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Yvelines : ce que l'on sait de l'incendie d'un chapiteau de cirque

ÉCLAIRAGE - Le chapiteau du centre artistique de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) a succombé à un incendie déclenché lors de violences dans la soirée du samedi 2 novembre.

Un chapiteau a été incendié par une bande, dans la nuit du 2 au 3 novembre à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines)
Un chapiteau a été incendié par une bande, dans la nuit du 2 au 3 novembre à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) Crédit : Pierre RATEAU / AFPTV / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
et AFP

Les images des flammes incendiant le chapiteau ont fait le tour des réseaux sociaux. Dans la soirée du samedi 2 novembre, des violences ont éclaté dans la commune de banlieue parisienne de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Pendant ces heurts, le centre des arts de la scène et du cirque de la ville, L'Arche, a été réduit en cendres.

L'incendie s'est déclaré vers 22h30 alors que des affrontements entre jeunes et policiers avaient commencé dès 19h00 au coeur du quartier de la Noé. Des poubelles et des luminaires d'éclairage public avaient été incendiés, plongeant le quartier "dans l'obscurité". 

Les policiers envoyés sur les lieux ont été pris à partie par "une trentaine d'individus, aux visages dissimulés et, pour certains, porteurs de bâtons et de barres de fer", selon le parquet. Ils ont essuyé des jets de cocktails Molotov et de "pierres issues de ballast ferroviaire, manifestement amassées pour en découdre". Deux fonctionnaires ont été légèrement blessés et deux suspects ont été interpellés.

Deux enquêtes ont été ouvertes. L'une pour "destructions ou dégradations de biens par incendie ou tout autre moyen dangereux". L'autre, vise les violences commises à l'encontre des forces de l'ordre, notamment pour "violences volontaires" et "embuscade en réunion dans le but de commettre des violences avec usage ou menace d’une arme".

Qui sont les suspects interpellés ?

Les deux suspects ont été interpellés samedi soir. Ils sont soupçonnés d'avoir participé aux violences. L'un est mineur, l'autre majeur. Ils ont tous deux été mis en examen. Selon le procureur de la République de Versailles, les deux individus ont été présentés devant le juge des libertés et de la détention, puis ont été placés en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet.

Quelles sont les causes des violences ?

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D'après la maire Les Républicains Christine Arenou, un "bureau d'information jeunesse" a également été ciblé dans la nuit. "On a retrouvé de l'essence à l'intérieur et il y a eu une tentative d'incendie", a-t-elle détaillé. Cette poussée de violence est liée à des travaux de réhabilitation qui "dérangent l'économie souterraine", a avancé une source policière. Une barre d'immeuble doit bientôt être démolie dans le cadre d'un programme de rénovation urbaine. Aucune cause plus précise n'est citée.

Un groupe local de traitement de la délinquance (GLTD), créé et animé par le procureur de la République de Versailles, doit être mis en place à Chanteloup "dans quelques semaines", vraisemblablement début décembre, et "a priori pour un an", selon une source policière. Un GLTD est une structure souple permettant à la police, aux élus locaux et aux autres partenaires de la justice (Éducation nationale, bailleurs institutionnels, fisc, douanes, etc.) de pouvoir mieux se coordonner sur l'action publique à mener dans un quartier.

Quel avenir pour le centre artistique ?

L'Arche, grande structure en bois, appartenait à la Compagnie des Contraires, une association de cirque implantée depuis près de 30 ans à Chanteloup-Les-Vignes. "On y trouve une école sociale du cirque" et le bâtiment "accueille beaucoup d'enfants", a déploré Catherine Arenou, qui leur cherche actuellement une solution de repli. Au sein du chapiteau étaient proposés des ateliers pour les jeunes, notamment ceux du quartier de la Noé, situé à proximité.

Le Président du département des Yvelines, Pierre Bédier, a annoncé qu'il s'engageait à reconstruire la structure d'ici un an. L'ensemble du projet sera financé par le conseil départemental, a-t-il assuré. Julien Denormandie, ministre de la Ville, a précisé de son côté que l'État participerait à la reconstruction du chapiteau.

Quelles ont été les réactions politiques ?

Le lendemain des événements, le Premier ministre Édouard Philippe a qualifié les auteurs des dégradations de "petite bande d'imbéciles et d'irresponsables qui pensent que tout casser est une façon de faire avancer les choses". 

Les ministres de l'Intérieur Christophe Castaner, de la Justice Nicole Belloubet et de la Ville Julien Denormandie se sont rendus sur les lieux de l'incendie mardi 5 novembre. Évoquant un acte "odieux et inacceptable", Christophe Castaner a assuré que "justice serait rendue à Chanteloup, à ce quartier de La Noé, à ses habitants", souhaitant apporter, avec ses collègues ministres, un "message de fermeté" et "d'espoir".

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