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2 min de lecture
Le portrait de Justine Vayrac
Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP
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Au terme d'une délibération de six heures, la cour d'assises de Corrèze a jugé Lucas Larivée coupable du viol et du meurtre de Justine Vayrac et l'a condamné à 30 ans de réclusion criminelle, ce samedi 21 mars. Sa peine est assortie d'une période de sûreté de 20 ans. L'avocate générale avait requis une peine de réclusion à perpétuité, estimant que l'accusé, "prisonnier de (ses) mensonges" durant le procès, possédait "tous les traits de personnalité" qui font de lui "un psychopathe" dangereux pour la société.
Les jurés ont prononcé une peine légèrement inférieure à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté, réclamés par le parquet.
En larmes et dans les bras de ses proches lors de l'annonce du verdict, la mère de la victime a ensuite fait un pas pour enlacer celle de l'accusé.
Déjà condamné pour une affaire d'incendie volontaire, Lucas Larivée, présenté comme "intolérant à la frustration" par les experts psychiatres, était jugé pour le viol et le meurtre le 22 octobre 2022 de Justine Vayrac, 20 ans, au retour d'une soirée en discothèque à Brive-la-Gaillarde.
Pour le parquet, dès la nuit des faits, le jeune homme "a mis en place une mécanique machiavélique et glaçante. Il a réfléchi à chaque détail", avec "cynisme", aussitôt après la mort de Justine, en rassurant ses amis par téléphone, enterrant le corps, puis accusant un personnage inventé.
Dans le dossier des incendies, "l'expert psychiatre avait conclu que Larivée ne présentait aucun profil psychopathique. Comment peut-on dire tout l'inverse aujourd'hui ?", a mis en cause l'avocat de la défense Me Michel Labrousse, au cours de près de quatre heures de plaidoirie durant laquelle les proches de la victime ont quitté la salle.
Depuis le début du procès, la défense a plaidé l'accident lors d'un jeu sexuel - un étranglement au cours de l'acte - consenti ayant mal tourné, pour expliquer la mort, "sans intention de la donner", de la jeune femme. Mais cette thèse a été bousculée, au fil des débats, par les expertises attestant de projection de sang dans la chambre, de coups portés à la victime, par le témoignage d'une seconde jeune femme, disant avoir aussi été étranglée lors d'une deuxième relation dans le même lit, deux heures après la mort de Justine, et par les mensonges de l'accusé.
"Je ne me pardonnerai jamais"
Lucas Larivée, durant son procès
Au début de l'affaire, Lucas Larivée avait évoqué, "pour se dédouaner", l'intervention d'un tiers, qui s'avérera imaginaire, auteur d'un rapport forcé et de quatre coups de poings sur Justine Vayrac. "Ce mensonge ne vous dédouane pas, au contraire, il vous accable", a lancé l'avocate générale, expliquant que dans "ce récit" attribué à un tiers fictif, "tout correspond(ait) à ce qui est constaté scientifiquement."
Décrite comme "douce" et "très sensible" par ses parents à la barre, "Justine, alcoolisée et d'une fragilité particulière" le soir des faits, "n'était qu'une proie de plus sur le tableau de chasse de Lucas Larivée", qui, séducteur, collectionnait les petites amies d'après l'enquête, selon l'avocat de la famille Vayrac, Me Olivier Guillot.
Vendredi, Lucas Larivée avait qualifié son geste d'"irréparable" et d'"impardonnable", tout en restant campé sur la thèse de "l'accident". "Je ne me pardonnerai jamais", avait-il déclaré, en larmes, le regard tourné vers les parents de Justine.
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