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Affaire Lyhanna : "Une dégradation du débat public", la députée Ensemble pour la République Laure Miller juge sur RTL que les politiques sont "plus intéressés par le buzz que par le fond"

Invitée de RTL ce mercredi 17 juin, la députée revient sur son coup de gueule survenu à l’Assemblée nationale en pleine affaire Lyhanna. Elle dénonce une "dégradation du débat public" et appelle à un travail législatif rapide et transversal sur la protection de l’enfance.

La députée Ensemble pour la République de la Marne, Laure Miller ce mercredi 17 juin

Crédit : RTL

Affaire Lyhanna : "Une dégradation du débat public", la députée Ensemble pour la République Laure Miller juge sur RTL que les politiques sont "plus intéressés par le buzz que par le fond"

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Thomas Sotto

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Invitée de RTL ce mercredi 17 juin, la députée Ensemble pour la République de la Marne, Laure Miller revient sur ce coup de sang tenu le mardi 9 juin dernier à l'hémicycle, qu’elle dit avoir été "non prévu" sur l'affaire Lyhanna. Elle évoque ce mercredi un "ras-le-bol généralisé" au micro de RTL et un décalage persistant entre les attentes des Français et les réponses politiques, notamment après la mort de la collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé dans le Gers.

Selon elle, le débat parlementaire est devenu trop souvent un "vase clos", où dominent la "petite phrase" et le "clash". L'élue macroniste estime : "On n’est plus intéressés par le fond, mais par le buzz", pointant aussi la place prise par les réseaux sociaux dans "la dégradation du débat public".

Interrogée sur cette impression de déconnexion politique, la députée refuse toutefois de généraliser. Elle insiste sur le fait que de nombreux élus travaillent « sérieusement », tous bords politiques confondus, mais qu’ils sont moins visibles car moins présents dans le débat médiatique.

Une parole qui bouscule sa propre perception de la politique

La députée va plus loin en évoquant un malaise plus personnel. La phrase prononcée à l’Assemblée - "Si être député en 2026, c’est ça, je ne me sens pas député" - a marqué les esprits.

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Elle nuance toutefois ce constat. Si elle reconnaît une forme de lassitude face aux pratiques politiques, elle affirme ne pas être "dégoûtée". Elle rappelle avoir déjà fait adopter, avec des élus de différents groupes, deux propositions de loi sur l’enfance depuis le début de son mandat.

"Les choses sont possibles quand on est sur des sujets qui concernent tout le monde", souligne-t-elle, en insistant sur le caractère transpartisan de certains travaux parlementaires. 

Réactions politiques et émotion publique

Après son intervention, Laure Miller dit avoir reçu de "énormément de messages" de citoyens, qu’elle décrit comme "bouleversants". Elle évoque aussi des retours de collègues députés partageant un sentiment similaire de frustration vis-à-vis du fonctionnement institutionnel.

Elle affirme également avoir été soutenue indirectement par des proches du Premier ministre Sébastien Lecornu, dont l’équipe lui aurait indiqué qu’elle exprimait "ce que beaucoup de Français pensaient".

Responsabilités, justice et débat politique

Sur le fond du débat autour des violences faites aux enfants, la députée reconnaît la nécessité d’identifier des responsabilités dans les dysfonctionnements récents, mais refuse de réduire l’analyse à cette seule dimension.

Elle évoque une double lecture : celle des responsabilités ponctuelles et celle des défaillances structurelles. Elle insiste sur la prévention : "Ce qui a manqué, c’est la question de la prévention et de l’ambition sur la protection de l’enfance". 

Elle regrette que des dispositifs comme l’ordonnance de protection immédiate ou certaines pistes évoquées sur la justice des mineurs n’aient pas été suffisamment discutés lors des débats récents.

Interrogée sur les critiques visant le ministre de la Justice Gérald Darmanin, elle estime que chaque responsable public porte une part de responsabilité, tout en rappelant que ce dernier a lui-même évoqué la possibilité de quitter ses fonctions si nécessaire.

Elle juge néanmoins que la justice française souffre de problématiques anciennes. Le budget a certes augmenté, reconnaît-elle, mais sans résoudre des difficultés structurelles accumulées depuis "40 ans" selon ses propos.

Légiférer vite ou prendre le temps ?

À propos des révélations sur un rapport de 2023 évoquant des procédures non traitées, elle se montre prudente : "Je n’ai pas les informations pour dire s’il a été volontairement caché."

Elle ajoute néanmoins : "Il faut pouvoir avoir accès à tous les rapports pour comprendre ce qui se passe dans notre pays". Elle critique aussi le syndicat de la magistrature : "Ils font de la politique, ce n’est pas leur place."

Sur la méthode, la députée met en garde contre les réactions à chaud. "Dès qu’il y a une crise, on se jette sur une réponse immédiate", regrette-t-elle.
Elle plaide pour une séquence de travail approfondie : "Deux mois pour se dire quelle grande ambition d’État on peut construire, comme en Espagne".
Et conclut : "On est au pied du mur. Rien ne nous empêche de faire ça".

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