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"Une société par les vieux et pour les vieux" : François Lenglet explique pourquoi la colère de la génération Z gagne l'Europe

Les jeunes européens expriment leurs colères dans différents pays. Le journaliste spécialisé en économie y voit la rupture d'un modèle social inadapté.

Les lycéens mobilisés à Liège (Belgique) le 6 octobre 2026.

Crédit : Nicolas TUCAT / AFP

Quand les jeunes européens se rebiffent : derrière les révoltes européennes, le crépuscule d'un modèle social

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Quand les jeunes européens se rebiffent : derrière les révoltes européennes, le crépuscule d'un modèle social

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François Lenglet - édité par La rédaction numérique de RTL

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En France comme en Europe, les jeunes en ont assez de payer pour leurs aînés et se sentent en colère et délaissés. Le weekend du 31 octobre, le mouvement de protestation a gagné l'Allemagne à Hambourg, Francfort, et Berlin. Il s'est développé en Suisse, à Zurich, après avoir touché ces dernières semaines l'Italie, la Belgique, le Portugal et même l'Albanie.

En Allemagne, 150.000 jeunes ont défilé, pour la plupart paisiblement, même si l'extrême-gauche radicale a déclenché quelques combats de rue avec la police. Le nom de leur mouvement est "Gen Z regelt", qui signifie "La génération Z prend la main". Leurs slogans comportaient "Votre marché immobilier fait de nous des sans-abris", "Mangeons les riches", ou bien "On ne nourrit pas les pauvres, mais on finance une guerre" [celle d'Ukraine].
SI ces mantras ressemblent à celles de notre pays, c'est parce que les jeunes Français ont joué le rôle d'éclaireurs dans ce mouvement social. Leurs homologues européens revendiquent d'ailleurs de suivre leurs traces. Au cœur des revendications, ils dénoncent l'avenir bouché de la jeunesse européenne dans une société dominée "par les vieux et pour les vieux".

Une société inégalitaire qui ne leur fait pas de place

Les griefs des jeunes ne sont pas tous farfelus. Ils reprochent à leurs aînés de s'accommoder d'une société inégalitaire qui ne leur fait pas de place, et qui poursuit sa trajectoire sur un rythme insoutenable au plan climatique. Les revendications portant sur le logement ou sur les moyens à l'université ont toutes la même racine : "Notre part n'est pas suffisante", disent-ils.

Si les révoltes de la jeunesse sont habituelles, il y a une différence aujourd'hui. Les jeunes se battent ici contre un facteur très puissant et inexorable : le vieillissement démographique et ses conséquences. Il dévore une part croissante des ressources publiques, avec la retraite, le coût de la santé, et ce au détriment d'autres politiques comme le logement ou l'éducation. 

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En France, le déficit de la Sécurité sociale et celui des retraites additionnés correspondent à la moitié du déficit total, imputable en large partie aux seniors. Les évolutions démographiques ont déformé notre modèle social pour le mettre au service des plus de 60 ans. La seule issue proposée aux jeunes est de leur proposer de travailler plus longtemps. Le vieillissement participe aussi à un accès à l'héritage de plus en plus tard : 56 ans en moyenne. Naguère, l'héritage était une aide à s'établir pour les jeunes couples. Aujourd'hui, c'est un complément de retraite, et l'argent passe des très vieux aux vieux. Dans nos pays, les jeunes devraient être une espèce protégée. Au lieu de ça, ils sont une espèce en voie d'extinction.

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