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"On a appelé un neveu dans l'Aube" : un éleveur forcé de parcourir 130 km en tracteur pour trouver de la paille

Face à la sécheresse historique à travers le pays, certains éleveurs manquent de céréales pour nourrir leurs bêtes. Philippe Limaux, éleveur des Vosges, raconte sur RTL son périple pour trouver la paille dont il avait besoin.

Le pressage et le ramassage de la paille après une récolte précoce de céréales provoquée par une vague de chaleur estivale.

Crédit : Philippe LOPEZ / AFP

"Ils ont fait un geste" : l'entraide dans le monde agricole face à une sécheresse exceptionnelle

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Samuel Goldschmidt

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Des troupeaux privés d'herbe et de paille. La sécheresse historique que vit le pays continue d'inquiéter les agriculteurs. En Haute-Saône, la solidarité s'organise entre agriculteurs, éleveurs et céréaliers pour pallier la pénurie de paille, malgré une logistique complexe. Certains vont jusqu'à faire faire plusieurs heures de trajet en tracteur.

Philippe Limaux, président de la Coopérative d'utilisation des matériels agricoles des Monts Faucilles, achète tous les ans de la paille pour ses vaches chez des collègues autour de sa ferme de Haute-Saône. Mais les rendements sont si catastrophiques cette année qu'il a dû agir en urgence. "D'habitude, on rentre à peu près 500 tonnes de paille. Cette année, on avait à peu près 320 tonnes de paille quand on a fini la saison", explique l'éleveur de bovins sur RTL.

"Donc on a appelé un neveu qui est dans l'Aube. Il nous a trouvé une centaine d'hectares de paille pour les trois fermes concernées", poursuit cet éleveur des Vosges.

Un coup de pouce inespéré

"J'ai essayé de chercher un peu autour. On a des blés qui ont sorti jusqu'à 6 tonnes de paille à l'hectare", décrit le neveu Kevin Limaux, à Pars-lès-Chavanges, dans le Grand Est. Les éleveurs en quête de paille ont parcouru jusqu'à 130 kilomètres en tracteur. "Il y en a un qui est venu presser (la paille), qui est resté deux jours. Le deuxième jour, ils sont venus à deux tracteurs de plateau. J'ai laissé un tracteur pour les aider à tout remettre en meule", poursuit-il.

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Un total de 500 tonnes de paille ont été ramenées en Haute-Saône en tracteur ou en camion dans les trois fermes. Les céréaliers ont su proposer un tarif solidaire. "Ils ne nous l'ont pas donnée parce que ça a un coût quand même a produire, mais vraiment ils ont fait un geste pour qu'au final, avec le pressage, le transport, on arrive a des coûts inférieurs à 100 euros de la tonne", salue Philippe Limaux.

Ce coup de pouce était inespéré car les agriculteurs n'ont pas fini de souffrir. Les récoltes d'automne s'annoncent déjà désastreuses.

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