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Alba Ventura : "Ségolène Royal, ou le retour en grâce de la Madone"

CHRONIQUE - Ségolène Royal fait son grand retour au gouvernement. Il va maintenant falloir gérer la suite. Le collectif n'est pas forcément le point fort de la nouvelle ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie.

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Ségolène Royal, ou le retour en grâce de la Madone Crédit Image : AFP / Fred Dufour | Crédit Média : RTL | Date :
Alba Ventura
Alba Ventura Journaliste RTL

C'est la vraie nouveauté - et sans doute la seule - du gouvernement Valls : le retour de Ségolène Royal. La présidente de Poitou-Charentes a été nommée ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie.

La revanche d'une brune

Elle n'est pas là aujourd'hui parce qu'elle a été la compagne de François Hollande ou parce qu'elle est la mère de ses enfants. Non ! C'est parce qu'elle était son ancienne compagne que le chef de l'État a dû s'en priver. C'est parce qu'il n'en était pas question, tant que Valérie Trierweiler était en couple avec le Président.

Pendant presque deux ans, François Hollande ne pouvait pas jouer l'atout Royal. Même si elle tapait régulièrement à la porte, en faisant savoir quelle était disponible. Il y a quelques mois, on a entendu dire que la "fatwa" était levée. S'il l'appelle aujourd'hui, c'est parce qu'elle est une personnalité politique reconnue, parce qu'elle compte dans le paysage socialiste.

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C'est le retour en grâce de la Madone, mais aussi la revanche d'une brune.

Royal apporte l'expérience

Ségolène Royal, c'est une professionnelle. D'abord parce qu'elle a, elle aussi, mené une campagne présidentielle (et dans dans des conditions pas toujours faciles : souvenez-vous la bagarre avec Fabius et DSK). Elle a été ministre plusieurs fois. Elle  dirige une région. Cela lui fait de l'expérience, quand même.

En fait, Ségolène Royal va apporter à François Hollande son poids politique, et à Manuel Valls son intuition politique. Sur la taxe carbone en 2009, elle avait ferraillé avec le Premier ministre de l'époque, François Fillon. Elle avait été la première à sortir du bois contre cet "impôt injuste qui allait assommer les familles modestes". À la rentrée dernière, elle était là aussi la première à sonner la charge contre le trop-plein d'impôts.

Elle a du "pif", comme on dit. En plus, elle a du toupet. Le revers de la médaille, c'est justement qu'elle a du toupet. Elle s'emballe , elle adore la com'. Jouer collectif n'est pas son fort. Elle n'est pas facile à gérer.

C'était amusant d'entendre ses premiers mots, mercredi 2 avril : "Il va falloir lutter contre le chômage (...) Il va falloir lutter contre l'insécurité". On avait envie de lui répondre : "Ouh, ouh, vous êtes ministre de l'Écologie et de l'Énergie". Il va falloir lui faire comprendre qu'elle n'est pas premier ministre.

"Vallso-compatible"

Elle peut s'entendre avec Manuel Valls, à condition qu'il n'essaie pas de la soumettre et de la contraindre . On ne tient pas "Ségo", on travaille avec. En même temps, c'est lui le Premier ministre. 

En fait, ce sont deux fauves politiques qui ont vécu des choses ensemble. Ils ont été compagnons d'armes. Valls a été son porte-flingue au moment de la guerre entre Royal et Aubry pour diriger le PS. "L'ordre juste" de Ségolène Royal, pendant la campagne de 2007, ça sonnait bien aux oreilles de Manuel Valls.

Depuis, leur chemin se sont séparés. Mais pendant l'affaire Leonarda, elle était montée au créneau pour le soutenir. On peut dire que Royal est "vallso-compatible".

Une bonne nouvelle pour l'écologie

Le choix de Ségolène Royal est une bonne nouvelle pour l'écologie. De toute façon, c'est toujours une bonne nouvelle pour un sujet d'être fortement incarné et défendu par une forte personnalité. Là, c'est le cas. Ce sera peut-être même plus efficace que si les Verts s'en étaient occupés. 

Après la fibre "verte" de Ségolène Royal, il va falloir qu'elle se marie avec sa détestation des impôts. Parce que l'écologie, pour l'instant, ce sont des impôts (écotaxe, taxe carbone..). Les jette-t-on à la poubelle ? Cela paraît très improbable. 

On connaît la formule : "Ministre, c'est une heure de bonheur, 24 heures de félicitations et des années d'ennuis". Les 24 heures sont écoulées.

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2014-04-03 13:28:18
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