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"Martyre de l'A10" : au procès, les jurés découvrent le calvaire et les sévices endurés par Inass Touloub

Près de 40 ans après la mort d'Inass Touloub, fillette de 4 ans retrouvée mutilée en 1987 au bord de l'autoroute A10, le procès de ses parents s'est ouvert devant la cour d'assises du Loir-et-Cher. Les jurés ont découvert l'ampleur des violences subies par l'enfant.

Ce croquis d'audience, réalisé le 2 novembre 2026, montre les parents d'Inass Touloub, Halima El Bakhti (à gauche) et Ahmed Touloub (à droite), lors de leur procès pour le meurtre présumé de leur fille Inass Touloub en 1987

Crédit : Benoit PEYRUCQ / AFP

Le journal RTL de 18h du 02 novembre 2026

00:16:55

Cindy Hubert

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Près de 40 ans après les faits, le procès des parents d'Inass Touloub, fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l'autoroute A10, s'est ouvert ce lundi 2 novembre devant la cour d'assises du Loir-et-Cher. La mère, âgée de 72 ans et le père, âgé de 74 ans, comparaissent libres. Ils sont jugés respectivement pour "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort" sans intention de la donner et pour "complicité". 

Halima El Bakhti, la mère, devra répondre d'actes "volontaires, nombreux et échelonnés dans le temps" ayant conduit à la mort de sa fille. Son mari,  Ahmed Touloub, est jugé pour "complicité". Ils encourent tous deux la réclusion criminelle à perpétuité. 

Pendant leur garde à vue, les accusés, séparés de longue date, et qui ont eu au total sept enfants, dont Inass, n'avaient pas reconnu être les auteurs des violences ayant entraîné la mort de leur fille, s'accusant mutuellement de violences conjugales. 

Une dépouille mutilée

Les jurés ont découvert, ce lundi, le calvaire enduré par la petite fille. La présidente a détaillé les plaies, les fractures, les brûlures au fer à repasser, les morsures parfois très profondes retrouvées sur le corps de la petite. 

Son visage est tellement amoché qu'il a fallu gommer la morsure qui dévorait sa joue droite sur la photo diffusée à l'époque dans le plus grand appel à témoin jamais initié en France pour tenter d'identifier la fillette dans une trentaine de pays. Sa photographie avait été placardée dans 65.000 écoles et 30.000 mairies. 

Au cours de l'audience, la magistrate insiste : Inass n'est pas morte brutalement mais progressivement en raison de l'ensemble de ses coups. Pendant sa prise de parole, des larmes coulent sur les joues de certains habitants de Suèvres - où est enterrée la petite Inass depuis 1987 - présents dans la salle. 

Les parents de la fillette, eux, ne montrent aucune émotion : lui a le dos courbé sur sa canne, elle ne quitte pas son manteau comme pour mieux s'y cacher. Appelés à la barre, ils nient les faits. 

"Je n'ai jamais touché à aucun de mes enfants", répond le père. Jugé pour "complicité", Ahmed Touloub, est soupçonné d'avoir eu "connaissance des violences" exercées par sa femme. C'est lui qui a raconté aux enquêteurs comment ils sont partis en vacances, abandonnant Inass. Il conduisait tandis que la mère tenait dans ses bras le corps de l'enfant, habillée d'une petite robe de chambre. À l'arrière de la voiture, leurs autres enfants dormaient.

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