3 min de lecture Élections municipales à Paris

Agnès Buzyn : "Un pari dont il serait bien présomptueux d'affirmer qu’il est perdu d’avance"

ÉDITO - La République En Marche à trouvé son nouveau candidat à Paris : Agnès Buzyn. Analyse de cette candidature.

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Agnès Buzyn : "Un pari qu'il serait bien présomptueux d'affirmer qu'il est perdu d'avance" Crédit Image : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Pauline de Saint-Remy
Pauline De Saint-Rémy
édité par Marie-Pierre Haddad

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a été désignée candidate à la mairie de Paris par LaREM. Elle remplace Benjamin Griveaux au pied levé. Cette décision a déjà fait couler beaucoup d’encre. Ce qui fait déjà, en soit, au moins une raison pour LaREM de se réjouir. 

Il faut se remettre quelques heures en arrière. Souvenez-vous, vendredi matin, quand les manœuvriers du parti présidentiel ont dû se mettre au travail dans l’urgence pour trouver un remplaçant à Benjamin Griveaux.

Les choix qui ont d’abord semblé s’imposer à eux n’étaient pas glorieux. On ne parlait que de personnalités de second rang. Citons, par exemple, l’ancien secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi, qui n’a même pas été au bout de sa candidature à la candidature, l’an dernier. Il y avait aussi Pierre-Yves Bournazel, un ex député LR, dont le ralliement à Benjamin Griveaux n’a pas rapporté l’ombre d’un point à LaREM. 

Un risque pour Macron et pour l'ex-ministre

Bref, ce qu’on nous annonçait c’était le genre de choix qui aurait fait dire aux commentateurs que nous sommes, que foutu pour foutu, Emmanuel Macron avait décidé de tirer un trait sur cette élection. Avec Agnès Buzyn, c’est tout le contraire. 

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Sa candidature suscite tellement de réactions, bonnes ou mauvaises, que les marcheurs, un peu grisés, y voient  la preuve que leurs rivaux sont pétrifiés. Je n’irais pas jusque-là, mais il y a une chose qui est incontestable : cette décision est une prise de risque pour le président comme pour son ex-ministre. C'est un pari. Et ce serait bien présomptueux d'affirmer qu’il est perdu d’avance…

Agnès Buzyn a-t-elle ses chances ? J'estime seulement qu'elle a quelques atouts dans sa manche. D’abord elle a de toute évidence, non pas un "capital sympathie", comme me le disait un macroniste à qui j’en parlais, mais une aura. On pourrait dire plus familièrement qu’elle "en impose". Qu’on approuve ou pas son action au ministère de la Santé, elle est médecin de profession, elle a la légitimité de la blouse blanche. Et son image, elle a su la préserver - en tout cas en dehors du milieu hospitalier - en sortant très rarement de son couloir. 

Agnès Buzyn, une redoutable adversaire

Alors certes, elle n’a aucune expérience comme élue, mais c’est une femme à poigne. C'est son deuxième atout. Je peux vous dire que plus aucun de ceux qui l’ont côtoyée depuis trois ans ne se fie à son air quelque fois intimidé. Je l’ai interrogée un jour sur un arbitrage ministériel qu’elle venait de remporter à la surprise même de ses collègues les plus roués. 

Je l’avais flattée volontairement pour voir comment elle réagissait. Vous savez ce qu’elle m’a répondu, d’une voix toute basse mais du tac au tac ? "En fait, je gagne souvent mes batailles. De façon rationnelle et efficace". Je peux vous dire une chose, si Agnès Buzyn a fait le choix de renoncer à son ministère pour se lancer dans cette campagne, ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron lui a tordu le bras. C’est parce qu’elle croit que c’est possible. 

Une forme de renouvellement

Mais est-ce qu’elle correspond aux attentes des Parisiens ? Elle a en tout cas un avantage pour la candidate d’une ville qui a massivement voté Macron en 2017 : elle répond à priori à la promesse du macronisme, mais sans l’incarner dans ce qu’il a de réducteur, d’arrogant, comme c’était le cas pour Benjamin Griveaux. D’abord parce qu’elle vient de la "société civile". 

Elle incarne, du coup, une forme de renouvellement. Ensuite par son positionnement politique très "en même temps" avec - pour ce qu'on en connaît - à la fois une fibre sociale, une fibre budgétaire et un certain degré de libéralisme sur les questions de société - elle pourra d’ailleurs se targuer d’avoir fait adopter la PMA pour les couples de femmes. Le problème, le vrai problème à mon avis, c’est qu’Agnès Buzyn a toujours dit depuis 3 ans, qu’elle n’avait accepté d’être d'entrer au gouvernement que pour "sauver l’hôpital public". Or, on ne peut pas dire que sa mission soit accomplie. Elle faisait partie de ces rares ministres dont le portefeuille semble être la raison d’être politique. 

Ce qui fait que non seulement sa candidature donnera à coup sûr du grain à moudre à ses détracteurs et à ceux d’Emmanuel Macron dans les hôpitaux - seul l’avenir dira s’ils sont "prescripteurs d’opinion", comme certains le redoutent  en macronie - mais en plus elle va nous la donner à voir sous un jour très différent, celui d’une femme politique tout simplement. Sa sincérité sera désormais questionnée. Sa légitimité, aussi. Bref, pour elle qui n'a pas l'habitude de perdre, pour elle qui n'a jamais fait campagne, c’est une toute nouvelle mission qui commence. 

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