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2 min de lecture
Marine Le Pen et Emmanuelle Cosse
Crédit : AFP / Montage RTL.fr
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Marine Le Pen a fait du logement "un des grands chantiers" de son quinquennat, si elle est élue en 2027. Lors de son discours de rentrée à Hénin-Beaumont, dimanche 13 septembre, la candidate du Rassemblement national a remis au cœur de ses propositions une mesure emblématique de son camp : la "priorité nationale". Elle a défendu le principe selon lequel les Français "seront prioritaires chez eux" et auront "davantage de droits en France que les autres".
La présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale a décliné cette ligne sur le logement, présenté comme un "sujet majeur". Pour que "la situation du logement revienne à la normale en cinq ans", Marine Le Pen a promis de "donner la priorité d'accès au logement social aux Français."
Pour cela, la candidate RN souhaite "réserver" aux Français les aides personnelles au logement, les APL. "Avec nous les Français, quelles que soient leur couleur de peau ou leur religion, leur origine ou leur résidence (...) seront prioritaires chez eux", a-t-elle affirmé, en présentant cette mesure comme "un droit naturel et juste".
Cette préférence nationale s'appliquerait aussi au logement étudiant. Sur RTL ce lundi 14 septembre, le vice-président du RN Sébastien Chenu a confirmé cette ligne : "Nous considérons que lorsque vous êtes un étudiant français, vous devez avoir une priorité".
Interrogé sur les effets concrets de cette mesure, notamment sur le nombre de logements qu'elle permettrait de libérer, il est toutefois resté plus flou : "Aujourd'hui, je n'ai pas en tête le nombre de logements que ça libère", a-t-il reconnu, en renvoyant à un "plan d'ensemble" fondé aussi sur davantage de construction et sur la remise sur le marché de logements aujourd'hui vacants ou bloqués par certaines règles.
Marine Le Pen a également rappelé son souhait d'abroger la loi SRU, qui impose aux communes un quota de logements sociaux. Elle défend aussi la vente "d'un certain nombre de HLM aux Français", ainsi que "l'expulsion des familles délinquantes" de ces logements sociaux. Cette proposition a aussitôt suscité des critiques. Réserver les logements sociaux aux Français, comme le propose Marine Le Pen, relève d'une "lubie xénophobe", a jugé, ce lundi, Emmanuelle Cosse, présidente de la confédération des bailleurs sociaux.
Selon l'ancienne ministre du Logement sous François Hollande, les annonces de la candidate du RN "parlaient très peu de logement mais utilisent la crise actuelle et désignent un bouc émissaire, les immigrés".
La candidate propose aussi de supprimer le "zéro artificialisation nette" et de mettre fin aux "contraintes" liées au diagnostic de performance énergétique, qu'elle veut réduire à "un simple élément indicatif". Dans le détail, elle propose de mettre des terrains publics gratuitement à disposition des constructeurs, à condition qu'ils bâtissent "des milliers d'appartements" à loyers modérés.
Elle veut aussi transformer des bureaux vacants en logements et remplacer MaPrimeRénov' par un dispositif de prêt à taux zéro baptisé "100% rénov". Sur ce point, Sébastien Chenu a avancé sur RTL un coût "à peu près" de 300 millions d'euros pour ce nouveau mécanisme, contre "plus d'un milliard d'euros" pour MaPrimeRénov', qu'il juge aujourd'hui inefficace et marquée par des "dysfonctionnements".
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