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Soupçons de financement libyen : Mimi Marchand mise en examen

La cheffe de l'agence de paparazzi BestImage a également été placée sous contrôle judiciaire samedi 5 juin pour "subornation de témoin" et "association de malfaiteurs".

Mimi Marchand, le 22 avril 2017.
Mimi Marchand, le 22 avril 2017.
Crédit : Eric Feferberg / AFP
Florine Boukhelifa
Journaliste

"Elle conteste fermement les faits reprochés", a souligné son avocate. La patronne de l'agence de paparazzi BestImage, Mimi Marchand, a été mise en examen samedi 5 juin, notamment pour "subornation de témoin", dans l'affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a annoncé le même jour maître Caroline Toby à l'Agence France-Presse.

Michèle Marchand, surnommée "Mimi", a été mise en examen également pour "association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée" et placée sous contrôle judiciaire. Cette figure de la presse people, proche du couple Macron, avait été placée en garde à vue jeudi dans une information judiciaire ouverte après un entretien accordé en novembre dernier par Ziad Takieddine à un journaliste de l'hebdomadaire Paris Match, qui s'était rendu au Liban avec un photographe de BestImage.

Dans cette interview accordée en novembre 2020, Ziad Takieddine avait retiré ses déclarations contre Nicolas Sarkozy, après l'avoir accusé d'avoir touché de l'argent pour sa campagne présidentielle de la part du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. "La vérité éclate", avait immédiatement triomphé l'ancien chef de l'État.

Cinq autres personnes inquiétées

Deux mois plus tard, interrogé le 14 janvier à Beyrouth par les juges d'instruction Aude Buresi et Marc Sommerer, chargés du dossier libyen, l'intermédiaire, connu pour sa versatilité, avait déclaré qu'il ne confirmait "pas les propos" de l'entretien, prétendant qu'ils avaient été "déformés" par Paris Match, qui "appartient à un ami de Sarkozy". Mimi Marchand "a agi en qualité de journaliste qui a eu l'exclusivité de cette interview de Ziad Takieddine", a déclaré samedi Me Toby. "Elle n'a fait qu'organiser les photos et l'interview, dans le périmètre de son métier", a-t-elle expliqué.

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Cinq autres personnes ont été également placées en garde à vue jeudi dans cette enquête. Le journaliste de Paris Match, François de Labarre, avait été libéré dans la soirée, sans poursuite à ce stade. Parmi les quatre autres, toujours en cours de présentation à la justice en vue d'une mise en examen samedi en fin de matinée, figurent le publicitaire Arnaud de la Villesbrunne, ancien directeur de l'agence Publicis, l'homme d'affaires Pierre Reynaud et Noël Dubus, un homme déjà condamné pour escroquerie.

Selon Le Parisien, Noël Dubus, qui s'est rendu à deux reprises à Beyrouth pour y rencontrer Ziad Takeddine avant sa rétractation, aurait bénéficié de versements suspects, via Arnaud de la Villesbrunne, qui était un des prestataires de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Selon le quotidien Libération, l'homme d'affaire Pierre Reynaud aurait, quant à lui, avancé à Noël Dubus des fonds à remettre à Ziad Takieddine.

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