4 min de lecture

Affaire Lyhanna : comment Gérald Darmanin se retrouve sous le feu des critiques à droite comme à gauche

Après les défaillances dans l'affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a appelé ce lundi 8 juin à une "mobilisation générale" afin de "faire la vérité", en excluant toute démission. Le garde des Sceaux a ordonné une revue de 70.000 plaintes impliquant des enfants d'ici au 14 juillet. Sous pression, le ministre se retrouve au centre des critiques de l'ensemble du spectre politique.

Gérald Darmanin, le 21 novembre 2025 à Paris

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Yasmine Boutaba

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

"La question de ma présence [au gouvernement] se poserait si je n'assumais pas ma responsabilité", a fait valoir ce lundi 8 juin Gérald Darmanin après les défaillances dans l'affaire Lyhanna, écartant toute démission. Sous pression à droite comme à gauche, le garde des Sceaux veut garder la main.

Après les nombreux reproches liés aux dysfonctionnements judiciaires, entre retards de traitements et manquements dans la transmission des dossiers, concernant l'affaire du meurtre de Lyhanna âgée de 11 ans, dont le corps a été retrouvé dans le Gers, le ministre de la Justice a annoncé la veille, dimanche 7 juin, vouloir faire reprendre "l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants", soit environ 70.000 dossiers, d’ici au 14 juillet.

Le garde des Sceaux a, dans ce sens, assuré également qu’il recevrait "un par un les procureurs généraux" afin d’établir un bilan de ces dossiers. "Il y a eu des défaillances graves" dans cette affaire, a-t-il répété notamment vis-à-vis du principal suspect Jérôme Barella qui faisait déjà l’objet de procédures pour des faits de violences sexuelles et de viols. Mais aussi, de rendre public le rapport d’inspection chargé de déterminer les responsabilités ainsi que de faire appliquer d'éventuelles sanctions disciplinaires contre les magistrats concernés en cas de manquement dans la procédure, pouvant aller jusqu’à la révocation.

Toutefois, les initiatives du ministre n'ont pas convaincu l’opposition. Du côté de la gauche, Manuel Bompard, a dénoncé ce lundi 8 juin sur BFMTV-RMC une mesure relevant selon lui de la "démagogie" et de "coups de communication indécents".

La gauche réclame des comptes

Pour le coordinateur de La France insoumise, la question centrale demeure celle des moyens accordés à la justice. Le député des Bouches-du-Rhône a dénoncé une "clochardisation absolue de la justice" et estimé que Gérald Darmanin cherchait à s’exonérer de sa "responsabilité politique".

Même tonalité chez Mathilde Panot. La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale a appelé la veille, le dimanche 7 juin, à la démission du ministre de la Justice, affirmant que "ce n’est pas une responsabilité individuelle d’une magistrate qu’il faut pointer mais d’abord et avant tout une responsabilité politique". Selon elle, Gérald Darmanin "doit démissionner".

La députée écologiste Sandrine Rousseau a également réclamé son départ ce lundi 8 juin sur Sud Radio. Avant d'ajouter : "Mais ce serait trop facile qu'on se contente de ça. Il faut regarder dans chaque foyer, village, collectivités et c'est extrêmement difficile". Le secrétaire général du Parti socialiste, Pierre Jouvet, a quant à lui réclamé "de la responsabilité politique" dans cette affaire. "J'aurais été garde des Sceaux et j'aurais été à la place de Gérald Darmanin, j'aurais remis ma démission au président de la République", a-t-il assuré auprès de France 3.

À droite, des critiques mais pas d’unanimité sur une démission

La droite et l’extrême droite ont davantage concentré leurs critiques sur l’institution judiciaire. Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a ainsi proposé la création d’une "cour disciplinaire" composée notamment de citoyens pour sanctionner les fautes des magistrats, jugeant l’actuel Conseil supérieur de la magistrature (CSM) jugé "trop corporatiste".

Le député RN Jean-Philippe Tanguy a quant à lui affirmé que les magistrats devaient rester indépendants mais ne pouvaient "plus être irresponsables de cette manière".

Pour autant, tous n'ont pas rejoint les appels à la démission visant Gérald Darmanin comme cela a été asséné par Marion Maréchal. "Je n'attendais pas des excuses de Gérald Darmanin, j'attendais une démission" a lancée l'eurodéputée d'extrême droite, invitée de CNEWS et Europe 1 ce lundi 8 juin.

Le vice-président du RN Sébastien Chenu a lui estimé au micro de RTL que ces demandes de démission relevaient de la "politique politicienne", même s’il a affirmé avoir "zéro confiance" dans le garde des Sceaux.

Lors de sa conférence de presse ce lundi, Gérald Darmanin a de son côté justifié que "la défaillance [pour cette affaire] ne tenait pas aux instructions données par le ministère de la Justice". Selon lui, il ne peut pas "donner d'instructions sur des affaires individuelles" et compte bien rester en poste. "Est-ce que j'ai fait mon travail de garde des Sceaux ? L'Inspection le dira. Le Parlement est là pour le contrôler. Les médias peuvent en faire une discussion. En tout cas, j'essaie de réformer le ministère de la Justice", a-t-il déclaré.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée