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Sans-abri projeté à terre à Carcassonne : le policier condamné à six mois de prison avec sursis pour "violences volontaires"

Le fonctionnaire a aussi été condamné à une interdiction d'exercer sur la voie publique pendant une année, après avoir été reconnu coupable de violences à l'encontre de la victime.

Un policier se tient à l'entrée du quartier général de la police municipale de Carcassonne, dans le sud de la France, le 9 septembre 2026. (Illustration)

Crédit : Ed JONES / AFP

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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Un policier a été reconnu coupable de "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique", ce vendredi 6 novembre à Carcassonne, le condamnant à une peine de six mois de prison avec sursis. 

Le fonctionnaire de police était poursuivi pour avoir violemment jeté à terre un sans-abri en juin 2026 au sein de la ville fortifiée. 

Le tribunal a considéré que les "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" reprochées au fonctionnaire étaient constituées, même s'il est allé moins loin que les réquisitions du parquet qui avait demandé trois ans d'interdiction d'exercer sur la voie publique, avec exécution immédiate. L'accusé a finalement été sanctionné d'une année d'interdiction d'exercice de la fonction sur la voie publique. 

Une vidéo sans équivoque

Les faits, survenus en début de soirée lors de la dernière fête de la musique, avaient été rendus publics par une vidéo publiée mi-septembre sur les réseaux sociaux, quelques jours après un scandale provoqué par un autre enregistrement de policiers municipaux de Carcassonne tenant des propos racistes, dans cette ville dirigée depuis mars par un maire RN.

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Sur les images, l'agent de la police nationale, accompagné de policiers municipaux, saisit par derrière un jeune homme qu'il projette violemment par terre, devant plusieurs grosses enceintes et au milieu d'un petit groupe visiblement éméché.

La victime, dont la tête heurte le sol avec force, se tient le crâne pendant quelques instants, avant d'être relevée par les policiers, sous les invectives d'un groupe de personnes choquées par le geste.

Un décès 13 jours après, mais "aucun lien entre les faits filmés et le décès"

Sur RTL ce vendredi 6 novembre, en amont de la décision de justice, la famille de l'homme projeté au sol avait dénoncé un acte d'une "violence inouïe", alors que la victime "n'avait rien fait". 

"Ce que nous regrettons finalement, c'est que si l'ami du défunt Youssef n'avait pas filmé la scène, tout ça serait passé sous silence.", avait ajouté l'avocat de la famille, Me Hakim Djorfe.

Le jeune homme de 29 ans, décrit par le tribunal comme un "marginal" connu comme vivant entre le domicile de ses parents et la rue, ainsi qu'un consommateur régulier de stupéfiants, était décédé treize jours après, mais "aucun lien entre les faits filmés et le décès" n'a été établi par l'autopsie, selon le parquet.

Appelé à s'expliquer, le fonctionnaire de 43 ans, a déclaré avoir pensé que la victime "allait porter atteinte" à une policière municipale présente sur l'intervention liée aux nuisances sonores provoquées par le groupe.

"Je ne suis pas quelqu'un de violent"

La présidente lui a fait remarquer que la victime était titubante, visiblement fortement alcoolisée, et que les autres policiers, interrogés par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), n'ont jamais indiqué s'être sentis en danger.

Une personne alcoolisée a un "tempérament imprévisible", a affirmé à la barre le policier, estimant que le jeune homme présentait donc une menace. 

À la présidente qui lui dit que la vidéo ne montre pas d'attitude agressive de la victime, visible les bras ballants, le policier a répondu que "l'angle de la caméra peut être trompeur" ou qu'il avait, avec la magistrate, "des différences de perception".

"Je peux comprendre que les gens puissent être choqués par ces images", a-t-il ajouté, reconnaissant un "geste violent" mais dont l'intention était juste de "renvoyer" l'homme "sur le côté".

"Je ne suis pas quelqu'un de violent, j'évite toujours la confrontation, j'ai la fibre sociale, je cherche toujours le dialogue", a également déclaré le prévenu, marié et père de trois enfants, actuellement en arrêt maladie.

Après le délibéré, son entourage a indiqué à l'AFP qu'il ne souhaitait pas s'exprimer. 

"On va se contenter de ça"

La procureure de la République de Carcassonne, Géraldine Labialle, a déploré à l'audience que le policier n'ait pas exprimé de regrets concernant les faits, estimant qu'il s'agissait bien de violences volontaires.

"C'est un geste de violence, c'est ce qu'a vu l'opinion publique, c'est ce que voient les professionnels que nous sommes, c'est ce qu'a vu l'IGPN", a-t-elle dit.

Après le jugement, l'un des frères de la victime s'est dit devant la presse "soulagé". "On a quand même un petit goût amer en bouche parce qu'il a longuement eu le temps de s'expliquer (...) beaucoup de perches lui ont été tendues aujourd'hui pour qu'il s'excuse ou qu'au moins il exprime un petit peu de regrets, ça n'a pas été le cas", a-t-il affirmé.

"Ce n'est pas grave, justice a été rendue, on va se contenter de ça", a-t-il ajouté. 

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