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Mort de Cédric Chouviat : les policiers disent ne pas avoir entendu le livreur dire "j'étouffe"

Selon les avocats des policiers mis en cause dans la mort de Cédric Chouviat, les fonctionnaires n'auraient pas entendu le livreur dire "j'étouffe" sept fois avant de décéder.

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Maître Laurent-Franck Liénard, avocat de deux des quatre policiers mis en cause dans la mort de Cédric Chouviat, affirme que les fonctionnaires n'ont pas entendu les "j'étouffe" répétés par le livreur avant de décéder. Crédit Image : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP | Crédit Média : Thomas Prouteau | Durée : | Date :
Marie Gingault et AFP

Interpellé violemment par des policiers lors d'un contrôle routier le 3 janvier 2020 à Paris, Cédric Chouviat un livreur de 42 ans est décédé. Ses derniers mots ? "J'étouffe", répété à sept reprises en une vingtaine de secondes.

Maître Thibault de Montbrial et Maître Laurent-Franck Lienard, les deux avocats des policiers mis en cause dans la mort de Cédric Chouviat, ont affirmé que les fonctionnaires n'avaient "pas entendu" le livreur dire "j'étouffe", comme révélé par une expertise judiciaire datée du 21 avril dévoilée ce lundi par Le Monde et Mediapart.

"Est-ce que vous pensez sérieusement que 4 policiers parisiens ont laissé mourir Monsieur Chouviat en totale connaissance de cause, en sachant qu'il était en détresse respiratoire et n'ont rien fait pour l'aider ? Ce n'est pas possible, la police c'est pas ça", a déclaré à RTL Me Lienard, qui défend deux des quatre policiers mis en cause. "Le problème c'est qu'ils n'ont pas entendu ces mots 'j'étouffe, j'étouffe'. S'ils l'avaient entendu, immédiatement ils auraient cessé les actes de contrainte, cela n'a pas de sens que de prétendre le contraire", a-t-il conclu.

Avec des bruits environnants et les bruits de la lutte, les policiers ne les ont pas entendus

Maître Thibault de Montbrial, avocat de deux des quatre policiers mis en cause dans la mort de Cédric Chouviat
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Afin de reconstituer la scène, l'expert de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) a analysé treize vidéos de cette arrestation. Neuf d'entre elles ont été filmées par le livreur lui-même, trois enregistrées par un des quatre policiers présents au moment des faits et la dernière a été filmée par un automobiliste.

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Pour Maître Montbrial, si le "j'étouffe" de Cédric Chouviat, répété à sept reprises, est audible, c'est parce que cela a été "enregistré par le casque-micro" du livreur, "tout près de (sa) bouche". Si l'expert de l'IRCGN "appuie l'hypothèse" de cette utilisation d'un casque-micro par Cédric Chouviat, il ne l'a certifie pas.

"Monsieur Chouviat était en train de résister à son interpellation, et c'est dans la lutte qu'il a tenu ces propos, à côté d'une voie de circulation, les quais de Seine, avec des bruits environnants et les bruits de la lutte : les policiers ne les ont pas entendus", a insisté Maître Thibault de Montbrial. Ce serait le 17 juin, "lorsque les enquêteurs de l'IGPN les ont confrontés à cet enregistrement" que "les policiers ont tous été surpris et catastrophés, car s'ils avaient entendu ces propos, évidemment ils se seraient aussitôt arrêté de lutter", a poursuivi l'avocat, qualifiant la mort de Cédric Chouviat de "drame épouvantable".

Cédric Chouviat est mort des suites d'une asphyxie "avec fracture du larynx"

Un échange pourtant "compréhensible" selon l'expertise qui révèle que "la quasi-totalité" de la conversation entre Cédric Chouviat et les policiers est audible dans les trois vidéos tournées par l'une de ces fonctionnaires.

Les fonctionnaires avaient précédemment affirmé avoir entendu certains propos de Cédric Chouviat au moment de son interpellation : il "nous insulte, répétant encore à plusieurs reprises 'bandes de guignols, bandes de cons'" après le passage de la première menotte puis il "continue de nous insulter" avant le passage de la seconde, ont-ils déclaré dans leur compte rendu d'intervention initial du 3 janvier.

Une information judiciaire a été ouverte pour "homicide involontaire". Selon les premiers résultats d'autopsie communiqués en janvier par le parquet de Paris, Cédric Chouviat est mort des suites d'une asphyxie "avec fracture du larynx".

Les quatre policiers sont convoqués début juillet par le magistrat instructeur, qui pourrait alors décider d'éventuelles mises en examen.

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