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Photos d'exactions du groupe EI sur Twitter : Le Pen et Collard relaxés

Le tribunal de Nanterre a relaxé ce mardi 4 mai Marine Le Pen et Gilbert Collard, poursuivis pour avoir diffusé en 2015 des photos d'exactions du groupe État islamique.

Marine Le Pen et Gilbert Collard, à l'Assemblée nationale, le 13 février 2019
Marine Le Pen et Gilbert Collard, à l'Assemblée nationale, le 13 février 2019
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Cassandre Jeannin & AFP

Marine Le Pen et Gilbert Collard, poursuivis pour avoir diffusé en 2015 des photos d'exactions du groupe État islamique, ont été relaxés par le tribunal de Nanterre ce mardi 4 mai, expliquant notamment son jugement par le respect de la liberté d'expression des deux élus du Rassemblement national. 

La présidente du RN et l'eurodéputé étaient poursuivis pour diffusion de messages violents ou portant gravement atteinte à la dignité humaine, susceptibles d'être vus par un mineur. Le parquet avait requis 5.000 euros d'amende contre eux. Dans une France traumatisée par les attentats, Marine Le Pen avait relayé trois photos d'exactions du groupe jihadiste. Elle y avait ajouté les mots : "Daesh, c'est ça !", en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu'elle accusait d'avoir "comparé" le groupe EI et le Front national lors d'une émission. 

Gilbert Collard, alors député du Gard, avait relayé le même jour sur ses comptes Facebook et Twitter la photo d'un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire : "Bourdin compare le FN à Daesh : le poids des mots et le choc des bobos !". 

Le tribunal a considéré que la diffusion de ces images constituait une réponse "cohérente" de Marine Le Pen à "une attaque polémique". La 14e chambre correctionnelle a par ailleurs reconnu "une vocation informative" dans la diffusion de ces images, laquelle "s'inscrit dans une démarche de protestation politique". La diffusion "contribue au débat public" dès lors qu'elle ne "banalise pas" la violence. Par ailleurs, le tribunal a jugé que la diffusion ne revêtait "aucun caractère prosélyte dès lors que les images étaient accompagnées des commentaires" rédigés par les élus qui n'ont ainsi pas "banalisé" ou "présenté sous un jour favorable la violence". 

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