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"Au moment où l'on parle de paix, la Russie continue de tuer et de détruire" : ce qu'il faut retenir de la rencontre entre Macron et Zelensky

Tandis que les négociations se poursuivent sur le plan de paix qui mettrait un terme à la guerre en Ukraine, Volodymyr Zelensky a rencontré Emmanuel Macron à Paris, ce lundi 1er décembre.

Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron, le 1er décembre 2025

Crédit : Edouard Monfrais-Albertini / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Marie-Pierre Haddad

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Dans un contexte de forte pression politique et diplomatique, Volodymyr Zelensky a rencontré Emmanuel Macron à Paris, dans le but de consolider ses soutiens européens avant une rencontre avec l'envoyé américain Steve Witkoff et le président russe Vladimir Poutine. 

Lors d'une conférence de presse organisée ce lundi 1er décembre, le président français a indiqué avoir "finalisé le travail sur les garanties de sécurité" et a réitéré sa volonté de "bâtir une paix durable". "La rencontre d'aujourd'hui a permis de faire avancer la concertation entre tous les Européennes, de coordonner nos vues et l'importance de la mobilisation pour une paix durable", a-t-il ajouté. 

Le contexte diplomatique est tendu pour Volodymyr Zelensky, qui incarne depuis bientôt quatre ans la résistance ukrainienne à l'invasion russe lancée en février 2022, tandis que les États-Unis négocient séparément avec Moscou et Kiev pour trouver une issue à la guerre. 

Selon des données fournies par l'Institut américain pour l'étude de la guerre et analysées par l'AFP, les forces russes ont réalisé en novembre leur plus grosse progression sur le front en Ukraine depuis un an. En un mois, la Russie a pris 701 kilomètres carrés aux Ukrainiens. Il s'agit là de la deuxième avancée la plus importante après celle de novembre 2024 (725 kilomètres carrés), en dehors des premiers mois de guerre au printemps 2022, quand la ligne de front était très mobile, souligne l'AFP. 

Une "phase préalable" du plan de paix

Sur l'élaboration du plan de paix, Emmanuel Macron a rappelé qu'"il n'y a pas aujourd'hui à proprement parler un plan qui soit finalisé". "Sur la question des territoires, il ne peut être finalisé que par le président Zelensky, a-t-il précisé. Sur la question des actifs gelés, des garanties de sécurité, de l'accession à l'Union européenne, des sanctions européennes, (ce plan) ne peut être finalisé qu'avec les Européens autour de la table. Donc, nous sommes encore à une phase préalable", a-t-il indiqué.

Un plan de paix qui ne peut être "finalisé" qu'avec l'Ukraine et les Européens

Le président français a salué la volonté des États-Unis de trouver un compromis qui permettrait d'aboutir à la fin de la guerre en Ukraine. "Nous sommes dans une situation où les États-Unis ont pris un rôle de médiateur et je salue le travail conduit par l'équipe américaine". 

Il a aussi indiqué que des discussions auront lieu entre les responsables américains et les membres de la coalition volontaire dans les prochains jours, afin de définir la participation des États-Unis à ces garanties de paix. "Les garanties de sécurité ne peuvent être discutées sans l’Ukraine et sans ses alliés européens, puisqu’il s’agit aussi de la sécurité de l’Europe", a-t-il ajouté. 

En réponse, Volodymyr Zelensky a répondu qu'il était injuste de ne pas inclure les Européens dans les pourparlers. "La question de l'argent, de la reconstruction (...) sans la présence des partenaires européens, ce n'est pas facile. C'est difficile parce que l'argent se trouve en Europe et je pense que ce n'est pas très juste", a-t-il assuré. 

Des médiateurs américains en déplacement à Moscou "dans les prochaines heures"

Emmanuel Macron a rappelé la responsabilité de la Russie dans le processus de paix. "Au moment où l'on parle de paix, la Russie continue de tuer et de détruire", a déclaré le chef de l'État, qualifiant cette stratégie d'"insulte au droit". Le président de la République a aussi jugé que le pays dirigé par Vladimir Poutine est "un obstacle à la paix". 

Selon lui, les prochaines négociations entre les États-Unis et la Russie permettront d'avoir "une plus grande clarté" sur "la volonté ou non de la Russie" d'avancer sur le processus de paix. Le président a aussi précisé que "des médiateurs américains vont se déplacer à Moscou dans les prochaines heures".

"Très vigilants" sur l'affaire de corruption qui éclabousse le gouvernement ukrainien

Interrogé sur l'affaire de corruption qui éclabousse le gouvernement de Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macron a déclaré refuser de "donner des leçons" à l'Ukraine. "Nous sommes très vigilants", "comme on donne de l'argent, comme on soutient un effort de guerre, il est normal qu'on soit exigeant", a-t-il expliqué. "Mais je constate qu'en tout cas, la lutte contre la corruption fonctionne puisqu'il y a des décisions qui sont ouvertes et des décisions aussi politiques qui sont prises", a-t-il précisé. Et d'ajouter : "Vous n'avez jamais ce type de décision du côté russe, parce que la vraie dictature est là".  

Zelensky demande des pourparlers avec Trump sur les "questions clé"

Volodymyr Zelensky a quant à lui indiqué souhaiter s'entretenir avec Donald Trump sur les "questions clé" du plan américain visant à mettre fin à la guerre avec la Russie, les qualfiant d'"assez difficiles". "Nous espérons une conversation avec le président des États-Unis sur les questions clés qui sont assez difficiles", a-t-il dit, en citant notamment le sujet des territoires ukrainiens occupés par la Russie. Lors de leur rencontre, Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron ont échangé avec les négociateurs américain Steve Witkoff et ukrainien Roustem Oumerov qui mènent des discussions en Floride. 

Le chef de l'État et son homologue ukrainien se sont également entretenus avec le Premier ministre britannique Keir Starmer et plusieurs dirigeants européens (Allemagne, Pologne, Italie, Norvège, Finlande, Danemark, Pays-Bas), ainsi qu'avec les présidents des institutions européennes Antonio Costa et Ursula von der Leyen, et le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, a indiqué l'Élysée. Volodymyr Zelensky se rendra ensuite en Irlande pour sa première visite dans ce pays neutre, le 2 décembre. 
Les États-Unis ont présenté il y a dix jours un premier projet en 28 points très favorable à Moscou, rédigé sans les alliés européens de Kiev, censé mettre fin au conflit déclenché par l'offensive russe contre l'Ukraine en février 2022. Washington a ensuite amendé ce projet avec les Ukrainiens et les Européens à Genève, avant de retravailler dessus en bilatéral avec les Ukrainiens en Floride. Le 30 novembre, les discussions américano-ukrainiennes en Floride ont été jugées "productives" par les deux parties, mais le secrétaire d'État Marco Rubio a prévenu qu'"il restait encore du travail". "Il reste quelques points épineux à régler", a renchéri sur X Volodymyr Zelensky.  

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