2 min de lecture Procès

Yvelines : trois policiers soupçonnés d'avoir frappé un gardé à vue et rédigé un faux PV

Le procès de trois policiers de Poissy a été renvoyé ce jeudi 4 avril à Versailles. Les fonctionnaires signalés par deux de leurs collègues, sont soupçonnés d'avoir violenté un homme gardé à vue en janvier dernier, et rédigé un faux procès verbal.

Une voiture de police (illustration)
Une voiture de police (illustration) Crédit : Philippe HUGUEN / AFP
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Joanna Wadel
et AFP

Trois policiers du commissariat de Poissy sont soupçonnés d'avoir frappé un homme en garde à vue, et d'avoir rédigé un faux procès-verbal. Le procès des fonctionnaires a été renvoyé ce jeudi 4 avril à Versailles, le tribunal estimant qu'un juge d'instruction devait être saisi de ce dossier. 

L'enquête concernant ces trois hommes a été ouverte à la suite d'un signalement effectué par deux de leurs collègues, qui avaient alerté leur hiérarchie sur des faits datant du 15 janvier 2019. 

Ce jour-là, un cuisinier de 37 ans avait été interpellé à la gare pour avoir outragé un agent SNCF. Placé en garde à vue au commissariat, il devait être acheminé à l'hôpital pour un examen médical. Il est donc installé dans une voiture de police. C'est à cette occasion que l'individu affirme avoir été violemment agressé. 

Le plaignant au casier vierge a été condamné

Ce dernier raconte qu'il aurait été roué de coups de poing et de pied, alors qu'il avait les mains menottées dans le dos. Une version que contestent les policiers. Le trentenaire, qui s'est vu prescrire l'équivalent de trois jours d'incapacité totale de travail (ITT), a été lui-même condamné en comparution immédiate à huit mois de prison, dont quatre avec sursis pour outrage, violence et rébellion. Il avait auparavant un casier vierge. 

Signalés par deux collègues policières

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Entre-temps, deux policières du commissariat ont réalisé un signalement et, à l'issue de l'enquête, trois hommes étaient déférés ce jeudi devant le tribunal correctionnel. L'un d'eux, âgé de 29 ans, comparaissait pour "violence par dépositaire de l'autorité publique", et un autre de 27 ans pour "abstention volontaire d'empêcher un délit". Les trois fonctionnaires étaient également convoqués pour "faux et usage de faux", car ils sont soupçonnés d'avoir rédigé un procès-verbal d'incident travestissant les faits

"Manifestement, il y a à parfaire l'enquête", a déclaré d'emblée le président du tribunal. Après audition des parties et une courte délibération, les juges ont décidé de renvoyer le dossier au parquet, afin qu'il demande la saisine d'un juge d'instruction. 

Un renvoi approuvé par les deux parties

Une décision approuvée par l'avocat des prévenus : "On est allé trop vite" dans ce dossier, le renvoi "est une très bonne chose", a estimé Me Frédéric Champagne. Car les policiers contestent une partie des violences dénoncées et affirment que celles qui ont été commises étaient "légitimes au vu du comportement de la personne qu'ils avaient en face", a déclaré leur avocat, qui précise que ses clients nient également avoir rédigé un faux PV

Quant à l'avocat du cuisinier, Me Marc Montagnier, il a souhaité "saluer le courage des deux policières qui ont dénoncé des faits inacceptables, qui auraient pu arriver à n'importe qui", ajoutant que l'ouverture d'une information judiciaire "permettra d'évaluer au mieux les préjudices physiques et psychologiques" de son client.  

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