3 min de lecture Enquête

Affaire Benalla : le résumé du bras de fer avec le Sénat en 3 questions

ÉCLAIRAGE - Alexandre Benalla a déclaré "n'avoir aucun respect" pour le Sénat. Des propos qui ont déclenché une polémique après l'annonce de sa convocation, prévue le 19 septembre prochain.

Emmanuel Macron et Alexandre Benalla en mars 2018
Emmanuel Macron et Alexandre Benalla en mars 2018 Crédit : WITT/SIPA
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La saison 2 de l'affaire Benalla commence fort. Le Sénat a débuté ses auditions, ce mercredi 12 septembre, avec François-Xavier Lauch et a convoqué Alexandre Benalla le 19 septembre prochain. 

"Je déplore qu'on m'impose ainsi de comparaître devant une commission qui n'a aucune légitimité à poursuivre ses travaux au mépris des principes fondamentaux de notre constitution", a écrit Alexandre Benalla, avant d'entamer un bras de fer avec la chambre haute


Ce mercredi 12 septembre, l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron a sonné la charge contre le Sénat en déclarant, sur Franceinfo, "ce sont des petites gens, qui n'ont jamais existé dans le paysage politique français et qui aujourd'hui, à travers Benalla, veulent essayer d'avoir le président Macron. Mais ils n'y arriveront pas ! (...) Très sincèrement, je vous le dis franchement, j'ai aucun respect pour eux".

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1. Pourquoi le Sénat convoque-t-il Alexandre Benalla ?

Les fonctions d'Alexandre Benalla à l'Élysée sont au cœur des auditions de la commission d'enquête sénatoriale, qui poursuit ses travaux imperturbablement malgré la polémique sur l'audition à venir de l'ex-chargé de mission d'Emmanuel Macron

"Nous poursuivons nos auditions pour tenter de lever des contradictions" et "établir le fonctionnement" des différents services de l'État, a déclaré Philippe Bas, président de la commission des lois au Sénat, à l'ouverture des travaux. Il s'agit en particulier de déterminer le rôle qu'a pu avoir ce collaborateur dans la sécurité du chef de l'État. 

Placide, Philippe Bas n'a pas commenté l'attaque d'Alexandre Benalla qui l'a qualifié de "petit marquis" après avoir fini par accepter de se rendre à une future convocation du Sénat, a priori prévue pour le 19 septembre. 

2. Benalla pouvait-il ignorer la convocation du Sénat ?

À peine le Sénat a dévoilé la date de la convocation de l'ancien membre du cabinet du président de la République, que le principal concerné a répondu par la négative. Quelques heures plus tard, il a finalement annoncé que "contraint", il se rendrait devant la commission d'enquête pour éviter des "poursuites judiciaires".

Il est absolument impossible de se soustraire à cette convocation, explique Thomas Prouteau, journaliste chez RTL. "C'est la loi et les sénateurs ont été très clairs hier après-midi. Au besoin, ils étaient près à envoyer la force publique pour contraindre Alexandre Benalla à venir témoigner. Niveau communication, les images auraient été potentiellement désastreuses. Sans compter les poursuites judiciaires prévus par le Code pénal", indique-t-il. 

En effet, Alexandre Benalla aurait pu écoper de deux ans de prison et 7.500 euros d'amende. D'après lui, seule la justice est fondée à l'entendre, pas le Sénat. Il a d'ailleurs averti, qu'il ne répondra a aucune question sur l’enquête, ce qui est normal puisque les sénateurs n'ont pas le droit d'empiéter sur les juges. Mais aussi sur tout ce qui touche au secret-défense et au secret professionnel. 

3. Quelle est la réaction du gouvernement ?

Nicole Belloubet, la ministre de la Justice est elle-même intervenue dans le débat, relevant qu'"il ne peut pas y avoir d'interférences" entre une commission d'enquête et une information judiciaire. 

Invité de RTL Soir, Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement explique que Philippe Bas "est en train de faire une campagne politique personnelle. (...) (Il) serait bien avisé de s'occuper un peu plus des Français et un peu moins de sa carrière politique".

Et d'ajouter : "Les Français ont envie de parler de la rentrée", poursuit le politicien, qui souffle le chaud et le froid quant à une éventuelle candidature à la mairie de Paris. "C'est un principe de séparation des pouvoirs". Le fait qu'Alexandre Benalla refuse d'honorer une convocation est "son droit le plus strict, le droit à un procès équitable, le droit de se taire", tranche le pilier de la majorité.

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ÉCLAIRAGE - Alexandre Benalla a déclaré "n'avoir aucun respect" pour le Sénat. Des propos qui ont déclenché une polémique après l'annonce de sa convocation, prévue le 19 septembre prochain.
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