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Affaire Benalla : les questions qui restent en suspens

ÉCLAIRAGE - Les sénateurs vont interroger Alexandre Benalla en commission mercredi 19 septembre, sur ses missions au sein de l'Élysée.

Alexandre Benalla et Brigitte Macron le 12 octobre 2017
Alexandre Benalla et Brigitte Macron le 12 octobre 2017
Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad & AFP

La convocation d'Alexandre Benalla devant le Sénat aura été un chapitre entier de l'affaire qui a miné l'été et la rentrée d'Emmanuel Macron et de l'exécutif. L'ancien chargé de mission de l'Élysée a provoqué la colère des sénateurs en menaçant de ne pas se rendre à sa convocation. Finalement, "contraint", il a annoncé qu'il y serait présent

Présent, oui mais pas forcément bavard. Filmé en train de frapper un manifestant le 1er Mai, l'ex-collaborateur du chef de l'Etat est mis en examen pour "violences en réunion". Sont également convoqués au Sénat Vincent Crase, chef d'escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, filmé à ses côtés et également mis en examen, ainsi que Yann Drouet, ancien chef de cabinet du préfet de police de Paris. 

Philippe Bas, le président Les Républicains de la commission des Lois du Sénat, s'était d'abord montré réticent à l'idée d'entendre Alexandre Benalla, au motif qu'il était mis en cause dans une enquête judiciaire.        

Un duel entre l'Élysée et le Sénat

La décision de l'auditionner a été prise au regard notamment des "contradictions" apparues lors des précédentes auditions. Mais aussi parce que Alexandre Benalla, qui s'est exprimé à plusieurs reprises dans la presse, avait lui-même dit cet été avoir "plutôt envie" d'être auditionné. 

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Mais ça, c'était avant. Alexandre Benalla a opéré un volte-face la semaine dernière. Avant même d'avoir reçu sa convocation, l'ancien chargé de mission décidait de l'ignorer, puis admettait qu'il était "contraint" d'y répondre. Son avocat a indiqué étudier "des recours possibles". Il a aussi évoqué l'éventualité de demander un huis clos, alors que toutes les auditions de la commission ont été publiques. "Le président et les rapporteurs statueront si une telle demande est faite", s'est borné à commenter Jean-Pierre Sueur, co-rapporteur PS, interrogé lundi par l'AFP
                  
L'affaire a pris une tournure politique, exécutif et sénateurs s'écharpant sur la question de la séparation des pouvoirs. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a souligné le risque d'un "empiétement sur le domaine judiciaire".

Une audition sur le "fonctionnement de l'État"

Les sénateurs nient ces accusations. "Nous avons beaucoup de questions à lui poser indépendamment de ce qui relève stricto sensu de la justice", "ce qui nous intéresse c'est le fonctionnement de l'État", martèle Jean-Pierre Sueur. 

Christophe Castaner, secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement et patron du parti du président, La République En Marche, a lancé un autre type de mise en garde : une commission d'enquête qui voudrait "s'arroger un pouvoir de destitution" du président "commettrait une faute constitutionnelle"

La commission a reçu le soutien de François Bayrou, président du MoDem, partenaire de la majorité, pour qui "c'est normal que le Parlement joue son rôle". Mais les trois sénateurs La République En Marche, membres de la commission ne participeront pas à l'audition d'Alexandre Benalla.  

Une fiche de poste encore floue

À ce stade, la commission d'enquête n'a pas obtenu toutes les réponses à ses interrogations sur le rôle joué à l'Élysée par Alexandre Benalla. Elle cherche en particulier à établir s'il a rempli une fonction de protection personnelle du président, ce qui relèverait d'un "dysfonctionnement" des services de l'État, cette tâche sensible étant dévolue à des unités d'élite de la police et de la gendarmerie, 

La commission n'a pas eu accès à la fiche de poste de ce proche d'Emmanuel Macron, pas plus qu'à sa feuille de paie. Selon le chef de cabinet du président, François-Xavier Lauch, supérieur direct d'Alexandre Benalla, ses fonctions étaient pourtant "extrêmement claires" : "Organisation des déplacements nationaux du président", "organisation des événements au palais de l'Élysée" et "coordination" des deux services de sécurité de l'Élysée. 

Alexandre Benalla était "un petit peu la charnière entre ce que fait le GSPR et le commandement militaire", a complété le commandant militaire de l'Élysée, le général Bio-Farina. "On s'approche de la reconnaissance qu'il jouait bien un rôle en matière de sécurité", déclarait Philippe Bas à l'issue des dernières auditions. Mais "il y a toujours un refus d'admettre qu'il pouvait avoir un rôle de protection rapprochée", relevait-il. Malgré "un permis de port d'arme" et de nombreuses images où on le voit au côté du président. 

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