant 3 mois, puis installer une TIPP flottante. Une fois au pouvoir, il avait abandonné cette idée de blocage des prix et surtout la mise en place de la TIPP flottante qui avait coûté si cher à Lionel Jospin en 2002 et finalement Jean-Marc Ayrault avait annoncé une baisse des taxes, il avait expliqué que c’était : "Injuste que l’État s’enrichisse quand le prix de l’essence augmente".

On ne manque pas d’imagination quand il s’agit de répondre à l’envolée des prix et des taxes sur les carburants

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Après, vous aviez aussi les solutions qui coûtent cher au budget. Marine le Pen voulait que l’on baisse de 20% la TIPP, ce qui allait faire baisser le prix du litre d’essence de 20 centimes. Ça voulait dire pour l’État, 10 milliards d’euros en moins dans les caisses et la patronne du Rassemblement nationale expliquait qu’il fallait mettre à contribution les grands groupes pétroliers comme Total en les sur-taxant.

Total qui était aussi dans le viseur de Jean-Luc Mélenchon qui souhaitait lui nationaliser l’entreprise. Ce qui aurait représenté un coût de 100 milliards d’euros. Puis, vous aviez la solution "le bon sens près de chez vous" : c'était Nicolas Sarkozy qui ne voulait pas toucher à la TIPP, mais qui préconisait aux automobilistes, je le cite : "D’acheter l’essence là où c’est moins cher". On se souvient qu’en 2007, sa ministre de l’Économie, Christine Lagarde proposait, elle, de prendre tout bonnement son vélo, en cas d’augmentation des carburants.

Vous le voyez, on ne manque pas d’imagination quand il s’agit de répondre à l’envolée des prix et des taxes sur les carburants. La grande différence entre hier et aujourd’hui, c’est l’argument écologique. Encore une fois, c’est un argument qui se défend. On aimerait seulement être sûr que la majorité des taxes revient à la défense de l’environnement.

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2018-11-06 07:36:00
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