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Périscolaire à Paris : des parents de victimes portent plainte contre "Cash Investigation", l'émission évoque des accusations "inexactes et mensongères"

La plainte des parents d'élèves de l'école Saint-Dominique vise la société de production, les journalistes mais aussi Elise Lucet, la présentatrice de l'émission de France 2.

Elise Lucet, le 4 septembre 2024

Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

AFP - édité par Aymeric Parthonnaud

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Ils ne comprennent pas pourquoi les journalistes n'ont rien dit pendant 9 mois. Une plainte a été déposée contre l'équipe de l'émission de France 2 Cash Investigation, notamment pour non-dénonciation de mauvais traitements après la diffusion d'une enquête sur le périscolaire parisien.


"Mandatés par les parents d'un enfant victime de viols par des animateurs périscolaires de l'école maternelle Saint-Dominique (Paris, VIIᵉ arrondissement)", des avocats du cabinet Joshua, représenté par Me Julien Roelens, ont expliqué avoir déposé mardi au parquet de Paris une plainte "à l'encontre de la société Premières Lignes Télévision, productrice de l'émission Cash Investigation".

La plainte vise aussi Élise Lucet présentatrice et rédactrice en chef de l'émission, Claire Tesson, sa réalisatrice, Luc Hermann et Paul Moreira, producteurs de l'émission, ou encore Maria Ivanchysyn, journaliste ayant tourné les images au sein de l'école au printemps 2025. "À compter d'avril 2025", cette journaliste a en effet "filmé en caméra cachée, au sein de l'école, des animateurs périscolaires faisant subir à des enfants de 3 à 5 ans des violences physiques et psychologiques, des privations et une agression sexuelle", affirment les avocats dans un communiqué.

Ces images - sélectionnées parmi 27 heures de rushes - ont été tenues secrètes pendant neuf mois, sans qu'aucun signalement aux autorités judiciaires ou administratives ne soit effectué", ont-ils dénoncé, en précisant que le 29 janvier, "leur diffusion en prime time sur France 2 a entraîné la suspension immédiate des animateurs concernés".

"Avoir dissimulé ces faits est un délit, d'autant plus grave qu'un signalement aurait permis de protéger les enfants", ont-ils estimé, en affirmant que "l'équipe de Cash Investigation a entendu faire du divertissement sur fond de violences commises sur des mineurs de 3 à 5 ans, en réservant l'exclusivité des révélations à la diffusion de son émission".

"Il est absolument faux de parler de 'dissimulation jusqu'à la diffusion'"

L'équipe de Cash Investigation et la société de production Premières Lignes, visées par la plainte, ont réfuté des accusations "inexactes et mensongères", assurant au contraire avoir joué leur "rôle de service public" avec cette émission diffusée le 29 janvier. Cash Investigation assure au contraire que "dès le 7 mai 2025, soit au moment où notre journaliste tourne, la CASPE (Circonscription des affaires scolaires et de la petite enfance) et les services de la mairie de Paris ont déjà pris la décision de suspendre un animateur pour suspicion de faits à caractère sexuel".

"Notre journaliste n'a évidemment jamais assisté aux faits qui sont reprochés à l'animateur (...). Il est donc absolument faux de parler de 'dissimulation jusqu'à la diffusion', les autorités en charge étaient déjà informées en mai de suspicions d'agression sexuelle", ajoutent Cash Investigation et Premières Lignes dans leur réaction à l'AFP. Par ailleurs, "nous n'avons jamais filmé de scène de privation au sens pénal du terme. Notre journaliste a filmé des cris et un baiser sur la bouche donné par une animatrice à un enfant, dans la cour et en présence d'autres animateurs", se défend l'émission. Cash Investigation ajoute avoir "sollicité la mairie de Paris pour (la) faire réagir", précisant que "Patrick Bloche, premier adjoint (...) en charge du périscolaire depuis 2017", n'a répondu qu'"après de longs mois de relance". 

Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère "systémique" des violences, a reconnu récemment le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire, qui a dit comprendre la "colère légitime" des familles.

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