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Ouïghours : ouverture d'une enquête en France contre quatre géants du textile

Quatre géants de l'habillement, accusés de profiter du travail forcé des Ouïghours en Chine, sont visés par une enquête en France depuis fin juin.

Un brassard de police. (Illustration)
Un brassard de police. (Illustration)
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Camille Guesdon & AFP

C'est une qualification lourde de sens et rarissime. Quatre géants de l'habillement, dont Uniqlo et Skechers, sont accusés de profiter du travail forcé des Ouïghours en Chine. Depuis fin juin, ils sont visés par une enquête en France, ouverte par le pôle "Crimes contre l'humanité" du Parquet national antiterroriste (Pnat), pour "recel de crimes contre l'humanité".

L'ouverture de cette enquête fait suite à une plainte déposée en avril par l'association anticorruption Sherpa, le collectif Ethique sur l'étiquette, l'Institut ouïghour d'Europe (IODE) et une Ouïghoure ayant été internée dans la province du Xinjiang au nord-ouest de la Chine.
Selon William Bourdon, l'avocat des plaignants, "c'est une première. Cette enquête va nécessairement créer un risque judiciaire et une responsabilisation supplémentaire pour tous ceux qui, en toute impunité, pensaient pouvoir importer en France, pour s'enrichir, des ressources et des produits au prix des larmes et du sang".

Plainte déposée pour "recel de crimes contre l'humanité"

La plainte déposée pour "recel de crime de réduction en servitude aggravée", "recel de crime de traite des êtres humains en bande organisée" ou "recel de crime de génocide et de crime contre l'humanité", s'appuie sur un rapport publié par l'ONG australienne ASPI (Australian Strategic Policy Institute), en mars 2020.

Les associations reprochent aux quatre géants du textile composés d'Uniqlo France (qui appartient au groupe japonais Fast Retailing), à Inditex (qui détient les marques Zara, Bershka, Massimo Duti), à SMCP (Sandro, Maje, de Fursac...) et à l'enseigne de chaussures de sport Skechers, de commercialiser des produits fabriqués en totalité, ou en partie, dans des usines où des Ouïghours sont soumis au travail forcé. Selon les plaignants, ces sociétés ne justifient pas d'efforts suffisants pour s'assurer que leurs sous-traitants ne sont pas impliqués dans les persécutions de cette minorité.

Plusieurs pays dénoncent un "génocide"

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Pour rappel, le sort des Ouïghours, une minorité principalement musulmane, qui représente un peu moins de la moitié des 25 millions d'habitants du Xinjiang, est dénoncé dans le monde entier par les défenseurs des droits humains. Plusieurs pays, dont les États-Unis, évoquent un "génocide" et des ONG accusent Pékin d'avoir interné plus d'un million de Ouïghours dans des centres de rééducation politique depuis 2017.

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