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Yvelines : 15 ans de prison pour un violeur ayant abandonné sa victime nue dans un bois

En 2014, l'homme de 41 ans avait drogué sa victime avant d'abuser d'elle et de l'abandonner en pleine nature.

Une voiture de police (illustration)
Une voiture de police (illustration)
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Christophe Guirard & AFP

C'est dans un bois des Yvelines, près de Mantes-la-Jolie, qu'une mère de famille camerounaise avait été retrouvée  nue et en état d'hypothermie à l'automne 2014. Elle y avait été abandonnée, inconsciente, après avoir été violée par un homme rencontré par l'intermédiaire d'un site de rencontres. Sans antécédent judiciaire ni psychiatrique, l'individu a été condamné mercredi en appel à 15 ans de réclusion criminelle pour viol aggravé. Ce livreur de journaux, père de famille de 41 ans, comparaissait détenu. La peine qui lui a été infligée est légèrement inférieure à celle requise par le ministère public qui avait demandé 17 ans de réclusion, soit le verdict prononcé en première instance par la cour d'assises des Yvelines. 

Tout avait commencé sur internet, les deux quadragénaires étant des habitués des sites de rencontres. Après de nombreux contacts à distance, ils avaient convenu ce jour d'octobre 2014 d'une rencontre en vue d'une relation sexuelle. "Nous nous sommes fixé des principes: un rapport protégé et vaginal", a relaté la victime, 44 ans, qui avait suivi l'homme jusqu'au domicile conjugal de celui-ci à Limay, une commune limitrophe de Mantes-la-Jolie. Mais, à l'insu de celle-ci, l'homme avait mélangé 2 ml de GBL, substance commandée sur internet, au café qu'il lui avait offert. "Après l'avoir bu, j'ai senti mes forces m'abandonner. Il m'a embrassée, puis je ne me souviens plus de rien", a-t-elle dit, tentant à la barre de surmonter sa pudeur car dans sa culture, a-t-elle expliqué, la sexualité, "c'est tabou".  

L'accusé, qui assure avoir voulu utiliser le GBL comme un "euphorisant" et nie le viol, a évoqué une relation sexuelle "normale" -mais sans préservatif, à la demande de la victime, a-t-il assuré- avant que celle-ci ne soit prise de violents vomissements et ne fasse un malaise.  "J'ai paniqué complet", a relaté l'accusé. Au lieu d'alerter les secours, il charge le corps inerte dans sa voiture, roule vers un bois désert, dépose sa victime sur le sol, la recouvre d'une bâche plastique trouvée sur place, puis jette à la poubelle les effets personnels de l'aide-soignante, ce qui lui vaut d'être aussi condamné pour vol.

L'agresseur "savait parfaitement ce qu'il faisait"

"Il s'est introduit dans mon intimité en mon absence, a estimé la victime, petite femme élégante aux cheveux tressées. Il m'a déshumanisée." Si le propriétaire du bois n'"était pas arrivé, on ne parlerait plus de moi aujourd'hui", a-t-elle soufflé.  Selon son avocate, Me Sarah Valduriez, l'agresseur "savait parfaitement ce qu'il faisait" et "était conscient des dangers de surdosage" du GBL. "Il a longtemps rêvé de violer une femme noire, une Africaine. Il s'est arrangé pour assouvir son fantasme", a-t-elle asséné. "Je m'en voudrais toute ma vie. Ce jour-là, vous êtes tombée sur un monstre", s'est pour sa part excusé l'accusé, s'adressant en pleurs à sa victime mardi.

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Les experts n'ont cependant décelé chez lui aucune déviance particulière, ni aucune pathologie psychiatrique.  "Il a fait le mal sans méchanceté. Il est peut-être lâche, menteur, peureux, irresponsable, inconscient (...), ça n'en fait pas quelqu'un qu'il faut tenir à l'écart de la société", avait tenté de plaider son avocate Nathalie Langlois-Thieffry. La cour d'assises d'appel des Hauts-de-Seine a accompagné la réclusion d'une mesure de suivi socio-judiciaire pendant cinq ans et d'une injonction de soins, sous peine de deux ans d'emprisonnement supplémentaire, et ordonné l'inscription du condamné au fichier des délinquants sexuels.

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