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"Il soulage les douleurs" : du remède miracle au problème de santé publique, comment le tabac a enfumé la planète

À l'occasion du mois sans tabac, du 1er au 30 novembre, l'historienne Virginie Girod retrace son histoire d'une plante longtemps présentée comme miraculeuse, des peuples Mayas et Aztèques jusqu'aux publicités, en passant par les cours royales européennes.

Un prêtre maya du Guatemala fume lors d'une cérémonie à Quetzaltenango en juillet 2000.

Crédit : JORGE UZON / AFP

Le tabac, une histoire de Mayas et d'apothicaires

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Le tabac, une histoire de Mayas et d'apothicaires

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Virginie Girod - édité par La rédaction numérique de RTL

En ce début de mois sans tabac, qui se déroule chaque année en novembre, certains vont tenter de changer d'habitude. En France, un quart des 18-75 ans déclare fumer quotidiennement ou occasionnellement. Mais les Français n'ont pas toujours fumé.

Le tabac est d'abord cultivé dès l'an 1000 par les Mayas et les Aztèques, pour qui il s'agit d'une plante sacrée. Ces peuples amérindiens enroulaient les feuilles autour d'un roseau et en faisaient une sorte de cigare. Le tabac est surtout fumé par des chamanes pendant des rituels. On considère alors qu'il fortifie et soulage les douleurs.

Le premier européen à documenter le tabac est Christophe Colomb. Le célèbre navigateur parle d'Indiens qui aspirent la fumée d'une sorte d'herbe grâce à un petit tison allumé. Le concept lui plaît, alors il en ramène à la cour d'Espagne et du Portugal. Là, dans la péninsule ibérique, les médecins considèrent alors que le tabac est le nouveau médicament universel. D'ailleurs, jusqu'au XVIIIe siècle le produit s'achète chez l'apothicaire, c'est-à-dire le pharmacien. 

Fumé, prisé, sniffé...

Ces apothicaires vont même inventer plusieurs façons de consommer le tabac. On peut le fumer, mais on peut aussi le priser. Pour se faire, les consommateurs se procurent cette herbe broyé en très fine poudre, parfois mélangé avec d'autres parfums. C'est en quelque sorte la pratique utilisée aujourd'hui pour les chichas. 

À noter que le tabac se sniffe également. Jusqu'au XXe siècle, on considère que c'est très bon pour la santé, car il aiderait à éternuer et donc à purger le nez. On peut aussi le chiquer, en faisant une boule qui se coince entre la gencive et la joue pour absorber la nicotine. 

Jean Nicot a importé le tabac en Europe

Toutes ces pratiques seraient restées dans la péninsule ibérique, si l'ambassadeur de France au Portugal Jean Nicot, seigneur de Villemain, n'en avait pas rapporté à Catherine de Médicis pour soulager ses migraines. Le mot "nicotine" vient d'ailleurs du nom "Nicot". Dès le XVIIIe siècle, le tabac est devenu un marché très florissant. Au XIXe, tout le monde fume, mais on commence à observer des effets délétères sur la santé. Louis Pasteur a même été membre de la première association française qui le combat.

Mais après la Seconde Guerre mondiale, le produit est encore plus tendance qu'avant, car on veut fumer comme les Américains. Le ministère de l'Économie en profite, parce qu'il y a de nombreuses taxes sont associées aux cigarettes. La lutte contre le tabac pour raisons de santé publique commence à la fin des années 1970, grâce à la loi Simone Veil qui réglemente la publicité dans les médias. Aujourd'hui, la campagne continue avec le mois sans tabac. 

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