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Le président du Rassemblement National (RN) et eurodéputé Jordan Bardella à Carcassonne, ce 7 février 2026.
Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP
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D’après le sondage de BFTMV publié ce mercredi 25 février, 63% des Français ont déclaré qu’ils "feraient barrage" à La France insoumise (LFI) au second tour d’une élection, contre 45% face au Rassemblement national (RN).
Ce différentiel est intervenu alors que, depuis la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque le 14 février à Lyon et la mise en examen de plusieurs membres affiliés à La Jeune Garde antifasciste, organisation cofondée par le député LFI Raphaël Arnault. Le drame a impliqué Jacques-Elie Favrot, l'assistant parlementaire du député insoumis qui fait partie des sept suspects mis en examen. Depuis, des responsables politiques ont appelé à se désolidariser du parti de Jean-Luc Mélenchon.
Le 18 février, le président du RN, Jordan Bardella, a ainsi plaidé pour l'élargissement du "cordon sanitaire", historiquement dirigé contre le RN. L'objectif étant d'"'isoler La France Insoumise", selon ses propos. Dans le camp présidentiel, la ministre Aurore Bergé a conseillé au RN de "retirer ses candidats dans les villes où LFI peut gagner". Elle est allé jusqu'à qualifier le parti "d'anti-France" sur CNews puis BFMTV, le 22 février dernier.
Le lendemain, celle-ci a déclaré, sur BFMTV, souhaiter que chacun "clarifie" sa position, renvoyant dos à dos les deux formations : "ni RN, ni LFI. Jamais, ni l’un ni l’autre". Une ligne réaffirmée ce mercredi 25 février par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon en exprimant : "ni RN, ni LFI".
Dans le camp présidentiel, 81% des sympathisants se sont dits prêts à faire barrage à LFI, contre 66% face au RN, selon ce sondage.
À droite, la position est, sans surprise, plus nette. Le chef des députés Les Républicains, Laurent Wauquiez, qui qualifiait déjà en mai dernier les insoumis de "menace pour la France" et "ayant du sang sur les mains", et le président du parti, Bruno Retailleau, ont tous deux plaidé récemment pour un "cordon sanitaire" contre LFI. Dans leurs rangs, 90% des sondés se sont dits prêts à faire barrage à LFI, contre seulement 31% face à un candidat RN.
Pour le politologue Philippe Marlière, l’extrême droite et la droite en profitent pour assimiler LFI et "terrorisme d’ultragauche", a-t-il analysé dans Le Monde. Il a, dans ce sens, observé "une dynamique confusionniste", avec la "banalisation du RN".
À gauche, seuls 30% des sondés ont déclaré qu’ils feraient barrage à LFI, tandis que 82% se mobiliseraient contre le parti de Marine Le Pen.
La question a aussi divisé la gauche. L’ancien président de la République, François Hollande, aujourd’hui député socialiste de Corrèze, a estimé le 18 février sur BFMTV que "la relation avec LFI [était] rompue".
Candidat aux législatives de 2024 sous la bannière du Nouveau Front populaire, il a considéré que La France insoumise "avait manqué à ses engagements" et qu’aucune alliance ne devait être conclue pour les prochaines échéances. Il a également jugé que Jean-Luc Mélenchon ne devait pas être présent au second tour de la prochaine présidentielle.
Selon le sondage, 70% des Français ont approuvé cette position. Mais au sein du Nouveau Front populaire (NFP), les avis sont partagés. Les sympathisants socialistes y ont adhéré massivement (88%), quand l’ensemble des électeurs de la coalition se sont montrés plus divisés.
En parallèle, la veille de la publication du sondage, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet s’est dit prêt à "travailler" avec sa rivale insoumise Anaïs Belouassa Cherifi en vue du second tour des municipales ce mardi 24 février dans un débat politique diffusé sur BFMTV.
Si cette alliance se fait, elle sera "sous certaines conditions" a-t-il précisé sur le plateau. Le maire sortant a fixé une ligne rouge : "On ne désarmera pas la police municipale." Il a également indiqué qu’aucune personne "impliquée dans des violences" ne pourrait intégrer son équipe, dans un contexte où, après la mort du militant d'ultradroite Quentin Deranque, les appels à la rupture avec LFI se sont multipliés.
Interrogés sur l’hypothèse d’un second tour des municipales avec plusieurs listes de gauche qualifiées, 21% des Français privilégieraient un accord excluant LFI, 15% une alliance incluant le mouvement, 36% rejetteraient tout accord et 28% ne se se sont pas prononcés.
Chez les électeurs du NFP, une majorité (52%) a souhaité un accord intégrant LFI, contre 33% favorables à une alliance sans ce mouvement et 7% opposés à tout rapprochement. À l’inverse, 72% des sympathisants du Parti socialiste ont privilégié un accord excluant LFI.
La séquence liée à la mort du militant identitaire Quentin Deranque, membre du collectif d'extrême droite Némésis, a semblé avoir affecté l’image de La France insoumise. Pour 44% des Français, ces événements ont détérioré l’image qu’ils ont du parti. Une majorité relative (52%) a estimé toutefois que cela n’avait rien changé, tandis que 3% ont jugé que l’image de LFI s’est améliorée.
La dégradation est particulièrement marquée chez les électeurs d’Ensemble et du RN. Mais elle a aussi touché une partie de la gauche : près d’un électeur du NFP sur quatre et quatre sympathisants socialistes sur dix ont déclaré que ces événements ont altéré leur perception du mouvement.
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