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Rodéos urbains : la police a-t-elle les moyens de mener plus de contrôles ?

Alors que le ministre de l'Intérieur a demandé plus de contrôles, les syndicats de police crient au manque de moyens d'interpellation.

Une scène de rodéo urbain à Clichy-sous-Bois 28 août 2009.
Une scène de rodéo urbain à Clichy-sous-Bois 28 août 2009.
Crédit : HADJ/SIPA
Rodéos urbains : la police a-t-elle les moyens de mener plus de contrôles ?
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Alice Moreno - édité par Charlène Slowik

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce mercredi 17 août de nouvelles mesures pour endiguer la prolifération des rodéos urbains. Le locataire de la place Beauvau souhaite désormais que chaque commissariat de police mène au moins trois opérations anti-rodéos par jour et par circonscription. Mardi soir, encore, le 16 août, un jeune homme de 19 ans est décédé après avoir perdu le contrôle de sa moto et percuté un poteau.

Ce mercredi 17 août, Gérald Darmanin s'est rendu au commissariat de Créteil d'où il a effectué des déclarations afin de faire le point sur la situation face à ce fléau. "J'ai demandé d'intensifier ces contrôles. Vous avez vu qu'en une semaine (...) il y a eu 2.200 opérations de contrôles ce qui montre qu'au coeur du mois d'août, on est capable de répondre à la demande d'autorité des Français", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

"On a eu une augmentation de 10.000 policiers et gendarmes dans le quinquennat et la Première ministre aura l'occasion d'annoncer dans les jours qui viennent des augmentations d'effectifs", a-t-il ajouté. "On n'a pas faibli (...) Déjà cette année, alors que nous sommes à la moitié de l'année 2022, on est à 16.000 opérations et nous avons déjà 2.200 interpellés et 1.800 engins saisis", précise Gérald Darmanin.

Lors d'une visite à Marseille, le ministre avait déjà annoncé cet été une intensification des contrôles dans toute la France contre les personnes effectuant ces rodéos. Depuis cette date, plus de 150 scooters et motos ont été saisis au cours de près de 3.000 opérations de police et de gendarmerie. 

Plus de contrôles, est-ce possible ?

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Mais le ministre en veut visiblement encore plus et a demandé à ce que trois opérations anti-rodéos au minimum soient réalisées par jour. Est-ce réalisable ? Dans les faits, cela est faisable, les forces de l'ordre n'ont pas d'autres choix que d'exécuter cette volonté politique. Un tel déploiement de moyens aura sans doute un effet dissuasif sur ceux qui pratiquent ces rodéos.

Mais les syndicats de police et des responsables policiers contactés par RTL dénoncent une volonté politique de façade. Ils crient au manque de moyens d'interpellation. Les forces de l'ordre ont interdiction d'engager des courses-poursuites quand ils sont témoins de telles pratiques au risque de provoquer l'accident. Les policiers doivent donc attendre que les conducteurs soient à l'arrêt.

En plus de ces contraintes, il reste donc à retrouver leurs adresses en exploitant par exemple la vidéosurveillance. Or, les caméras sont souvent dégradées dans certains quartiers sensibles et les plaques d'immatriculation des deux-roues utilisés ne permettent que rarement de retrouver l'identité du conducteur. Il s'agit souvent de véhicules volés ou dont les plaques ont été retirées.

Un nombre insuffisant de peines d'emprisonnement

Alors en 2018, le gouvernement, a créé un délit spécifique pour punir ces rodéos urbains. S'il y a des circonstances aggravantes, par exemple la conduite sans permis, ou sous l'emprise de stupéfiants, dans les textes, la peine maximale est de 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende. 

Mais dans les faits, les policiers de terrain dénoncent un nombre insuffisant de peines d'emprisonnement. Sollicité par RTL, le ministère de la Justice confirme que le nombre de condamnations pour des rodéos a augmenté de près de 40% entre 2021 et 2020 mais n'est pas en mesure ce soir de détailler la nature des peines, simple peine d'amende, sursis ou prison ferme.

En tout cas, quand il y a une condamnation à de la prison, il semblerait qu'il y ait désormais communication. Le parquet de Marseille annonce aujourd'hui avoir prononcé un an d'emprisonnement à l'encontre d'un auteur de rodéos. Une annonce qui a immédiatement été reprise par le ministre de l'Intérieur sur Twitter.

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