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Seine-Saint-Denis : trois policiers mis en examen pour homicide involontaire

Trois policiers suspectés d'avoir donné la mort à Philippe Ferrières en mai 2019 ont été mis examen. L'un d'entre eux avait effectué une clé d'étranglement sur la victime, geste aujourd'hui interdit.

Un commissariat de police (illustration)
Un commissariat de police (illustration)
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Nicolas Barreiro
Journaliste

Trois policiers ont été mis en examen pour homicide involontaire dans l'enquête sur la mort en 2019 à Drancy, en Seine-Saint-Denis, d'un homme après une clé d'étranglement lors de son arrestation, a indiqué jeudi le parquet de Bobigny.

Philippe Ferrières, 36 ans, est décédé le 24 mai 2019 à Drancy à la suite de son interpellation au cours de laquelle l'équipage a réalisé une clé d'étranglement, un geste controversé dont le gouvernement a annoncé peu après l'abandon. Les mises en examen des policiers "datent de plusieurs semaines", a précisé le parquet.

La nuit des faits, à 00h30, une femme appelle la police. Elle est inquiète, son compagnon tente de s'introduire dans son appartement, il a bu et jette des cailloux à sa fenêtre en criant son nom. Ce dernier a interdiction d'entrer en contact avec la mère de son fils de 7 ans. Il est sous contrôle judiciaire et doit comparaître quelques jours plus tard au tribunal pour violences conjugales, selon le parquet de Bobigny. Trois policiers du commissariat de Drancy, âgés de 24, 29 et 42 ans, se rendent sur place. Ils trouvent ce moniteur d'auto-école au pied de l'immeuble.

La cause du décès : une "asphyxie mécanique"

Quand la police arrive, Philippe Ferrières, 1m80 pour une centaine de kilos, est "en sueur", "excité" et "paraît très speed", diront les policiers en audition, selon des éléments de l'enquête dont l'AFP avait eu connaissance l'année dernière. "Gérable" au départ, il change de comportement et se débat lorsque l'équipage lui annonce avoir l'ordre de l'interpeller.

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Il est 1h30 du matin, après plusieurs minutes de corps à corps, le fonctionnaire le plus expérimenté de l'équipage décrit avoir placé son avant-bras sous le menton et "donné un coup sec" sur le cou, avant de maintenir la position "deux ou trois secondes", jusqu'à ce que l'interpellé lâche: "C'est bon, je me rends". "J'ai alors relâché la pression", avait dit le brigadier. 

Philippe Ferrières est menotté, placé sur le flanc. Des renforts arrivent et se rendent comptent que son pouls est fuyant. Parmi eux, un policier, également pompier volontaire, le démenotte et le place sur le dos. Il commence un massage cardiaque en attendant les secours. Mais les pompiers n'arriveront pas non plus à ranimer l'homme, déclaré mort à 2h30 du matin.

L'autopsie attribuera sa mort à une "asphyxie mécanique par compression cervicale associée à un traumatisme crâno-facial". L'analyse toxicologique révèle par ailleurs "que la somme des toxicités de l'alcool et de la cocaïne retrouvés dans le sang de l'homme a pu être à l'origine d'une intoxication aiguë".

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