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Par temps de canicule, les besoins en eau sont fortement augmentés.
Crédit : DENIS CHARLET / AFP
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La quasi-totalité de la France est placée en vigilance canicule (49 départements sont en vigilance rouge) ce lundi 22 juin, les températures dépassent localement les 40°C. Invitée sur RTL, la climatologue Valérie Masson-Delmotte estime que l’Europe et la France se réchauffent plus vite que la moyenne mondiale, avec pour conséquence "une augmentation de la fréquence, de l’intensité, de la durée et de la saison des vagues de chaleur".
La membre du Haut Conseil pour le climat et coprésidente du groupe 1 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) souligne aussi que l’épisode actuel est d’autant plus marquant qu’il survient dès la fin du mois de juin. C'est à dire "au moment de la Fête de la musique, quand les enfants sont à l’école, quand la plupart des gens travaillent", or avant cela se produisait "en plein été", lors des vacances.
Elle rappelle qu’après la canicule meurtrière de 2003, des mesures ont été prises pour gérer les crises comme le Plan canicule, mais juge que le pays reste insuffisamment préparé. "Nos infrastructures, nos aménagements, nos rythmes de vie ont été pensés pour un climat qui n’existe plus. Nous ne sommes pas suffisamment préparés au climat d’aujourd’hui, encore moins à celui de demain", prévient-elle.
La scientifique insiste également sur les conséquences sanitaires du réchauffement. "Une des conséquences les plus graves du réchauffement, c’est l’augmentation de la mortalité liée à la chaleur". Elle rappelle que "5.700 personnes sont décédées durant l’été 2025, notamment du fait de la chaleur", selon les données de Santé publique France.
Selon elle, les épisodes extrêmes deviennent progressivement la norme. "Si vous prenez le nombre de vagues de chaleur en France, il y en a eu autant depuis 2011 qu’entre 1940 et 2010", souligne-t-elle. "Le moment où on atteignait 40 degrés au XXe siècle, c’était rarissime. Maintenant, cela se produit tous les ans selon les régions".
Interrogée sur la possibilité de voir un jour les thermomètres atteindre 50°C dans les grandes villes françaises, Valérie Masson-Delmotte juge ce scénario peu probable à court terme, mais envisageable dans les prochaines décennies.
"Cela impliquerait d’échouer à tenir l’accord de Paris sur le climat", explique-t-elle. Dans un monde réchauffé de 2°C à l’échelle mondiale vers 2050, "la pire vague de chaleur pourrait, avec les effets d’îlots de chaleur, atteindre 50 degrés en région parisienne".
"Aujourd’hui, on considère que c’est très peu plausible", tempère-t-elle. "Mais d’ici 24 ans, c’est une possibilité à laquelle il faut se préparer". Selon elle, cette perspective impose d’adapter dès maintenant les infrastructures critiques, qu’il s’agisse des transports ou encore des établissements accueillant les personnes les plus vulnérables.
Face aux températures extrêmes, la climatologue reconnaît que la climatisation "fait partie des solutions pour travailler ou dormir quand il fait très chaud", admet-elle. Mais elle met en garde contre une réponse exclusivement fondée sur cet outil. "Ce n’est pas la seule solution", insiste-t-elle, évoquant également les volets, l’ombrage, la ventilation ou encore les réseaux de froid urbains.
Elle rappelle par ailleurs que les climatiseurs peuvent contribuer à réchauffer l’environnement. "Les rejets de chaleur de la climatisation peuvent réchauffer l’air ambiant de l’ordre de deux degrés dans certaines rues", souligne-t-elle. Pour la membre du GIEC, le débat doit avant tout porter sur la protection des populations les plus fragiles et sur les investissements nécessaires pour adapter les logements, les écoles ou encore les hôpitaux aux futures vagues de chaleur.
La climatologue appelle enfin à une mobilisation collective dépassant le seul cercle des experts. "Ce n’est pas la voix des climatologues qui compte, c’est celle de toute la société", affirme-t-elle. Avant de conclure : "Ceux qui vous font croire qu’on pourra faire face au changement climatique en mettant de la climatisation et sans décarboner vous mentent".
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