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Salah Abdeslam arrêté : le suspect a avoué "vouloir se faire exploser au Stade de France", selon le procureur de Paris

Salah Abdeslam a affirmé aux enquêteurs belges qu'il "voulait se faire exploser au stade de France" le soir des attentats à Paris, d'après les explications du procureur de Paris, François Molins.

François Molins, procureur de Paris
François Molins, procureur de Paris Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP
Anne-Sophie Blot
Anne-Sophie Blot

Arrêté vendredi 18 mars à Bruxelles, Salah Abdeslam a affirmé ce samedi aux enquêteurs belges qu'il voulait se "faire exploser au stade de France" et qu'il avait "fait machine arrière" au dernier moment. Il s'agit de l'information principale délivrée ce samedi soir par le procureur de Paris, François Molins. 

Le suspect-clé des attentats de Paris le 13 novembre a été interpellé vendredi 18 mars par les forces de police belges dans une maison de Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles. "Cette interpellation est une avancée très forte pour l'enquête en cours à Paris et un immense soulagement pour tous en particulier les victimes", a exprimé François Molins lors d'une conférence de presse. 

Salah Abdeslam, qui passe sa première nuit en détention à Bruges, a été inculpé de "meurtres terroristes et participation aux activités d'un groupe terroriste" par le parquet belge. Il s'est vu notifié un mandat d'arrêt européen émis par les juges d'instruction antiterroristes français. Ce mandat d'arrêt européen "permet la remise du suspect à la France dans un délai maximum de trois mois après l'arrestation", a précisé François Molins. L'avocat de Salah Abdeslam a indiqué plus tôt dans l'après-midi que son client refusait une extradition rapide vers la France. "Ce refus ne paralyse pas la procédure", assure le procureur de Paris. 

Un rôle-clé dans les attentats du 13 novembre

Selon les premiers éléments recueillis depuis l'arrestation du terroriste présumé, ce Français de 26 ans a joué un rôle clé dans les attentats du 13 novembre, notamment dans la constitution des commandos et dans la préparation logistique de l'attaque. Il a aussi confirmé ce samedi qu'il était bien présent à Paris le 13 novembre et qu'il "voulait se faire exploser au stade de France" mais qu'il avait "fait machine arrière".

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Pendant quatre mois, Salah Abdeslam a réussi à se terrer, jusqu'à ce qu'une perquisition de routine mardi, dans un appartement de la commune bruxelloise de Forest, permette de le localiser. Les enquêteurs ont bénéficié d'une imprudence : une surveillance téléphonique a permis d'intercepter un appel de l'ennemi public numéro un à des proches du quartier bruxellois de Molenbeek chez qui il avait trouvé refuge, selon des sources policières. Selon une source proche de l'enquête, la police a reçu un appel d'une personne disant avoir été contactée par quelqu'un se présentant comme Salah Abdeslam et réclamant une planque.

Des complices en fuite

Lors de l'intervention, les policiers ont été accueillis par des tirs d'armes automatiques, et ont abattu un Algérien de 35 ans, Mohamed Belkaïd. Mais deux autres hommes ont réussi à s'échapper. "Les investigations se poursuivent sans relâche, en France et en Belgique", indique le procureur de Paris. L'enquête devra notamment déterminer si Salah Abdeslam avait aussi prévu de mener une action kamikaze dans le 18e arrondissement.

Au lendemain de son arrestation, la France a déployé des forces supplémentaires pour "optimiser" les contrôles à ses frontières, a annoncé le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, samedi 19 mars. Il parle d'une menace d'attentat "extrêmement élevée". Depuis le rétablissement des contrôles frontaliers le soir des attentats du 13 novembre, "près de 5.000 policiers" ont été déployés aux frontières françaises. "Ce soir j'ai adjoint à ces 5.000 policiers des forces complémentaires pour optimiser encore ce contrôle, compte tenu des informations que nous avons échangées avec Interpol", a-t-il déclaré. L'organisation internationale de la police criminelle a en effet conseillé à ses 190 pays membres une vigilance accrue aux frontières, car des complices pourraient être tentés de fuir.  

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