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Procès d'Outreau : Daniel Legrand de nouveau acquitté

Daniel Legrand est innocent. Après trois procès, le jeune homme est enfin définitivement acquitté. Traumatisé par cette affaire, il devra désormais se reconstruire.

Daniel Legrand le 3 juin 2015 devant la cour d'assises des mineurs de Rennes
Daniel Legrand le 3 juin 2015 devant la cour d'assises des mineurs de Rennes
Crédit : JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

"C'est un grand jour pour moi (...) C'est une nouvelle vie qui commence". À sa sortie du tribunal, Daniel Legrand a pensé à son avenir, mais aussi à son père, comme lui condamné puis innocenté dans l'affaire d'Outreau, et décédé en 2012. 

Le jeune homme de 33 ans a été acquitté, ce vendredi 5 juin, par la cour d'assises des mineurs d'Ille-et-Vilaine. La cour a suivi les réquisitions de l'avocat général, qui avait défendu "l'innocence" de l'accusé. Le jeune homme avait déjà été acquitté deux fois pour cette retentissante affaire de pédophilie. 

"À l'ensemble des questions sur la culpabilité de Daniel Legrand il a été répondu non", a déclaré le président de la cour Philippe Dary, à l'issue de plus de cinq heures de délibérations.

Une famille unie

L'ambiance dans la salle d'audience est restée sereine à l'exception de quelques applaudissements. Aussitôt, la mère et les deux soeurs de Daniel Legrand l'ont rejoint pour s'asseoir à ses côtés, dans le box des accusés. 

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Émus, les quatre membres restants de la famille Legrand semblaient tenter de réaliser. Nadine Legrand, la mère du désormais double acquitté d'Outreau, a versé des larmes, appuyée sur le pupitre du box. "C'est une famille unie", qui va enfin pouvoir marcher "la tête haute", a salué un des avocats de Daniel Legrand, Me Frank Berton. 

Jonathan Delay va aller de l'avant

Jonathan Delay, 21 ans, un des quatre frères victimes de l'affaire d'Outreau, violé par ses parents et un couple de voisins condamnés en 2004, et qui avait désigné Daniel Legrand, pour la première fois à Rennes, comme agresseur, est resté très calme. 

"Je me promenais avec un poids depuis 10 ans et je l'ai déposé à la barre", a-t-il déclaré après l'annonce du verdict. "Ma vie ne s'arrête pas là", a-t-il déclaré à la presse, très digne, à la sortie du tribunal. 

Daniel Legrand "n'a rien fait !"

"Moi et mon père, on est innocents, je le dis avec force, courage et dignité", avait simplement déclaré Daniel Legrand vendredi matin, avant que la cour n'entame les délibérations, au terme de trois semaines de procès.

Dans son réquisitoire jeudi, l'avocat général Stéphane Cantero avait demandé avec véhémence son acquittement, non pas au bénéfice du doute, mais parce qu'il "est innocent, parce qu'il n'a rien fait !"

Comme à Paris en appel en 2005, les six avocats de la défense avaient choisi de ne pas plaider.

13 acquittés sur 17

13 des 17 accusés de cette affaire, parmi lesquels Daniel Legrand et son père, avaient été acquittés en 2004 et 2005, à l'issue de ce qu'on a surnommé le "fiasco judiciaire d'Outreau". Le président de la République Jacques Chirac leur avait même présenté des excuses.

Mais Daniel Legrand avait été renvoyé devant les assises pour une période où il était en partie mineur, seules les accusations portant sur sa majorité ayant été jugées lors des deux précédents procès. 

Une redite des deux premiers procès

C'est l'association Innocence en danger qui, en 2013, a tenu à rappeler cet "oubli" au parquet général de Douai, à quelques semaines de la prescription. Et le nouveau procureur général a choisi d'organiser ce procès qui, en onze jours de débats et une cinquantaine de témoins, a semblé une "redite" des deux précédents.

Tous les acquittés encore vivants, les quatre condamnés pour les viols des quatre fils Delay, mais aussi l'ancien juge d'instruction Fabrice Burgaud, sont venus témoigner. Pour l'occasion, Myriam Badaoui, la mère des enfants Delay, est revenue à la barre. Ses multiples accusations dans l'instruction, puis ses revirements aux procès avaient fait basculer l'affaire. 

Quel avenir pour les fils Delay ?

Les avocats des parties civiles ont, à de nombreuses reprises, argué que ce procès avait le mérite de redonner la parole aux victimes, dont les souffrances ont été escamotées par la place donnée aux acquittés. Mais il était difficile de savoir, à la fin des débats, quel bénéfice en tireront les jeunes hommes que sont devenus Chérif, Dimitri et Jonathan Delay, qui s'étaient constitués partie civile.

L'avocat général a estimé que les accusations qu'ils ont portées à Rennes pour la première fois contre Daniel Legrand étaient le fruit de "souvenirs reconstruits", résultant de leur enfance de traumatismes et de viols, mais aussi des violences psychologiques vécues lors de l'instruction et des procès. "C'est les respecter aujourd'hui que de leur dire qu'ils se trompent", a-t-il estimé. 

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