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Mort de Quentin Deranque : le gouvernement a saisi la justice pour enquêter sur une possible "reconstitution" de la Jeune Garde

Suite à l'agression mortelle d'un militant d'extrême droite à Lyon, le gouvernement a saisi la justice pour enquêter sur une possible reconstitution de la Jeune Garde, un groupe antifasciste.

La Jeune garde antifasciste (illustration)

Crédit : Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

AFP & Sophie Neumayer - édité par Eléonore Aparicio

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Dix jours après la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, le gouvernement a annoncé mardi de premières mesures visant le groupe antifasciste la Jeune Garde, soupçonné de "reconstitution", et plusieurs de ses "émanations".

Emmanuel Macron a réuni dans la matinée à l'Elysée les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, ainsi que les services de renseignement pour évoquer "les groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques". Il s'agit de la riposte gouvernementale en parallèle de l'enquête judiciaire sur le décès du jeune homme de 23 ans battu à mort par des membres de l'ultragauche à Lyon, dans laquelle sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité.

Plusieurs suspects sont proches de la Jeune Garde antifasciste, groupe fondé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault, aujourd'hui député de La France insoumise, et dissous en juin 2025. Laurent Nuñez a donc saisi "il y a deux jours" le parquet de Paris d'un "dossier de reconstitution de ligue dissoute de la Jeune Garde", a fait savoir un participant à la réunion élyséenne à des journalistes.

Des procédures de dissolution contre des groupes d'ultradroite et d'ultragauche

Avant le décès de Quentin Deranque, les services de renseignement surveillaient déjà des "velléités de reconstitution" de groupuscules liés au mouvement dissous "sur cinq territoires au moins", a expliqué ce responsable. "Les faits gravissimes de Lyon" viennent "étayer" ce dossier, a-t-il ajouté. En outre, le chef de l'Etat a demandé à Beauvau de lancer des procédures de dissolution contre ces cinq "émanations" locales identifiées de la Jeune Garde, a poursuivi ce participant, refusant de préciser sur quels territoires elles opèrent.

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Sans lien avec le décès du militant, des procédures de dissolution étaient déjà engagées contre trois structures "d'ultradroite" et une "d'ultragauche", qui devraient aboutir "dans les deux mois qui viennent", selon cette source. Une source proche du dossier avait dit lundi à l'AFP que deux de ces groupuscules d'ultradroite visés étaient le Bloc montpelliérain et Patria albiges d'Albi.

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron à l'Elysée en 2017, 24 groupes de la "mouvance ultra" ont été dissous - 19 à l'ultradroite et cinq à l'ultragauche - selon le gouvernement, qui assure ne pas privilégier "un camp par rapport à un autre". "On les traite de la même façon", a insisté le participant, qui chiffre à un peu plus de 5.000 les personnes de "toutes les mouvances ultra confondues" qui sont suivies par les services, sachant que "la constellation des ultradroite est plus importante que la constellation des ultragauche".

"Préoccupation" pour les municipales

Le président de la République a veillé depuis la mort de Quentin Deranque à dénoncer la violence politique qu'elle vienne des "mouvements d'extrême gauche" comme "d'extrême droite", appelant tous les "extrêmes" à "faire le ménage" dans leurs rangs.

Alors que les condamnations se sont concentrées sur la Jeune Garde, et que LFI est pointée du doigt par une grande partie de la classe politique pour ses liens avec ce groupe, le député de gauche François Ruffin a écrit au ministre de l'Intérieur pour lui demander de dissoudre le collectif Némésis, un groupe identitaire proche de l'extrême droite qui se revendique féministe.

Interrogé à ce sujet, le participant à la réunion autour d'Emmanuel Macron s'est borné à répondre que l'administration s'attache à documenter "les faits de violence" de "toutes les structures", pour ensuite déterminer d'éventuelles procédures de dissolution. Le chef de l'Etat a par ailleurs exprimé sa "préoccupation" au sujet de possibles violences émaillant la campagne pour les élections municipales de mars, et a demandé à l'exécutif à veiller à ce qu'elle "se déroule sereinement".

Selon cette source, depuis le décès du jeune militant, "22 permanences parlementaires de LFI ont été dégradées". La crainte concerne notamment d'éventuelles "contre-manifestations" incluant des militants "ultras" autour de meetings des insoumis ou du Rassemblement national.

La question des "grandes porosités" entre "certaines de ces mouvances ultra" de gauche ou de droite et des institutions de la société civile a enfin été examinée "sans aucun tabou", selon ce participant. Aucune mesure n'a été annoncée à cet égard, mais l'exécutif s'alarme de voir "de plus en plus de mouvances ultra qui noyautent" des universités ou des syndicats.

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