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"Beauvau de la sécurité" : Macron et Darmanin attendus au tournant

DÉCRYPTAGE - La grande concertation nationale consacrée à la police et à la gendarmerie débute ce 25 janvier.

Emmanuel Macron et Gérald Darmanin, le 22 juillet 2020
Emmanuel Macron et Gérald Darmanin, le 22 juillet 2020 Crédit : Ludovic Marin / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Il s'agit de l'un des chantiers prioritaires engagés par Emmanuel Macron pour la dernière année de son quinquennat. Le "Beauvau de la sécurité" est présenté ce lundi 25 janvier aux syndicats de policiers et aux représentants de la gendarmerie.

Au programme du "Beauvau de la sécurité", les "sept péchés capitaux" qui affectent la police et la gendarmerie, comme les avait identifiés Gérald Darmanin. Pendant plus de quatre mois, ce grand raout doit permettre d'aborder les sujets les plus épineux, des violences policières au recrutement des fonctionnaires, en passant par leur budget et la défiance de plus en plus marquée de la population à l'encontre des forces de l'ordre. 

En pleine polémique sur les "violences policières", le président de la République avait annoncé sa mise en place afin d'"améliorer les conditions d'exercice" des forces de l'ordre et "consolider" leurs liens avec les Français. 

Comment va se dérouler le "Beauvau de la sécurité"

Le "Beauvau de la sécurité" sera organisé jusqu'en mai sous le format du "grand débat". Il réunira tous les quinze jours "des experts français et internationaux ainsi que des maires et des parlementaires", a indiqué le ministère de l'Intérieur. 

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Parmi les "sept péchés capitaux" soulevés par Gérald Darmanin, on retrouve la formation, l'encadrement, les moyens humains et matériels, la captation de vidéos - au centre de la controverse dans la loi Sécurité globale - la réforme de l'IGPN - accusée de manquer d'indépendance - et le lien entre forces de l'ordre et population, dégradé par la succession d'affaires de violences policières. À la demande du syndicat Alliance, le ministre de l'Intérieur a décidé d'ajouter un "huitième chantier", celui de "la relation à l'autorité judiciaire"

Côté terrain, Gérald Darmanin prévoit de se déplacer toutes les semaines dans les commissariats et les brigades de gendarmerie, où des cahiers de doléances seront mis à disposition des agents. Des rencontres sont également prévues avec des "élus locaux", le "monde de l'entreprise" et des "citoyens". 

Tensions avec les syndicats

Deux des trois principaux syndicats policiers, Alliance et Unsa-Police, qui avaient indiqué jusqu'à présent boycotter cette concertation, ont finalement annoncé leur participation après que Gérald Darmanin a accepté leurs conditions, notamment sur la "réponse pénale" ou sur des mesures sociales comme la gratuité des transports pour les policiers. "Alliance prend acte et sera présent mais refermera la porte si les annonces n'étaient pas suivies de mesures concrètes", prévient le syndicat dans un tract. 

Lors de la publication du livre blanc de la sécurité mi-novembre, Gérald Darmanin avait annoncé que des discussions allaient se poursuivre au premier semestre 2021 avec pour objectif de préparer une loi d'orientation et de programmation (LOPSI) pour 2022. 

Parmi les décrets de fin d'année, a figuré également celui créant un service national de police scientifique qui regroupe deux entités de la police nationale: le service central de la police technique et scientifique et l'institut national de la police scientifique. Concernant ce domaine, Gérard Darmanin s'est prononcé en décembre pour une sorte de fusion des services de police et de gendarmerie

Un "alibi de l'inaction", selon Les Républicains

Le "Beauvau de la sécurité" est un "alibi de l'inaction", considère le député Les Républicains Éric Ciotti, qui aurait préféré d'emblée une "grande loi de programmation". "Le diagnostic, tout le monde le connaît : le malaise de la police, sa paupérisation. Et il en est de même pour la justice, d'ailleurs", déclare-t-il dans le Journal du Dimanche

L'élu des Alpes-Maritimes fustige la stratégie du gouvernement. "Depuis des mois a été préparé un Livre blanc de la sécurité qui a lui-même fait l'objet de multiples concertations. Nous avons longtemps attendu qu'il sorte enfin et il devait servir de base à une loi d'orientation et de programmation, que nous aurions déjà dû discuter l'an dernier". 

Éric Ciotti réclame aussi "des peines plancher dès le premier acte de violence commis contre un policier ou un gendarme, mais aussi contre un policier municipal, un douanier ou un pompier". 

Un chantier sous tension qui pourrait se déboucher sur des fissures entre les syndicats de policiers et de gendarmes et l'exécutif.

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