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"Acheter la paix sociale" ? Pourquoi une nouvelle hausse du Smic avant la fin de l'année inquiète le patronat

Avancer la hausse du Smic, voire lui donner un "coup de pouce" supplémentaire, l'hypothèse est sur la table au sommet de l'État. Une perspective qui ravive forcément l'affrontement entre patronat et syndicats.

Un bulletin de paie (image d'illustration).

Crédit : MYCHELE DANIAU / AFP

pouvoir d'achat, faut-il augmenter le smic ?

00:11:05

Jérémy Descours

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Faut-il donner un coup de pouce au Smic pour répondre à la crise du pouvoir d'achat ? En pleine fronde sociale, le gouvernement réfléchit en tout cas à avancer dès décembre la revalorisation automatique du Smic prévue au 1er janvier. "Ça fait partie des débats", a confirmé ce week-end le ministre de l'Économie, Roland Lescure.

Mais le gouvernement pourrait aussi, semble-t-il, décréter un "coup de pouce", en plus de cette revalorisation. "On m'annonce 0,5 à 0,6%" d'augmentation supplémentaire, a indiqué ce lundi un dirigeant patronal à l'AFP.

La semaine dernière, le Medef a chiffré à 11,5 milliards d'euros le "choc sur le travail" représenté selon lui par les mesures envisagées, dont 9,3 milliards liés au gel des allègements de cotisations patronales sur les bas salaires ou à l'extension de leur assiette à l'intéressement et à la participation.

Une "double peine"

Une chose est sûre, ces différentes pistes avancées par l'exécutif inquiètent fortement le patronat. Le Medef, les Entreprises et l'U2P ont dénoncé une "double peine" si la hausse du Smic venait s'ajouter au gel de certains allègements de cotisations patronales déjà prévu dans le budget de la Sécurité sociale. Patrick Martin, patron du Medef, a mis en garde contre une mesure qui, selon lui, reviendrait à "acheter la paix sociale" au risque de "créer la pagaille dans les entreprises".

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Les syndicats, eux, jugent au contraire qu'un effort est indispensable. Sophie Binet a répliqué en dénonçant "l'indécence", le "mépris pour les travailleurs" et le "chantage" du patronat. La CGT réclame une hausse de 10% du Smic et l'indexation de tous les salaires sur les prix. De son côté, la CFDT demande 100 euros nets supplémentaires puis une remise à plat des coefficients des conventions collectives.

"Il faut casser ce château de cartes"

Dans RTL Soir, ce mardi 27 octobre, Michel Picon, président de l'U2P, juge qu'une forte hausse du Smic serait "une catastrophe". "Ce niveau de revalorisation du SMIC entraînerait des milliers, des milliers et des milliers de fermetures de petites entreprises, insiste-t-il. Les petits commerces ont un revenu qui est à peine autour du SMIC". 

Et d'ajouter : "Je pense qu'on a atteint un niveau aujourd'hui de mécanique complexe dans la rémunération où les entreprises n'y comprennent plus rien, les salariés encore moins. On a une prime d'activité pour compléter le salaire parce que les entreprises ne payent pas assez (...). Il faut casser ce château de cartes. Il faut arrêter de faire peser autant, autant sur le travail".

"Certaines entreprises ne jouent pas le jeu"

Face à lui, Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, défend une hausse du salaire minimum à "80% du salaire médian", soit "entre 120 et 150 euros". Il plaide aussi pour une "conditionnalité des aides publiques versées aux entreprises" car il estime que "certaines entreprises ne jouent pas le jeu".

"Les aides publiques sont versées et ça aide à maintenir le chiffre d'affaires ou à maintenir l'entreprise à flot. Un certain nombre, celles qui versent des dividendes à leurs actionnaires, n'ont pas besoin d'aides publiques", insiste-t-il. 

En clair, le débat est loin d'être terminé.

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