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Prisons : comment la France gère les détenus radicalisés depuis les attentats de 2015

Détection, évaluation, isolement, quartiers spécifiques; en prison aussi, la lutte contre la radicalisation est devenue depuis les attentats de 2015 une priorité.

Un surveillant de prison (illustration).
Un surveillant de prison (illustration).
Crédit : GERARD JULIEN / AFP
Romain Giraud & AFP

Alors que le procès des attentats du 13 novembre 2015 s'ouvre ce mercredi 8 septembre à Paris, la surveillance des détenus radicalisés en prison reste un enjeu majeur de défense nationale. Aujourd'hui en France, 68.000 personnes sont détenues dans les prisons françaises et on compte environ 461 personnes incarcérées pour des faits de "terrorisme islamiste" et 660 détenus de "droit commun suspectés de radicalisation".

Dans cette gestion des prisonniers, trois "risques" sont à prendre à compte : celui de passage à l'acte violent en détention, le risque de prosélytisme et la délicate question des "sortants" de prison. Ils étaient 120 à sortir en 2020, au moins 59 en 2021. Cette question est pensée "dès l'entrée en détention", assure l'administration pénitentiaire.

Depuis 2018, les quartiers d'évaluation de la radicalisation sont mis en place avec pour objectif l'évaluation de dangerosité des détenus radicalisés sur des sessions de 15 semaines contenant 12 prisonniers à la fois. Il en existe six en France, et la "quasi-totalité" des détenus terroristes islamistes" y sont désormais passés, explique Naoufel Gaied, chef de la mission de lutte contre la radicalisation violente à l'administration pénitentiaire. 

Pour une poignée d'entre eux, "on n'a pas besoin de QER pour savoir qu'ils présentent un haut risque de violence ou d'influence", précise-t-il. C'est le cas de Salah Abdeslamunique survivant des commandos du 13 Novembre et principal accusé du procès des attentats qui s'ouvre ce mercredi à Paris, détenu à l'isolement à Fleury-Mérogis, sous surveillance vidéo 24H/24.

Différents types de détention

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Une fois les détenus évalués en quartiers d'évaluation de la radicalisation, ceux pour qui le "pronostic" de passage à l'acte est assez faible retournent en détention ordinaire. Cela représente environ 80%. Ceux présentant un fort potentiel de dangerosité ou d'attaque sur le personnel, environ 10%, sont placés en quartier d'isolement. 

Et enfin, ceux qui sont "fortement imprégnés idéologiquement" mais qui ne présentent pas un risque "grave et imminent" d'agression sont redirigés vers des quartiers de prise en charge de la radicalisation où interviennent notamment éducateurs, psychologues et médiateurs du fait religieux

En dehors des murs des prisons, les services de probation de la pénitentiaire suivent par ailleurs environ 300 personnes impliquées dans des dossiers terroristes. Les profils les plus à risque sont pris en charge par un programme d'accueil individualisé. Aucune récidive n'a été signalée depuis son lancement il y a près de cinq ans.

Souvent considérées comme des victimes, la plupart des femmes peuvent être également extrêmement dangereuses. Elles sont environ 70 classées TIS ("terrorisme islamiste"). Un premier QPR pour femmes, présenté comme une première en Europe, s'apprête par ailleurs à ouvrir au centre pénitentiaire pour femmes de Rennes. Il accueillera 6 femmes dès septembre, une quinzaine d'ici la fin de l'année.

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