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"Un silence institutionnel terrible" : sur RTL, des parents témoignent de l'inaction de la justice pour leur enfant victime de violences sexuelles

Depuis plusieurs jours, la mort de la jeune Lyhanna ravive la question de la protection des enfants victimes de crimes sexuels. De nombreuses familles dénoncent un système judiciaire trop lent, voire une action face aux violences sexuelles sur les enfants.

Le palais de justice de Strasbourg.

Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP

"Un silence institutionnel terrible" : sur RTL, des parents témoignent de l'inaction de la justice pour leur enfant victime de violences sexuelles

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Arthur Pereira - édité par Laurène Rocheteau

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Une confiance brisée. La mort de la petite Lyhanna, dont le principal suspect était déjà visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles, ravive les critiques sur les défaillances de la justice française. Beaucoup pointent du doigt un système qui ne protège pas assez les enfants face aux violences sexuelles, dont Lyhanna est le dernier exemple d'une longue liste de failles judiciaires.

C'est le cas de Camille et son mari, qui se battent depuis quatre ans pour que justice soit faite pour leur petit garçon, victime de violences sexuelles par le mari de sa nourrice. Les faits se sont produits entre 2019 et 2022, raconte cette famille à RTL.

"Un soir, en juillet 2022, notre fils, 3 ans mais qui ne parlait presque pas, rentre et nous mime une scène des frappes sur la tête, sur les fesses, sur le sexe," relate Camille. La famille se déplace alors au commissariat une première fois pour déposer plainte, où on leur dit : "Il n'y a pas que vous. Il y a des affaires plus graves." Camille se souvient s'être sentie "humiliée, même en larmes".


D'autant que son petit garçon finit par lui révéler que la situation est même plus grave : il raconte que le mari de sa nounou s'est masturbé contre lui. La famille dépose alors une seconde plainte, pour agression sexuelle, mais l'enfant n'est entendu qu'une seule fois. "À devoir laisser notre fils suivre un homme au fond d'un couloir avec son doudou, sachant qu'il avait peur des hommes. Déjà ça, avec cet homme à côté, qu'on a croisé dans notre ville, qu'on a croisé même à l'école de notre fils." Le suspect, lui, ne sera entendu que quelques heures. 

Une plainte classée sans suite

Un an et sept mois après avoir déposé plainte, Camille et son mari reçoivent un appel d'autres parents : "Un autre couple qui avait laissé leurs enfants dans cette même famille et qui nous annonce qu'eux aussi ils ont porté plainte." C'est ce même couple qui annonce à Camille et son mari que leur plainte a été classé sans suite. 

"On était sidérés. Au début, on faisait confiance à la justice, sauf que la justice est totalement opaque. Cette sensation d'être face à un silence institutionnel terrible, une perte de chance pour les victimes et les futures victimes."

L'avocate de Camille indique pourtant que d'autres plaintes ont été déposées contre le mari de cette nourrice, dont une pour viol. Le suspect a été placé une fois en garde à vue, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui.

Ces derniers jours, députés et associations appellent justement à la création d'une loi globale sur les violences sexistes et sexuelles envers les femmes et les enfants. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a indiqué son souhait de voir cette proposition de loi soumise au Conseil d'État "dans les prochains jours". 

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