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"Ça nous obligera à licencier" : pourquoi des patrons redoutent une hausse du Smic au-delà de 1.500 euros net

Alors que le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou s'est dit ouvert à une hausse du Smic jusqu'à 1.500 euros net par mois, plusieurs représentants du patronat alertent sur son coût pour les entreprises.

Un homme derrière un ordinateur (photo d'illustration).

Crédit : StartupStockPhotos / Pexels

Juliette Vignaud

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C'est une revendication centrale de la journée interprofessionnelle de grève et manifestations du 5 novembre. Les responsables de la CFDT et de la CGT, parmi les organisateurs de la mobilisation nationale qu'ils ont revendiquée comme "un succès", ne cessent de réclamer une hausse substantielle du Smic, et au-delà une augmentation des salaires dans leur ensemble. 

"La CFDT, elle demande 100 euros net d'augmentation du SMIC mensuel", a rappelé Marylise Léon sur RTL ce vendredi matin. À ses yeux, cette hausse doit provoquer "un vrai électrochoc en matière de pouvoir d'achat".

Les réponses du gouvernement sont attendues lundi 9 novembre lors d'une conférence sociale, mais il s'est d'ores et déjà montré ouvert à un coup de pouce. En revanche, son ampleur n'atteindra sans doute pas les exigences des syndicats (100 euros net pour la CFDT, environ 150 pour la CGT). Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a notamment jugé sur TF1 "important" d'essayer de "franchir la barre" des 1.500 euros net pour le Smic mensuel, soit une hausse de 22 euros.  

Le ministre a précisé que ses discussions avec les syndicats et le patronat étaient encore en cours jusqu'à dimanche et que son objectif était de "converger" pour arriver à un compromis sur le Smic, les minima de branches et les négociations salariales dans les entreprises. 

"On n'a pas les marges"

Les négociations s'annoncent complexes alors que le patronat ne semble pas enclin à concéder une augmentation des salaires, considérant que cela coûte trop cher. Une augmentation de 100 euros pour un salarié revient à 470 euros dépensés par le patron en raison des charges sociales. Et augmenter le Smic revient à baisser les exonérations fiscales pour l'entreprise, qui se retrouve, à nouveau, avec un surcoût. 

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Pour l'entreprise de nettoyage Helder de Magalhaes, qui emploie 1.000 salariés dont 9 salariés sur 10 sont rémunérés au Smic, cette augmentation reviendrait "au bas mot entre 90.000 et 100.000 euros par mois. Sur 12 mois, ça fait plus d'un million". "On n'a pas les marges. Aujourd'hui, l'économie est au ralenti. Ça nous obligera à licencier du personnel", affirme son patron. Selon lui, 50 personnes devront être renvoyées.

Du côté d'une PME spécialisée dans la métallurgie - dirigée par Florent Bonniou - près de Brest, dont un tiers des 18 salariés sont au Smic, les dépenses supplémentaires pourraient atteindre les 5.000 euros par mois. Et pour éviter un mécontentement général, il serait obligé d'augmenter toute l'équipe. "On n'est pas un gros groupe, on est une petite entreprise. C'est normal que tout le monde puisse en bénéficier", confie-t-il au micro de RTL. Selon le patron, "ce n'est pas le bon moment" au vu du contexte économique actuel. 

"Tous les salaires qui sont au-dessus du Smic risquent de ne pas augmenter parce que les entreprises n'auront pas les moyens de suivre l'évolution du Smic", prévient également le président de la Confédération des Petites et moyennes entreprises (CPME) Amir Reza-Tofighi sur notre antenne.

L'impasse face au coût du travail

Pour Amir Reza-Tofighi, il faut s'attaquer au "coût du travail" pour répondre aux demandes sur le pouvoir d'achat. "Il faut arrêter de penser que les entreprises ne payent pas assez. Le vrai sujet, c'est comment on fait pour que, à la fin, l'État prélève moins sur le salaire", lance-t-il à notre micro. 

"Ceux qui font croire que les entreprises ont une sorte de caisse magique sur laquelle on peut augmenter les salaires alors qu'on leur augmente leur charge, ça ne marche pas", insiste-t-il. Face à cette impasse, il considère qu'il "faut avoir un discours de vérité : tant que le coût du travail ne baisse pas, on ne pourra pas durablement augmenter les salaires dans ce pays".

Le dernier coup de pouce remonte à juillet 2012, après l'arrivée au pouvoir de François Hollande (0,6%). Contrairement aux autres salaires, le Smic est en revanche automatiquement revalorisé chaque 1er janvier en fonction de l'inflation et en cours d'année quand celle-ci dépasse 2%. 

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