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Des sécheresses importantes ou au contraire des pluies diluviennes : le prochain phénomène El Niño devrait battre "des records" d'intensité

Le phénomène El Niño, causé par une variation naturelle du climat qui réchauffe les températures de surface dans l'océan Pacifique, doit se produire de nouveau cette année. Selon l'ONU, il pourrait atteindre des records d'intensité entre juillet et septembre.

Inondations à Ayolas au Paraguay le 3 novembre 2023, attribuées au phénomène El Niño

Crédit : NORBERTO DUARTE / AFP

Laurène Rocheteau & AFP

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Un phénomène climatique record ? Le prochain El Niño, actuellement en formation, devrait battre "des records" en termes d'intensité, a déclaré ce mardi 7 juillet Tim Stockdale, expert d'El Niño au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, suscitant des inquiétudes quant aux sécheresses, inondations et autres phénomènes extrêmes qui l'accompagnent.

Selon l'expert, El Niño ne ressemble cette fois à rien de ce qu'il a observé au cours de plus de trois décennies d'études du phénomène. "Je pense qu'il est tout à fait juste de dire que nous n'avons jamais eu de prévision d'un El Niño aussi puissant", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse, en précisant que les modèles de prévisions climatiques convergent tous en ce sens, et ajoutant qu'il s'attend à ce "qu'il batte des records".

Vendredi, l'ONU avait déjà alerté sur un renforcement rapide de l'El Niño en cours qui devrait atteindre une "forte intensité" entre juillet et septembre (niveau 3 sur 4), augmentant la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde. 

Des événements climatiques parfois extrêmes

Début juin déjà, Météo-France évoquait la possibilité d'un "super El Niño" qui pourrait alors "contribuer, en se superposant au réchauffement de long terme induit par les activités humaines, à atteindre à l’échelle planétaire en 2026-2027 une valeur de température moyenne proche ou supérieure au record de 2024". Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) souligne lui aussi la probabilité d'un événement majeur : "en juin 2026, les prévisions indiquent deux tiers de chance qu’El Niño soit intense et un tiers qu’il soit modéré à fort", écrit l'institut sur son site.

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Pour rappel, El Niño est une variation naturelle du climat qui réchauffe les températures de surface dans le centre et l'est de l'océan Pacifique équatorial, entraînant des changements à l'échelle mondiale au niveau des vents, de la pression atmosphérique et des régimes pluviométriques. Le phénomène se produit généralement tous les deux à sept ans, et peut alors causer des événements climatiques extrêmes.

Le CNRS prévoit ainsi "des impacts importants" d'El Niño sur le climat mondial : "En Indonésie et dans le nord de l'Australie, il pleuvra beaucoup moins et ces pays souffriront de sécheresses importantes". Mais au contraire, sur les côtes du Chili et au Pérou, "les pluies augmenteront avant de se propager aux autres régions des Tropiques et jusqu’en Californie. Tandis qu’en Polynésie française les ouragans et les pluies augmenteront, le nombre de cyclones diminuera dans les Antilles. L’Afrique de l'Est subira des inondations, et l’agriculture en Afrique centrale en subira les effets".

Un impact au niveau mondial

Combiné au changement climatique d'origine humaine, le dernier El Niño avait contribué à faire de 2023 la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, et de 2024 l'année la plus chaude de tous les temps. Selon le CNRS, certains événements extrêmes liés au phénomène, comme les inondations, sont accentués par le dérèglement climatique, mais "il n'est pas encore possible de savoir si le réchauffement climatique a un impact sur El Niño lui-même", ni sur la fréquence ou la force du phénomène. 

Outre l'aspect climatique, El Niño a également des conséquences économiques au niveau mondial, explique le CNRS : "Si l’Australie produit moins de blé, cela aura une incidence sur les cours mondiaux", tandis que la pêche dans les eaux du Pérou et du Chili, directement impactée par le phénomène, représente "la moitié de la production des farines issues de poissons dans le monde". Mais grâce aux prévisions, les marchés sont depuis parvenus à s'organiser : "El Niño est désormais intégré à notre économie mondialisée", conclut le CNRS. 

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