3 min de lecture

Une femme jetée au sol, "le dérapage de trop".... Ce que l'on sait de l'interpellation musclée d'une infirmière scolaire à Montpellier en marge du blocage d'un lycée

À Montpellier, une infirmière scolaire de 53 ans a été violemment interpellée puis placée en garde à vue lors du blocage du lycée Jean-Monnet ce lundi 2 novembre. Des vidéos de son arrestation ont suscité l'indignation de syndicats et d'élus.

Le lycée Jean Monnet de Montpellier

Crédit : Google Maps

Rémi Vallez & AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Une interpellation musclée. Une infirmière scolaire de 53 ans a été placée en garde à vue, ce lundi 2 novembre, à l'occasion du blocage d'un lycée à Montpellier, après avoir été violemment interpellée, a appris RTL auprès de la police. Des vidéos de son arrestation ont circulé sur les réseaux sociaux et provoqué l'indignation des syndicats et élus de gauche. 

Selon la police, l'infirmière scolaire avait "outragé les policiers" et s'était "rebellée auprès d'eux" alors qu'elle s'était interposée avec des professeurs pour créer un "cordon" devant les élèves à l'origine du blocage du lycée. Deux lycéens de 15 ans, qui avaient refusé d'obéir aux sommations, ont également été interpellés et placés en garde à vue, selon la même source. 

Une infirmière plaquée au sol

La rentrée scolaire du lycée Jean-Monnet de Montpellier a été marquée par le blocage de l'établissement - le seul de l'académie - qui a provoqué une intervention policière dès le matin. D'après les informations de Midi-Libre, les forces de l'ordre sont intervenues alors que le portail d'accès du bâtiment avait été barricadé par les lycéens. 

Selon Léo, 17 ans - un élève de terminale membre de la coordination lycéenne - les élèves ont placé les poubelles contre le portail du lycée pour en bloquer l'entrée, quand "plusieurs camions de gendarmes sont arrivés". Selon son témoignage rapporté par l'AFP, les lycéens étaient assis devant le portail, des professeurs les "protégeant", en première ligne.  

À lire aussi

"Des professeurs et des personnels sont venus s’interposer. Ils ont formé une sorte de bouclier humain devant les lycéens pour les protéger", raconte une élève dans les colonnes de Midi-Libre. Parmi eux, une infirmière de 53 ans. Sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on peut observer une femme crier quelque chose en direction des forces de l'ordre, avant d'être jetée au sol par un policier. Il l'a ensuite plaquée face contre terre et menottée. 

"Après trois sommations", selon Léo, les forces de l'ordre "ont commencé à tirer des élèves assez violemment, et certains sont tombés", d'autres se retrouvant "compressés contre les poubelles". "Des profs aussi se sont retrouvés au sol", a ajouté le lycéen. 

"Le dérapage de trop"

L'interpellation musclée de l'infirmière a soulevé l'indignation de plusieurs élus, comme le député insoumis de l'Hérault Sylvain Carrière, qui a dénoncé sur X un "scandale".  

Le sénateur socialiste Hussein Bourgi a interpellé la préfète de l'Hérault sur les réseaux, évoquant "le dérapage de trop". Ce à quoi la préfète Chantal Mauchet a répondu que "la liberté de manifester ne comprend pas celle de bloquer, et encore moins celle de s'en prendre directement aux forces de l'ordre", assurant aussi que l'infirmière intervenait "en tant que participante à un attroupement sur la voie publique visant à bloquer un établissement scolaire". 

Contactée par l'AFP, Saphia Guereschi, secrétaire générale du syndicat Snics-FSU, a dénoncé un "usage disproportionné de la force" contre sa collègue, à qui le syndicat assure "tout notre soutien". Le syndicat d'infirmières scolaires réaffirme également son soutien "au mouvement lycéen, légitime y compris dans sa colère, notamment par rapport au nombre de postes infirmiers". 

Une interpellation "justifiée", selon la préfecture

Selon la police, citée par l'Agence France-Presse (AFP), l'infirmière scolaire avait "outragé les policiers" et s'était "rebellée auprès d'eux". Deux lycéens de 15 ans, qui avaient refusé d'obéir aux sommations, ont également été interpellés et placés en garde à vue, selon la même source. 

D'après un communiqué de la préfecture, cité par Midi-Libre, l'interpellation s'est "justifiée par les éléments suivants : participation au blocage qui est une action illégale et rébellion pour empêcher l’intervention". L'infirmière intervenait "en tant que participante à un attroupement sur la voie publique", est-il précisé.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée