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Un Royaume-désuni pour revenir dans l'UE : les dirigeants écossais, gallois et nord-irlandais affirment leur "droit à l'autodétermination"

Réunis pour la première fois, les chefs indépendantistes écossais, gallois et nord-irlandais ont appelé Londres à reconnaître leur "droit à l'autodétermination" et défendu une perspective de retour dans l'Union européenne.

John Swinney, Rhun ap Iorwerth, Mary Lou McDonald et Michelle O'Neill

Crédit : Adrian DENNIS / AFP

Eléonore Aparicio & AFP

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Les dirigeants écossais, gallois et nord-irlandais, réunis pour la première fois lundi à Cardiff, ont affirmé leur "droit à l'autodétermination" dans une déclaration commune, soulignant que l'avenir de leurs nations était "dans l'Union européenne".

"Nos nations ont le droit à l'autodétermination. Aucun gouvernement de Westminster (britannique, ndlr) n'a le droit de faire obstacle à la démocratie", ont écrit dans ce texte le Premier ministre écossais John Swinney, ses homologues du Pays de Galles, Rhun ap Iorwerth, et d'Irlande du Nord Michelle O'Neill, tous trois chefs de partis indépendantistes. 

Pour la première fois, les trois nations britanniques hors Angleterre sont dirigées par des partis favorables à une rupture avec Londres, ou à tout le moins à un changement profond de leur statut. En Irlande du Nord, Michelle O'Neill est devenue en 2024 la première responsable républicaine à prendre la tête du gouvernement local pour le Sinn Féin. En mai, le SNP a conservé sa domination en Écosse et Plaid Cymru est arrivé en tête au Pays de Galles.

Des référendums réclamés à Londres

The Telegraph révèlait, dimanche 13 septembre, que les trois États, veulent réclamer à Londres l'organisation de référendums sur l'indépendance écossaise et galloise, ainsi qu'un vote sur la réunification de l'Irlande. Cette initiative intervient alors que le débat sur l'avenir du Royaume-Uni est relancé par les succès électoraux des partis pro-indépendance.

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John Swinney a estimé dimanche que "chaque nation de ces îles se trouve à un moment charnière" et qu'il n'y avait "pas de signe plus clair que le statu quo n'est pas viable". Pour le chef du gouvernement écossais, Westminster doit désormais se préparer à "un avenir post-Royaume-Uni".


Mais les règles constitutionnelles restent strictes. En Irlande du Nord, l'accord du Vendredi saint prévoit qu'un référendum sur la réunification peut être convoqué si une majorité en faveur de cette option paraît probable. En Écosse, un nouveau scrutin d'indépendance suppose l'accord du Parlement britannique. Lors du précédent référendum, en 2014, le "non" l'avait emporté avec 55% des voix.

Une ouverture avec Burnham ?

L'organisation de tels votes dépend donc de Londres. Le Labour, revenu au pouvoir en 2024, a défendu pendant sa campagne le maintien d'une union forte entre les quatre nations du Royaume-Uni. Mais son dirigeant, Andy Burnham, a récemment nuancé sa position.

Après avoir jugé un référendum écossais "hors de question", le Premier ministre a finalement indiqué mercredi qu'un nouveau vote pourrait être envisagé en cas de "consensus clair". Une évolution qui rapproche sa ligne du mécanisme déjà prévu pour l'Irlande du Nord.


Les trois dirigeants nationalistes entendent profiter de cette ouverture. John Swinney vise un référendum sur l'indépendance de l'Écosse dans les deux ans. Rhun ap Iorwerth, plus prudent, met désormais surtout en avant une autonomie renforcée pour le Pays de Galles, tout en rappelant que son territoire est "une nation, pas une région d'Angleterre". Michelle O'Neill, elle, juge "tout à fait envisageable" un référendum sur la réunification irlandaise d'ici 2030.

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